Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 4/ MIT ODER OHNE PNAC ?

« Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Il n’y a pas de juste milieu ! » Voilà, certes résumé en un postillon plus ou moins articulé, le principe de base de la doctrine américaine vis-à-vis de l’Etranger. Exprimée de manière tantôt agressive, tantôt plus subtile, se traduisant ici et là par des coups d’Etat avortés (la baie des Cochons, à Cuba, par exemple), d’autres extraordinairement réussis (la mise à mort d’Allende et son remplacement par le ch(il)ien aux lunettes noires et au masque de fer, par exemple), des attentats et / ou assassinats divers et variés (au Pakistan, en Iran, en Belgique, en des temps pas si lointains ?), une telle conception du monde ne trahit-elle pas le peu d’assurance, l’infantilité morale et intellectuelle de ceux qui s’en réclament ? Ne constitue-t-elle pas un patent aveu d’incapacité, pour la jeune nation que sont les Etats-Unis, en termes relatifs, et une certaine catégorie de ses dirigeants en particulier, que ceux-ci officient devant les caméras ou dans l’ombre, à dépasser l’Œdipe ? Mettez à la disposition d’un enfant malaimé un arsenal militaire et paramilitaire (de renseignement), entourez-le de vizirs fourbes et obscènes, et vous obtenez… Qu’obtenez-vous, au fait ?…

Qui de Gore ou de Bushito aurait mené la présidence américaine la plus gore ? On ne le saura jamais… Y avait-il un agenda invariable ou la tragédie de 2001 était-elle destinée à une présidence, à une administration, en particulier ? Bien avant l’interminable contestation du résultat du vote en Floride, un panel d’experts conservateurs attitrés ou revendiqués, une espèce de think tank d’un genre particulier, avait coutume de se réunir aux fins d’examiner l’état du monde et les moyens dont disposaient les Etats-Unis pour le faire leur plus encore.

Regroupant notamment D. Rumsfeld, qui deviendrait ministre de la Défense sous le premier mandat du fils à, avant d’être contraint à un piteux retrait, D. Cheney, l’homme aux mille visages, tel que le définissait, dans les années 1980 déjà, Gil Scott Heron dans sa chanson “The Revolution Will Not Be Televised“, l’homme d’Halliburton, le contractant paramilitaire qui, avec Blackwater (devenu Academi l’an dernier)  et quelques autres, s’est fait des couilles en or en Irak et en Afghanistan, accessoirement vice-président (ou devrait-on écrire président faisant fonction ?), P. Wolfowitz, qui ferait, après le Pentagone, un bref passage à la Banque mondiale, dont il dut démissionner pour cause de chaussettes trouées, et une flopée de joyeux drilles tous plus compétents et souriants les uns que les autres. « Aucune morale, rien que des intérêts, des partenaires stratégiques plutôt que des alliés pour atteindre des objectifs nationalistes, si nécessaire par la force », voilà comment pourrait se résumer la philosophie conservatrice américaine du siècle dernier, qui a malheureusement éclos au début du siècle présent…

En 2000, deux penseurs de la troupe publiaient en effet un livre-événement :

… un livre dont la quatrième de couverture est sans ambages quant à ses objectifs et à ceux qu’il assigne aux Etats-Unis. La presse européenne a, dans sa majorité, accueilli ces réflexions conservatrices d’outre-Atlantique avec, pour le moins, une certaine circonspection. En voici quelques extraits particulièrement révélateurs :

« […] Durant les années 1990 […], au lieu de saisir un moment unique, les Etats-Unis se sont laissés aller à un désarmement moral et stratégique […] menant à une situation d’incertitude et de danger. […] Plus inquiétant encore est le déclin continu de la capacité militaire américaine et le refus de développer des systèmes de défense avancés. […] Les auteurs […] conviennent qu’ il est temps de se réarmer moralement, intellectuellement, ainsi que militairement. [Ce livre] invite les Etats-Unis à redéfinir qui sont ses adversaires et ses partenaires stratégiques, et à utiliser la force pour faire avancer ses intérêts et ses principes à l’étranger. [En tant que tel, il s’agit] d’une alarme réveil pour une nation complaisante. »

S’agissait-il donc, pour les USA, de s’inventer de nouveaux ennemis ?

Poursuivons notre lecture :

« Les conservateurs américains purent toujours compter sur les Européens, en particulier les conservateurs européens, pour leur apporter un soutien intellectuel afin de résister aux schémas de l’internationalisme abstrait. Toutefois, la situation actuelle se caractérise par le fait que les Européens – en ce compris maints conservateurs – courtisent souvent, pour des raisons assez  compréhensibles, les idées internationalistes. Tandis que nos alliés reconnaissent qu’ils ont besoin du pouvoir militaire américain, ils se rendent compte également que ce dernier est tellement disproportionnel au leur (ou à celui de quelque nation que ce soit) qu’il ne peut être égalé. »

(pp. 36-37)

Ouvertement cynique et d’une infinie arrogance pour ces infimes parties restantes du monde qui ne sont pas états-uniennes, le bouquin – dont, cette fois, je dois l’avouer, je n’ai lu que les bonnes feuilles (ce qui est suffisant, en l’occurrence, pour s’imprimer de son atmosphère et de ses lignes directrices, ainsi que de l’influence qu’il a pu avoir sur l’élaboration de la politique qui serait menée sous Bushito Premier) – énonce en près de cinq cent pages l’état des Etats-Unis dans le monde des années 1990, sous une présidence Clinton que ses auteurs jugent calamiteuse, et les moyens dont dispose et que ne devrait hésiter à utiliser, selon eux, leur pays pour rester – ou redevenir – number one. Vous noterez au passage que, sous les effets conjugués des coups de boutoir de la crise financière et du délai de transfert et d’application des idées entre officines spécialisées des deux côtés de l’Atlantique, l’internationalisme des Européens, en particulier celui des conservateurs, s’est depuis lors mâtiné de l’une ou l’autre réserve…

