Je n’ai plus la moindre confiance en Di Rupo ! Ce pseudo-gouvernement de ballerine doit tomber !

Comme annoncé il y a deux semaines déjà, le gouvernement belge a décidé de raboter considérablement l’allocation de subsistance des chômeurs. Alors que, partout dans ce pays en voie d’effondrement, sont mises en lumière la gabegie publique et l’incompétence managériale des irresponsables politiques – Dexia n’en est que la face émergée – ce sont de nouveau les plus faibles qui doivent trinquer. C’est inacceptable et, à tout prendre, il serait préférable qu’une telle mesure émane de la N.V.A., dont le programme socio-économique a, lui au moins, le mérite de la limpidité (1) !

Un isolé (2) perçoit aujourd’hui par mois un peu plus de 1000 € lorsqu’il a dépassé la période de six mois qui lui garantissait jusqu’à présent de percevoir 60 % de son dernier salaire brut s’il avait travaillé pendant une durée déterminée. La nouvelle réforme (3) prévoit de diminuer cette somme de 17 %, soit, dans notre exemple, 170 €. Lorsque l’on connaît les difficultés pour une personne de boucler ses fins de mois à l’heure actuelle – et il n’est point besoin d’être grand-clerc pour se les imaginer ! – il va sans dire que cette mesure va plonger les chômeurs un peu plus encore dans le désarroi. Pas tous les chômeurs bien sûr, seulement les plus affaiblis d’entre eux, ceux qui ne peuvent compter sur le soutien d’aucun proche, les jeunes homosexuels en rupture de ban familial par exemple ! A plusieurs titres, Di Rupo est donc un traître !

Qu’il se souvienne de son arrivée en Belgique avec la mamma, telle qu’il la narrait il y a peu dans une émission que lui avait consacré la chaîne de télévision commerciale flamande VTM : c’est à peine si lui et les siens avaient des clous pour se gratter le cul ! Mieux que quiconque, l’Empereur de boulevard devrait donc être sensible au statut des plus démunis. Certes, mais, voyez-vous, le Prems a derrière lui une épouvantable expérience qu’il ne souhaiterait pour rien au monde rééditer. Pour l’avoir croisé à plusieurs reprises en rue, en divers endroits de Bruxelles, le plus souvent du côté de la place Saint-Jean, à deux pas du Parlement bruxellois, je sais que les 541 jours nécessaires à la formation de son gouvernement l’ont transformé littéralement en spectre hagard et errant ! « Nie wieder ! Plus jamais ça ! » a-t-il dû se promettre, fût-ce au détriment de ceux qu’il est supposé défendre en priorité !

Certes, le premier ministre belge est réputé être, en toute une série de domaines, un asexué, histoire de garder l’église au milieu du village et de faire preuve d’impartialité face aux nombreux courants idéologiques, aux appartenances culturelles et linguistiques diverses, etc. Il n’en demeure pas moins qu’il a cédé sur un dossier de trop. A qui ? A de petites bourgeoises endimanchées à la Christine Defraigne, libérale, présente sur le plateau de l’émission de la RTBF « Mise au Point » consacrée, ce dimanche, à la problématique… des petites bourgeoises endimanchées toujours promptes à donner des leçons du haut de leur supériorité financière mais qui n’ont jamais eu à travailler réellement de leur vie. Dans son cas, c’était parce que papa s’était déjà fait un nom en politique et que la bourgeoise n’a eu qu’à reprendre le flambeau ! Mais les petites bourgeoises ne se trouvent pas que du côté libéral : le Parti Social-Compassionnel, et même les socialistes, en ont également leur part !

Certes, il serait indécent et indéfendable pour quiconque de passer sa vie aux crochets de la société. Mais pour que s’instaure une relation d’égal à égal – ne mentionnons même pas la confiance – entre employeur et travaillant, il importe que ce dernier ne soit pas contraint de signer un contrat le couteau sous la gorge ! Or, voilà précisément le type de relation qu’une telle réforme prévoit et instaure. « T’es pas content de travailler pour des peanuts à t’abrutir devant ton écran ou ta machine-outil pendant les sept heures quarante que tu pointes par jour ? Eh bien, dégage, à la rue, d’autres attendent !… »

Eh oui, Mesdames, Messieurs, le cynisme en politique n’a plus la moindre limite. Les maîtres se sont tellement confortés, depuis Berlin 1989, dans leur rôle, ou du moins l’impression qu’ils s’en font, qu’ils s’imaginent être au-dessus de tout et de tout le monde.

Etudiant, je me souviens avoir été invité, un soir, par quelques potes, à participer à une manche de « Res Publica », un jeu de société extrêmement sophistiqué, ancré dans la Rome antique, où il s’agissait notamment, pour les sénateurs et autres dirigeants romains, de jauger précisément le niveau de tolérance de la plèbe à l’égard de réformes impopulaires. Qu’ils essaient de faire avaler à cette dernière la préréforme de trop, qu’ils lui enlèvent trop abruptement ses pains et ses jeux, et voilà le Sénat renversé et les rues de Rome le théâtre d’un bain de sang ! Di Rupo apprécierait ce jeu, j’en suis convaincu. Peut-être les irresponsables politiques verraient-ils toutefois d’un œil moins favorable la structuration et la coalition des masses de chômeurs (près d’un million de voix en Belgique uniquement, si l’on compte leurs proches), aujourd’hui freinées par des syndicats dépassés par la radicalité des mesures antisociales, et tous les partis politiques, au nom du « Cachez ces flux de misère, ces irréductibles Intouchables, que l’on ne saurait voir » !

Ne le cachons pas, j’avais pour le personnage de Di Rupo une certaine admiration, en tout cas un a priori favorable : cohérent, faussement charmeur, très sec à ses heures, il en impose non par la force, mais par une sorte de désinvolture dandy couplée à une fermeté dans la durée rarement démentie. En souscrivant au coup tordu fait aux chômeurs, tel que concocté par la droite, il m’a irrémédiablement déçu car, ce faisant, c’est non seulement ceux dont il se déclare socio-politiquement proche qu’il a trahis, c’est aussi lui-même et son passé, redevenant de facto et qu’il le veuille ou non le spectre au pull blanc et au jean bleu qui arpentait craintivement les rues de la capitale en frôlant les murs…

Avec la NVA au moins, que j’exècre et dont il faut que ce pays se débarrasse (pour que les choses soient claires), les rapports de force seraient moins alambiqués : elle cogne ? On la ratiboise, un peu comme au Québec avec cet infâme libéral-fasciste qu’est Charest ! Ancien condamné ou pas, c’est le moment d’écouter Monsieur Hermanus, Mijnheer de Premier

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(1) Gageons que celle-ci, arguant qu’il ne va pas assez loin, votera contre ce plan de paupérisation programmée, ou au moins qu’elle s’abstiendra, contribuant ainsi à conférer du gouvernement en place une image modérée et à reporter très temporairement sa chute. On a les soutiens qu’on peut !

(2) Telle est la désagréable terminologie officielle qui désigne celui qui n’est ni marié, ni cohabitant.

(3) Telle est, depuis au moins vingt ans, l’appellation donnée le plus souvent par ces Eminences à des reculs sociaux caractérisés.

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