PREPA BAC PHILO # 1

Hi, les kids, ça vaaaaaa ?

Dès aujourd’hui – et de manière irrégulière – je vous propose quelques questions fondamentales qui me passent par la tête, sans nécessairement produire à ce stade de réflexion véritablement aboutie (encore que, tout étant en mouvement perpétuel – à certains égards, c’est très bien ainsi – il incomberait de savoir ce qui peut être considéré abouti) et qui pourraient, me semble-t-il, constituer la substance du prochain bac philo.

Ceci m’amène, par parenthèses, à m’interroger sur l’enseignement de cette discipline, littéralement inexistant en Belgique dans l’enseignement obligatoire pour d’absurdes raisons de prétendu équilibre confessionnel. L’enseignement de la philo, c’est quoi, en fait ? C’est l’Histoire des idées, pardi ! Est-il plus utile pour un jeune étudiant (1), aujourd’hui, de connaître l’enseignement de Socrate, par exemple, ou la guerre du Péloponnèse ? Par extension, l’architecture d’un château-fort médiéval ou les origines du fascisme ? L’histoire des femmes et de la féminité ou les périgrinations d’Hannibal ? Le grand schisme d’Orient ou l’histoire de l’art ?…

Bien plus qu’on ne le pense – et “malgré”  ’68 – le contenu de nos enseignements occidentaux contemporains demeure tributaire de clichés passéistes – “ce sont les luttes, les combats, les batailles, qui fondent l’identité, l’histoire, d’un peuple“, par exemple – et de patriarcat (machiste) refoulé. En outre, si connaître un tant soit peu ses racines “historiques” (au sens ci-dessus dénoncé) les plus éloignées (antiquité, moyen-âge) contribue certes à ouvrir davantage l’esprit, encore faut-il qu’à l’ère de l’immédiateté, qui voit un ouvrage, une chanson, un film, être rangé dans le rayon oldies un an après sa sortie, l’esprit de l’ado soit ouvert tout court.

Les concepteurs de programmes et les inspecteurs scolaires, portant bouc et fumant pipe dans les caricatures, n’ont pas encore pris, pour la plupart d’entre eux, la juste mesure de la révolution numérique. Si l’histoire a vocation à faire prendre conscience aux peuples, aux individus, qu’ils ont des racines, c’est-à-dire qu’ils viennent de quelque part, l’étude de l’histoire (2) devrait tenir compte de la même logique, à rebours. Les ados d’aujourd’hui partent de leur propre histoire, souvent individualisée mais qui répond malgré tout à une trame générationnelle, de leur vécu, en fait. Ne pas en tenir compte revient à jouer à l’autruche, car l’instit’ de naguère ne reviendra pas !

Certes, il y aura toujours des écoles riches, composées d’enfant issus, tous, de milieux favorisés, qui pourront se permettre d’aller plus loin dans la spéculation, tout comme, d’ailleurs, certains étudiants d’écoles moins fortunées, mais n’est-ce pas tous et chacun que l’enseignement est supposé viser ?…

Dès lors, de deux choses l’une : soit on accroît le spectre thématique, ce que fait la philo, soit on restreint le spectre temporel, en se focalisant d’abord et avant tout sur les périodes de l’histoire les plus proches de nous, c’est-à-dire celles qui sont précisément les plus riches d’enseignements pour l’actualité…

Mais, trève de bavardages écrits : à vos plumes, car voici la question qui tue :

“LA REALITE, LE REEL, C’EST QUOI ?”

N.B. : il n’est pas interdit de considérer l’ensemble des éléments de ce post comme des adjuvants à la réflexion. Pas davantage n’est-il impératif d’appréhender ceux-ci comme tels…

_____________________

(1) J’écrirais bien “élève”, si ce terme ne me rebutait profondément par le rapport d’autorité qu’il instaure. Il m’est d’avis, en effet, que les étudiants peuvent apporter aussi des éléments au débat, voire instruire leurs profs, dans certains cas… Ainsi, une des mes anciennes profs de français était rouge de honte lorsque je lui ai appris, devant la classe entière, que, contrairement à sa conviction profonde, la population autochtone d’Australie ne se composait pas d’arborigènes (un terme utilisé sans doute pas ceux qui ont intériorisé le concept du “bon sauvage”, qui vivrait dans les arbres, en l’occurrence), mais d’aborigènes… Heureusement, elle ne l’a pas trop mal pris (en apparence). Sa collègue d’anglais, en revanche, elle aussi piquée au vif par l’une de mes remarques (pourtant judicieuse) et qui valorisait l’autorité avant tout (même, donc, si elle est frauduleuse) m’a carrément banni du cours, ce jour-là… Celle-ci soutenait mordicus que la forme “will have had” (qui correspond, en conjugaison, au “future perfect”) n’existait pas !!!

(2) Ecrire, dans la lignée de ce qui précède, “des histoires” me paraît plus juste…

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