Après un chapitre intitulé « Russie, le défi d’une puissance en déclin » (Eltsine venait de passer le relais), voici ce que l’on peut lire dans la boule de Kristol (l’un des auteurs) à propos de la Chine :

« Pendant la décennie écoulée, le débat relatif à la politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine s’est concentré en priorité non sur la menace stratégique que fait peser la Chine sur les Etats-Unis, mais sur la répression des droits humains fondamentaux, qui un l’un des principaux outils du régime de Pékin pour demeurer au pouvoir. […] L’argument de « l’inévitable évolution » – selon lequel le commerce et les investissements des Etats-Unis favoriseront la croissance économique, laquelle, en retour, forcera a minima le régime à assouplir sa répression et, en fin de compte, à ouvrir la voie à la démocratie – est de moins en mois crédible. Ceci pour de bonnes raisons : après plus de deux décennies de croissance économique rapide, la Chine régresse aujourd’hui, elle ne progresse pas, dans le domaine des droits humains et des libertés politiques.

Pourtant, si les Etats-Unis ne peuvent pas directement faire grand-chose pour remplacer la dictature par la démocratie en Chine, nous pouvons faire énormément de choses indirectement pour saper le régime dictatorial de Pékin, et pour faire avancer des intérêts économiques et militaires américains concrets. »

(p. 69-70)

Need we write more ? « Tizza me da masta of da wol ! »

Peut-être les adversaires résolus des Etats-Unis  – quelquefois essentiellement manichéens eux-aussi – devraient-ils, en vérité, remercier ce think tank ultraconservateur pour avoir, par le minimalisme et l’étroitesse d’esprit qui caractérise ses prises de position illustrées in vivo, fait en sorte que le XXIe siècle devienne en réalité un Non-(Exclusively) American Century

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– Site du PNAC (sur lequel sont disponibles les références de publications plus récentes) : http://www.newamericancentury.org/

– La traduction des extraits du livre repris sur ce blog est libre.

Je n’ai plus la moindre confiance en Di Rupo ! Ce pseudo-gouvernement de ballerine doit tomber !

Comme annoncé il y a deux semaines déjà, le gouvernement belge a décidé de raboter considérablement l’allocation de subsistance des chômeurs. Alors que, partout dans ce pays en voie d’effondrement, sont mises en lumière la gabegie publique et l’incompétence managériale des irresponsables politiques – Dexia n’en est que la face émergée – ce sont de nouveau les plus faibles qui doivent trinquer. C’est inacceptable et, à tout prendre, il serait préférable qu’une telle mesure émane de la N.V.A., dont le programme socio-économique a, lui au moins, le mérite de la limpidité (1) !

Un isolé (2) perçoit aujourd’hui par mois un peu plus de 1000 € lorsqu’il a dépassé la période de six mois qui lui garantissait jusqu’à présent de percevoir 60 % de son dernier salaire brut s’il avait travaillé pendant une durée déterminée. La nouvelle réforme (3) prévoit de diminuer cette somme de 17 %, soit, dans notre exemple, 170 €. Lorsque l’on connaît les difficultés pour une personne de boucler ses fins de mois à l’heure actuelle – et il n’est point besoin d’être grand-clerc pour se les imaginer ! – il va sans dire que cette mesure va plonger les chômeurs un peu plus encore dans le désarroi. Pas tous les chômeurs bien sûr, seulement les plus affaiblis d’entre eux, ceux qui ne peuvent compter sur le soutien d’aucun proche, les jeunes homosexuels en rupture de ban familial par exemple ! A plusieurs titres, Di Rupo est donc un traître !

Qu’il se souvienne de son arrivée en Belgique avec la mamma, telle qu’il la narrait il y a peu dans une émission que lui avait consacré la chaîne de télévision commerciale flamande VTM : c’est à peine si lui et les siens avaient des clous pour se gratter le cul ! Mieux que quiconque, l’Empereur de boulevard devrait donc être sensible au statut des plus démunis. Certes, mais, voyez-vous, le Prems a derrière lui une épouvantable expérience qu’il ne souhaiterait pour rien au monde rééditer. Pour l’avoir croisé à plusieurs reprises en rue, en divers endroits de Bruxelles, le plus souvent du côté de la place Saint-Jean, à deux pas du Parlement bruxellois, je sais que les 541 jours nécessaires à la formation de son gouvernement l’ont transformé littéralement en spectre hagard et errant ! « Nie wieder ! Plus jamais ça ! » a-t-il dû se promettre, fût-ce au détriment de ceux qu’il est supposé défendre en priorité !

Certes, le premier ministre belge est réputé être, en toute une série de domaines, un asexué, histoire de garder l’église au milieu du village et de faire preuve d’impartialité face aux nombreux courants idéologiques, aux appartenances culturelles et linguistiques diverses, etc. Il n’en demeure pas moins qu’il a cédé sur un dossier de trop. A qui ? A de petites bourgeoises endimanchées à la Christine Defraigne, libérale, présente sur le plateau de l’émission de la RTBF « Mise au Point » consacrée, ce dimanche, à la problématique… des petites bourgeoises endimanchées toujours promptes à donner des leçons du haut de leur supériorité financière mais qui n’ont jamais eu à travailler réellement de leur vie. Dans son cas, c’était parce que papa s’était déjà fait un nom en politique et que la bourgeoise n’a eu qu’à reprendre le flambeau ! Mais les petites bourgeoises ne se trouvent pas que du côté libéral : le Parti Social-Compassionnel, et même les socialistes, en ont également leur part !

Certes, il serait indécent et indéfendable pour quiconque de passer sa vie aux crochets de la société. Mais pour que s’instaure une relation d’égal à égal – ne mentionnons même pas la confiance – entre employeur et travaillant, il importe que ce dernier ne soit pas contraint de signer un contrat le couteau sous la gorge ! Or, voilà précisément le type de relation qu’une telle réforme prévoit et instaure. « T’es pas content de travailler pour des peanuts à t’abrutir devant ton écran ou ta machine-outil pendant les sept heures quarante que tu pointes par jour ? Eh bien, dégage, à la rue, d’autres attendent !… »

Eh oui, Mesdames, Messieurs, le cynisme en politique n’a plus la moindre limite. Les maîtres se sont tellement confortés, depuis Berlin 1989, dans leur rôle, ou du moins l’impression qu’ils s’en font, qu’ils s’imaginent être au-dessus de tout et de tout le monde.

Etudiant, je me souviens avoir été invité, un soir, par quelques potes, à participer à une manche de « Res Publica », un jeu de société extrêmement sophistiqué, ancré dans la Rome antique, où il s’agissait notamment, pour les sénateurs et autres dirigeants romains, de jauger précisément le niveau de tolérance de la plèbe à l’égard de réformes impopulaires. Qu’ils essaient de faire avaler à cette dernière la préréforme de trop, qu’ils lui enlèvent trop abruptement ses pains et ses jeux, et voilà le Sénat renversé et les rues de Rome le théâtre d’un bain de sang ! Di Rupo apprécierait ce jeu, j’en suis convaincu. Peut-être les irresponsables politiques verraient-ils toutefois d’un œil moins favorable la structuration et la coalition des masses de chômeurs (près d’un million de voix en Belgique uniquement, si l’on compte leurs proches), aujourd’hui freinées par des syndicats dépassés par la radicalité des mesures antisociales, et tous les partis politiques, au nom du « Cachez ces flux de misère, ces irréductibles Intouchables, que l’on ne saurait voir » !

Ne le cachons pas, j’avais pour le personnage de Di Rupo une certaine admiration, en tout cas un a priori favorable : cohérent, faussement charmeur, très sec à ses heures, il en impose non par la force, mais par une sorte de désinvolture dandy couplée à une fermeté dans la durée rarement démentie. En souscrivant au coup tordu fait aux chômeurs, tel que concocté par la droite, il m’a irrémédiablement déçu car, ce faisant, c’est non seulement ceux dont il se déclare socio-politiquement proche qu’il a trahis, c’est aussi lui-même et son passé, redevenant de facto et qu’il le veuille ou non le spectre au pull blanc et au jean bleu qui arpentait craintivement les rues de la capitale en frôlant les murs…

Avec la NVA au moins, que j’exècre et dont il faut que ce pays se débarrasse (pour que les choses soient claires), les rapports de force seraient moins alambiqués : elle cogne ? On la ratiboise, un peu comme au Québec avec cet infâme libéral-fasciste qu’est Charest ! Ancien condamné ou pas, c’est le moment d’écouter Monsieur Hermanus, Mijnheer de Premier

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(1) Gageons que celle-ci, arguant qu’il ne va pas assez loin, votera contre ce plan de paupérisation programmée, ou au moins qu’elle s’abstiendra, contribuant ainsi à conférer du gouvernement en place une image modérée et à reporter très temporairement sa chute. On a les soutiens qu’on peut !

(2) Telle est la désagréable terminologie officielle qui désigne celui qui n’est ni marié, ni cohabitant.

(3) Telle est, depuis au moins vingt ans, l’appellation donnée le plus souvent par ces Eminences à des reculs sociaux caractérisés.

FLYER “GLOBAL MARIJUANA MARCH / DAY” (05/05/12, also in A’pen, Belgium !!!)

GLOBAL MARIJUANA MARCH / DAY : May 5, 2012 (Facebook account here : http://www.facebook.com/GlobalMarihuanaMarch)

In Antwerp / Antwerpen / Anvers :

 

Boniments d’archevêque…

A drame humain national, unanimité requise. Chaque Belge se souvient de la soudaine mais passionnelle ferveur qui avait animé la nation à l’occasion de la disparition du roi Baudouin, en 1993. Reflet de ce que ressentait la population, projection de ce qu’elle était supposée ressentir ou plus ou moins habile mélange des deux, les comptes rendus médiatiques de l’événement étaient empreints d’une unanimité totalisante qu’une mise en abime par principe malsaine en ce type d’occurrence rendait exponentielle.

Dans un tout autre registre, c’est également l’unanimité (transnationale) face au désarroi qui a accueilli la nouvelle du tragique accident de car survenu le 13, à Sierre, dans le Valais suisse. Imaginez-vous, occidental, enfant prisonnier de cette carcasse de métal à moitié pulvérisée, au milieu des dizaines de dépouilles mortelles de vos amis à qui vous veniez de parler, sans la moindre figure tutélaire, le moindre adulte, pour vous porter secours ou atténuer votre désarroi. C’est un scénario littéralement apocalyptique ! Mettez-vous à présent dans la peau d’un proche de l’une des victimes (possibles) à qui la terrible nouvelle vient d’être annoncée.

Là est l’Humanité, dans l’empathie qu’est capable de ressentir tout être doté d’affect, et dans le témoignage sincère de cette empathie. Il est regrettable qu’il faille de tels événements, dans nos pays industriels aseptisés, pour que cette faculté se rappelle à nous… Ecrire qu’il l’est encore bien davantage que l’Eglise en soit le réceptacle désigné ne relève pas d’une prise de position politique, qui serait bien entendu malvenue aujourd’hui, c’est au contraire affirmer haut et fort que l’Eglise n’a pas, en tant qu’institution, à s’approprier une telle catastrophe…

De l’aveu même du doyen de Louvain, jamais, de mémoire, son église n’a-t-elle accueilli assistance si nombreuse. Lorsque survient la terreur de l’inexplicable, lorsque la tragédie dépasse l’entendement, le partage des émotions est nécessaire : pour justifier son ressenti, chercher consolation dans le groupe et tracer la perspective qui permettra de continuer de vivre.

Lorsqu’il y a quelques années, mon grand-père s’est éteint, lui aussi très soudainement, j’ai tenu à prononcer quelques mots en sa mémoire, des mots personnels, subjectifs sans doute, qui devaient permettre d’accoler une histoire singulière à son vécu, d’esquisser brièvement les contours d’un visage, d’une identité, de mettre en exergue ce qui lui était cher, bref de lui restituer son humanité à travers les vivants. Ces mots furent les seuls, ce jour-là, dans cette chapelle de circonstance, à donner quelque résonnance à l’homme qu’il avait été. Tout le reste fut blablas liturgiques, charabia de bondieuseries et récupération évangélique pour bourges bien-pensants prononcés par un employé du Vatican peut-être bien intentionné mais non moins enfermé dans la logique implacable du système ecclésiastique, du système-Eglise, qui a institutionnalisé un mécanisme aussi absurde que celui qui consiste à demander à un total inconnu, qui ne connaissait le trépassé ni d’Eve, ni d’Adam, de prononcer une oraison en son nom. Ce doit être ça, le personnalisme chrétien : faire fi de la personne !

Les enfants morts mardi dernier sur la route de Sion, le doyen de la paroisse de Louvain ne les connaissait pas davantage… Cela ne l’a pas empêché de fondre en sanglots lorsqu’il a évoqué leur souvenir dans son homélie. Preuve – il en faut – qu’il reste quelques êtres humains parmi les gens de robe. Certes, cela ne fera pas l’affaire des pourfendeurs d’émotions, des rationalistes pur jus, des anti-empathiques, mais cela avait tout de même une autre envergure humaine que le énième sermon du pote belge de Ratzinger !…

Ah, le Léonard !… Il aurait fait des ravages au temps de l’inquisition, le Léonard (1). Mais ce n’est pas l’objet de ce débat.

« Mon dieu, Mon dieu, pourquoi m’as-tu quitté(e) ? N’est-ce pas là le cri poussé par tant de personnes ce soir ? Où est Dieu ? Pourquoi reste-t-il silencieux ? […] »

(extrait du speech de Mgr. Leonard lors de la veillée de prière qui s’est tenue le 14/03/12 à Louvain, en l’honneur des enfants disparus – traduit du néerlandais)

Quel est donc ce dieu auquel frère André-Mutien adressait hier soir ses lamentations feintes ? Celui, barbu, que l’on vendait aux ignorants dans les manuels de catéchèse de son enfance ? A quoi pouvaient bien servir les références templières et autres abstractions aussi malvenues que des cheveux dans la soupe, dont il a parsemé l’essentiel de son discours ? Etaient-ils d’ailleurs tous catholiques (ou même chrétiens), les enfants décédés la veille ? Qu’importe que tout cela : est-il chrétien, le nouveau-né que l’on baptise ou est-ce le fait de le baptiser qui le rend tel (contre son gré) ? Un tel procédé, qui assassine les enfants une seconde fois en les instrumentalisant alors que leur dépouille n’est pas encore froide, est tout simplement à vomir !

Le fatalisme du ton et du discours de l’archevêque honni n’avait qu’un but : servir politiquement l’Eglise multiséculaire dans sa vocation obscurantiste, point c’est tout ! Des implorations cyniques (dans le chef d’un savant lettré qui cache son jeu) à la « Pourquoi, Seigneur ? » et la pseudo-réponse qui les accompagne souvent n’ont d’autre but que de rendre inintelligible la trame des événements. Il y a dans tout cela un tel paternalisme, une telle condescendance, vis-à-vis du peuple. « Pourquoi, oh pourquoi, Mon dieu, avez-vous donc poussé Van Gheluwe à tester les limites de l’enfance ? Pourquoi donc avoir poussé au suicide plusieurs autres victimes de la pédosexualité ecclésiale, oh Seigneur ? » pourraient en être de pervers prolongements. « Miserere, miserere… »

Car, que diable !, si l’on est convaincu que plus rien, dans le technomonde qui est aujourd’hui le nôtre, n’est l’œuvre du hasard, il faudra bien que l’on ose s’interroger un jour publiquement sur la fatalité, non ? Cet accident de car en relève-t-il ? Je postule que non, et quiconque s’oppose à l’idée d’un Dessein immuable sans être nihiliste sera dans l’impossibilité intellectuelle de me contredire sur ce point.

Dieu n’a pas voulu que ces enfants périssent. Nous cesserons de nous comporter comme de pathétiques Playmobil le jour où nous oserons, en adultes debout et responsables, sans exemple et sans rites surannés, mais avec des principes, nous poser la question suivante : qu’est-ce qui, dans la disharmonie globale des rapports humains, a provoqué cet accident en Suisse ? Le jour où nous parviendrons à y répondre, en tant qu’individus et en tant que société, et où nous agirons volontairement en conséquence, il en sera fini de l’Eglise totalitaire et récupératrice. Nous serons alors véritablement les enfants de Dieu…

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(1)    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-10-14/le-sida-justice-immanente-mgr-leonard-choque-798261.php

http://www.tetu.com/actualites/international/belgique-nouveau-requisitoire-de-mgr-leonard-contre-les-droits-des-homos–20836

http://portfolio.lesoir.be/v/belgique/leonard/avortement.html

NB a posteriori (16/03/12) : cet article a été rédigé avant que je ne prenne conaissance de la polémique autour de la rapacité de certains médias, y compris écrits, dans la diffusion souveraine des photos des enfants concernés. Voilà une autre consternante tentative de récupération qui devrait tout de même inciter la profession, me semble-t-il, à réinterroger collectivement son code de bonne conduite. Le sophisme qu’exprime la formule standard “si ce n’avait été moi, c’eût été un autre” serait inapproprié dans la circonstance.)

Grâce à vous…

Depuis l’aube, vous rayonnez de mille faisceaux

Inondez le pays de votre chaleureuse candeur

Les richesses de vos espoirs accumulés

Bercent à présent notre raison de grands maudits

Votre gazouillis perçant vole au vent

Léger et profond, mystique et humain, simplement

Désarmant toutes impostures

Triomphant de toutes geôles

Vous êtes désormais lumière pure

Partout et nulle part, distants et proches

Vous n’êtes plus, vous êtes.

Vous y êtes.

Grâce à vous…

L’arrogance et l’incompétence des putes “libérales” flamandes m’agacent au plus haut point !

Résumons : un vieux corbeau roublard et fourbe a décidé, il y a deux ans à peu près, que sa lignée politique méritait d’être prolongée encore un peu. « Si fiston reprenait le flambeau », s’est-il soudain emporté, « c’est le grand blond qui m’a évincé comme un malpropre qui prendrait un sérieux coup dans le cul ! » Nul doute que cette perspective alléchante a suffi à elle seule à trancher la question…

Fiston officiait alors comme larbin dans le privé. C’était décidé : il allait devenir laquais en politique ! Nouveau produit glamour et bleu foncé face à un candidat qui avait à assumer le virage bleu clair conjoncturel imposé par la nature de la coalition au pouvoir sous le grand blond, Fiston a remporté le suffrage interne.

Il devait à présent fignoler les contours de sa marque et se trouver un ton. En cela, il pouvait compter sur l’indéfectible et docile loyauté de son valet de chambre, l’éminence crâne d’œuf. Premier coup de théâtre de ces pieds nickelés : l’ultimatum à Leterme. Fiston, se prenant pour un gorille, s’est tapé trois ou quatre fois sur le torse et a tranché : « tu me donnes ce que je veux d’ici à la fin de la semaine, ou je t’explose ! » Et l’hypogorille a tenu parole, plongeant le pays dans le chaos quasi interminable que l’on sait. Premier fait d’armes ! Premier succès retentissant !

C’est que fiston avait imaginé faire une purge au sein de son parti, histoire de se débarrasser des trop encombrants et trop nombreux affidés du blond. Or, quoi de mieux pour ce faire qu’une petite cure d’opposition ?…

Les événements en décideraient autrement : sollicité par le mastodonte francophone afin de faire barrage au Gauleiter, dont le caractère et les positions de plus en plus imprévisibles et hautaines rendaient toute participation au pouvoir de plus en plus dubitable, Fiston a revu ses plans en toute hâte et, tel une bonne pute (1) qui, malgré son inexpérience, connaît les ficelles du métier, s’est rallié au camp gagnant, à tel point même que telle ou telle leadeuse socialo au néerlandais vacillant lui a fait, à plusieurs occasions, d’explicites mamours médiatiques.

Apparut alors le Yeti de la commission : on allait voir ce qu’on allait voir, ils allaient mordre la poussière, tous ces populos ! A l’aide de plans de com scélérats, le Cro-Magnon du Berlaymont était bien décidé à gaver les auditeurs et spectateurs de sa logorrhée concurrentielle, et à faire prendre aux électeurs modestes, et même à ceux de la classe dite moyenne, des vessies pour des lanternes.

Trois petits tours, puis le Yeti s’en alla : sans doute avait-on compris en plus haut lieu que son timbre cassant et autoritaire était davantage un obstacle qu’un atout pour faire passer les réformes tant attendues qui bénéficieraient à Goldman Sachs et à ses petits camarades. Exit l’enflure : c’était le tour du grand blond, qui, outre ses apparitions personnelles – we want more, we want more ! – a tôt fait de mouvoir ses pions sur l’échiquier.

L’un de ceux-ci, le barbu de la banque, vient de s’attirer, dans le cadre d’une scène d’opérette dont seuls nos politiciens ont le secret, les foudres d’une partie de la représentation en raison du rôle de plus en plus politique qu’il joue en tant que fonctionnaire – démocratie et débat, quand vous nous tenez, n’est-ce pas…  – et du by-pass médiatique dont il vient de se rendre coupable.   

Que se passe-t-il en réalité ? Fiston fait de nouveau sa pute, se dit qu’il ne risque rien, à quelques mois des élections communales et d’une possible implosion du gouvernement, à faire monter les enchères en matière de révision / réduction de l’impact / suppression (2) de l’index, malgré l’engagement écrit pris lors de la rédaction de l’accord de gouvernement. La parole donnée aura tenu un mois ! C’est qu’il y va de la survie de son petit parti de merde, à Fiston… La fin justifie donc les moyens !

« Naaahhh, je veux ma place au gouvernement flamand. Naaahhh, si c’est comme ça, je bute les socialos et je m’allie au Gauleiter. Naaahhh, naaahhh, naaahhh !!! »

Devant tant d’incompétence mêlée pourtant d’arrogance, devant tant de mépris à l’adresse du peuple – car c’est bien le citoyen lambda, le werkende Vlaming dont on chante pourtant partout les louanges qui, si l’index venait à être supprimé, se retrouverait du jour au lendemain délesté de quelques centaines d’euros – ne serait-il bienvenu que la piteuse girouette fils à papa passe enfin à l’âge adulte et tire les conclusions qui s’imposent ?

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(1)    Une fois encore, Mesdames, jeunes hommes, cette expression est à prendre au figuré. Respect à vous !

(2)    Biffer les mentions inutiles

Milieu homosexuel : communauté ou cloaque ?

Les homosexuels, ce sont les autres, ceux que l’on refuse, par peur intime, de comprendre, ce sont les ennemis, c’est la cinquième colonne. Infiltrés du grand capital dans la Russie soviétique, ils étaient en même temps taupes rouges subversives aux Etats-Unis, comme le relate une excellente « Histoire de l’Homosexualité », sous la direction de Robert Aldrich. Il n’est pas étonnant, dès lors, que les reclus ainsi pointés du doigt aient cherché, en nos contrées, à se fédérer afin de faire valoir leurs droits, tant il est vrai que pour tout esprit libre, une civilisation développée n’exclut pas plus qu’elle n’aliène…

Consacrant l’essentiel de leurs travaux à une histoire de l’homosexualité occidentale, les chercheurs n’en proposent pas moins, par ailleurs, un vaste kaléidoscope historique – le premier dans son genre – des pratiques homosexuelles à travers le monde. Rites de passage à forte connotation homo dans telle tribu océanique, tradition du grand-frère spirituel au Japon… Il est bon, parfois, de relativiser notre occidental narcissisme et d’étudier ce qui se fait ailleurs : cela permet aux méninges de ne pas s’encrotter dans la pensée consanguine !

Un autre attrait du livre, qui fourmille d’illustrations d’œuvres d’art et d’artefacts estampillés anormaux, est qu’il ne se limite pas à l’homosexualité masculine : même si la tolérance vis-à-vis de cette dernière peut ou a pu être plus large dans d’autres cultures, particulièrement en Asie, où l’on ne s’est jamais trop encombré de considérations bibliques ou coraniques, elle n’a toutefois jamais débouché, sauf récemment, dans certains pays européens aux mœurs (devenues) plus libérales, sur une reconnaissance explicite du couple pur bœuf, tandis que la latitude laissée aux amours saphiques, certes plus discrètes, semble, en revanche, avoir été plus grande, même en Europe.

L’homophobie serait-elle donc principalement le fait d’hommes qui se satisferaient volontiers d’un spectacle charnel exclusivement féminin, mais ne sauraient, par contre, tolérer quelque peu halal reflet que leur renverrait la mare dans laquelle ils se mirent ?

Pour faire bref, aux descentes de police dans ce que les bien-pensants considéraient comme des tripots de débauche morale, courantes jusque dans les années soixante, y compris à Bruxelles, ont succédé le flower power revendicatif, relayé avec plus ou moins de conviction à travers le monde, et les frasques sexuelles visibles au grand jour (quoique localisées) qui ont caractérisé les années septante, suivies du tout-à-la-consommation lancé par les eighties. C’est la fin de la décennie suivante qui a signé, parallèlement à un timide début de reconnaissance et aux premiers succès législatifs engrangés ici, la normalisation du mouvement homosexuel, comme s’il s’était agi de s’attirer les bonnes grâces de la société respectable : la différence, certes, mais la différence feutrée ! C’était un revirement stratégique fondamental. Plus de provocation, plus de débauche apparente : la société tanguait vers le consensualisme, en opposition aux luttes frontales de naguère, dont Act Up et d’autres avaient été les fiers chevaux de proue. Or, il convenait de se mettre au diapason de ce consensualisme dans l’espoir d’en tirer quelque bénéfice.

Le résultat d’une telle stratégie est mitigé : certes, les hétéros et les homos belges, qui se sont vu reconnaître, respectivement en 2003 et en 2006, le droit au mariage et à l’adoption, sont à présents égaux en droits. Mais, s’il n’est que légitime que certains couples homosexuels s’inspirent du modèle hétéro, il serait erroné de penser que la guerre larvée de la reconnaissance s’arrête là.

Ce ne sont plus les responsables politiques belges, tous plus ou moins acquis à ces évolutions et intéressés par la manne électorale gay, qu’il s’agit de convaincre, mais les citoyens ordinaires. En effet, les premiers ont osé, dans cette problématique, précéder et accompagner le développement des mentalités. Une fois n’est pas coutume…

Il a ainsi été possible de convaincre les esprits hétéros rationnels de la capacité, pour un couple homosexuel, de s’aimer autant qu’un couple normal et d’apporter autant d’affection et de soin à son (ses) enfant(s). Mais une telle évolution ne peut se réaliser au détriment d’un mode de vie gay plus débridé, partagé par le plus grand nombre. En d’autres termes, c’est à chaque individu, le cas échéant à chaque couple, qu’il appartient de décider de son mode de vie, même si le citoyen ordinaire précédemment mentionné pourrait s’offusquer de nouvelles Sodome et Gomorrhe dont il ignore l’existence.

Or, ce combat-là ne se règle pas par textes de lois, car il n’a pas pour objectif l’obtention de nouveaux droits ou de nouvelles protections. Ce combat-là est beaucoup plus difficile à mener car il touche non aux principes, mais au quotidien, et est susceptible d’exacerber plus encore les préjugés charriés par certains ainsi que de mettre en lumière de fondamentales divergences de modes de vie. C’est le combat que personne n’a envie de mener, ni les institutions représentatives des homosexuels (1), ni une majorité des homosexuels eux-mêmes.

Après quelques tergiversations, lesdites associations ont choisi de conférer à leur combat une dimension internationale : il est vrai que les causes mobilisatrices ne manquent pas… Il y a les pays où l’homosexualité se paye par la mise à mort législative : l’Iran, la Mauritanie, le Nigéria, l’Arabie saoudite, le Soudan, les Emirats arabes unis et le Yémen. Il y a aussi ceux où elle est synonyme d’emprisonnement et de brimades de toutes sortes, parmi lesquelles des appels publics à la haine, voire au meurtre, par les plus hauts représentants de l’autorité, témoin le mot de Robert Mugabe, dictateur du Zimbabwe : « [Les homosexuels] répugnent ma conscience humaine […]. Ils sont inférieurs aux porcs et aux chiens […]. Je ne crois pas qu’ils aient le moindre droit. » (2)

N’en demeurons pas moins lucides : il s’agit là principalement d’un effort de sensibilisation centré sur la Marche des Fiertés annuelle (3), accusée il y a quelques années par certains d’être trop décadente (4). A ma connaissance, il n’y a pas de prise de contact directe avec les gays de ces pays, qu’ils soient ou non structurés en mouvement. S’il y en a, celle-ci n’est pas rendue publique et elle ne fait l’objet d’aucune mobilisation.

A vrai dire, le mouvement, la communauté en tant que telle, est aujourd’hui confronté(e) à la quadrature du cercle : mener de nouveaux combats (mais lesquels et comment ?) ou se reposer sur ses lauriers ? Où sont les Bowie, les Warhol et autres énergumènes du temps présent, qui, tout en n’en faisant qu’à leur tête et en bousculant les conventions, proposeraient une assise à la contestation ? Où est la création artistique pionnière d’hier ? Gone with the normalisation, sans doute…

En d’autres termes, qu’est-ce qui identifie encore, aujourd’hui, la prétendue communauté (5) gay ? Michael, le gentil homosexuel prototypique de la sulfureuse série américaine « Queer As Folk » aurait sa réponse : le « thumpa thumpa », c’est-à-dire le mouvement des corps dans les boîtes de nuit, la frénésie du frétillement. L’irrésistible goût du vain, pourrait-on ajouter, dans ce petit monde clos composé de coteries et de sales petits barons parvenus, où chacun sait tout sur tout le monde, où la superficialité, la mesquinerie et le chantage sont aujourd’hui cardinaux, où l’on refoule par la fête permanente ce que l’on refuse de voir, rendant la joie factice elle aussi, où le toujours mieux a depuis longtemps baissé pavillon face au toujours plus, toujours plus vite et toujours plus assuétivement assisté… Signe des temps, probablement, mais à la puissance dix ! Soyons cohérents : ce sont là des choix de vie parmi d’autres, en rien critiquables en tant que tels, mais que l’on peut malgré tout déplorer s’ils ne s’accompagnent sociologiquement d’aucune réflexion critique, d’aucune mise en perspective, et humainement d’aucune considération. Michael, Debbie, Justin, et même Brian, cette bête de sexe et de clubs, ne s’en plaignent-ils pas eux-mêmes à suffisance dans la quatrième saison de la série ?… 

Au morcellement (6) d’une représentation (autoproclamée) en groupes et sous-groupes qui se tolèrent à peine et ne mobilisent plus personne autour de problématiques communes fait donc face l’égoïsme de l’hyperconsommation de la scène gay. Le premier rend les institutions dites représentatives défaillantes dans leur rôle d’accueil, d’accompagnement et d’orientation – je vous épargne les anecdotes – cependant que le second glorifie les clichés, la frivolité et le prêt-à-penser.

Le dogme refoulait et exécrait jusqu’alors le corps, un autre dogme refoule et exècre à présent l’esprit… Le triangle amoureux composé du sexe, de la procréation et des sentiments s’est décomposé : ses deux premiers éléments fondateurs sont devenus des points qu’une ligne droite ou sinueuse peut, le cas échéant, unir. C’est une évolution positive pour la liberté individuelle. Le troisième a été liquidé en pertes et profits sans autre forme de procès. C’est systémique et c’est fâcheux, car le sexe pour le sexe (homo ou hétéro, au demeurant) est, en effet, un moteur de l’égoïsme le plus vil…

Ces sentiments, dénués de la mièvrerie, des postures et des lieux communs auxquels ils sont habituellement associés, ne sont-ils pourtant de nature à démultiplier l’intensité du plaisir ? Par extension, ne constituent-ils pas à la fois le socle d’une harmonie retrouvée et le fondement d’un activisme à réinventer ?… 

__________

(1)    Représentatives de leurs affiliés ?

(2)    Propos prononcés lors de la Foire internationale du Livre du Zimbabwe, en 1993.

(3)    Cf. reportage photographique de l’édition 2011 de la Gay Pride belge, à Bruxelles (post du 15/05/11)

(4)    Ici aussi, on retrouve ce souci d’acceptation…

(5)    Au sens de ce qui est (mis en) commun.

(6)    Le terme « gay » me semblait suffisamment ouvert et large que pour être partagé et revendiqué par les homos masculins et féminines, les bisexuel(le)s et les trans, bref toutes les minorités brimées en terme de préférence sexuelle ou de (trans)genre, sans nier pour autant les spécificités propres à chacune. Mais rien ne semble arrêter le train du politiquement correct et de la fragmentation. Au lieu de LGBT (pompeux) et holebi (qui oublie les trans), pourquoi pas Hobits, tiens, à condition que la nouvelle appellation coïncide avec une nouvelle vision et de nouveaux projets communs !!!

L’invisible goulag du libéral-capitalisme…

« Children Underground »… Des enfants souterrains, invisibles, dont les destins tourmentés et ignorés par le plus grand nombre tapissent la toile d’un documentaire américain à la fibre subtilement christique, sont les héros malgré eux d’une espèce de journal vidéo intime qui, à la manière d’une émission « Strip Tease » particulièrement trash, suit, plutôt que de les relater, leurs péripéties quotidiennes, traduit, par un recours à l’émotion et à l’empathie, leur sentiment d’injustice, qui s’exacerbe jour après jour, et propose un aperçu du vaste néant que promet aux mal-nés le libéral-capitalisme religieux et forcené qui, malgré son incompétence et ses échecs patents, s’impose à présent comme une dictature oligarchique relayée par de piteux technocrates.

Nous sommes en 2001, en Roumanie, un pays qui, six ans avant son acceptation formelle par le petit club européen, se débat dans la misère et l’absence de perspective. Onze ans après le « procès libyen » de l’ancien dictateur Ceausescu, un soir de Noël 1989, les conséquences de certains aspects de sa politique mégalomaniaque sont encore visibles au grand jour…

Ainsi, le prolo devait procréer : de chair à usine à chair à canon, le cas échéant, l’Etat trouverait bien un usage à toute cette matière nouvellement constituée. Point de contraception ! Point d’avortement !

Lorsqu’en novembre 1989, le mur de Berlin s’est effondré sous les coups de boutoir communs de Ossies et de Wessies, charnellement désireux de tourner enfin la page de ce communisme et tentés par les sirènes occidentales, qui leur vendaient une liberté dont ils ne pouvaient encore, les malheureux, cerner les contours, c’est aussi l’avenir de ces milliers de marmots roumains non désirés qui a été affecté : parqués, jusqu’alors, pour certains d’entre eux, dans des orphelinats qui auraient fait regretter l’Angleterre victorienne dépeinte par Dickens, les gosses chiés par le régime se retrouveraient désormais à la rue !

C‘est à sept d’entre eux que s’intéresse le documentaire : l’une est orpheline, l’autre en fugue parce que battu par son père ou son beau-père… tous ont élu une bouche de métro – l’arrêt Victoire, ça ne s’invente pas ! –  comme siège de leur infortune. Là, lorsqu’ils ne donnent pas un coup de main aux petits magasiniers pour la livraison de marchandises, ils jouent entre eux à qui sera « Sa Majesté des Mouches », comme le ferait tout groupe de gosses livrés à eux-mêmes. Là, des enfants de dix ans sniffent de la peinture bon marché pour oublier qu’ils n’ont rien à se mettre sous la dent. Là, ils voient, heure après heure, les passants passer devant eux sans un regard. Là, ils se font tabasser par de pseudo-adultes que leurs pleurs insupportent. Là, en public et sous l’objectif de la caméra, l’enfance crève à petit feu…

Métaphores vivantes d’une inhumanité rendue systémique par certains gardiens du Temple, ces gosses permettent de vérifier l’adage selon lequel il y a toujours plus malheureux que soi. Le tonneau des Danaïdes de l’injustice contemporaine est si béant, en effet, qu’il ne peut manquer d’inciter tout homme de bonne volonté à la résignation : à quoi bon ? A quoi bon si jamais les fondamentaux du système ne sont mis en cause ? A quoi bon si le fameux 1 % de super-Seigneurs s’en tire toujours à bon compte ? A quoi bon si cet état de fait est rendu possible par l’apathie et la complicité tacite de toutes ces loques très propres sur elles qui peuplent les rangs des partis politiques et des émissions de télé ?

Le documentaire se conclut toutefois par une timide percée lumineuse : les autorités roumaines ont été amenées, sans doute sous la pression de l’extérieur, suite à la diffusion du reportage, à rendre le métro inaccessible à ces enfants errants. Avec la collaboration d’ONG locales et étrangères, des solutions ont même pu être trouvées pour plusieurs des gosses auxquels s’intéresse le documentaire, d’autres, les vrais sans-famille, continuant encore, en 2012, de vagabonder dans les rues de Bucarest.

Est-ce l’Opération Villages Roumains, par laquelle, durant les années nonante, des communes belges se jumelaient avec des communes roumaines, un peu mise en sourdine depuis suite à l’un ou l’autre scandale financier, si ma mémoire est bonne, ou le pur hasard, qui a permis à Mihai d’émigrer vers notre pays et d’y entamer enfin une existence apparemment confortable ?

Chaîne YT de Mihai : http://www.youtube.com/user/SBJHIU

Quoi qu’il en soit, une telle happy end est-elle encore concevable aujourd’hui ? Que pense Mihai du sort réservé aux demandeurs d’asile qui frappent, de nos jours, à la porte de notre pays, dont plus d’un millier sont contraints, cette année encore, par la grâce de la vision politique qui habite nos responsables élus, de dormir dans des parcs publics alors qu’il y gèle à pierre fendre ? Que pense ce rescapé de notre tambouille politicienne autour de cette situation humanitaire indigne d’un pays où l’épargne demeure florissante (comme en témoignent les dernières souscriptions de bons d’Etat), de cette instrumentalisation politicienne du malheur des plus faibles à laquelle se livrent, par guerre larvée, nos chers partis ? Que pense-t-il, plus généralement, du sort réservé par un Occident décadent aux “gens du voyage”, parmi lesquels nombre de ses compatriotes ?

Quelle est sa réaction intime lorsqu’il voit des bébés et des gosses en bas âge contraints, par défaut de prévoyance politique, de subir de plein fouet les températures hivernales ?

« Business as usual » ou une raison de plus pour faire péter ce système inique ?…

Il est là, et nulle part ailleurs, le goulag invisible du capitalisme !!!

La com, c’est comme la rage : il n’y a qu’une bonne piqûre pour en venir à bout !

Qu’y a-t-il de commun entre les coupes sombres dans la sécurité sociale, le « fichier d’empreintes génitales » inauguré en grandes pompes par le premier trouduc de l’Intérieur voisin, dans la foulée des « fellations » prétendument improvisées par une sacrée coquine et des Lumières déculottées par tel ou tel olibrius, ou encore le panel républicain américain – impérial, en réalité – qui rivalise d’idiotie et de vice intellectuel pour devenir calife à la place du calife ? Le mépris manifeste du peuple, pardi !

Lorsque le crâne d’œuf suffisant qui préside aux peu glorieuses destinées des pensions publiques belges, tellement confiant dans la longévité de Di Rupo I qu’il vient d’annoncer souverainement et à la hâte (stress test ?), lors de la première semaine de gouvernement, le relèvement rapide de l’âge légal de départ à la retraite, assorti d’une réduction drastique du droit à la prépension et de la fin programmée d’une organisation flexible et individuelle de la carrière – thème prétendument libéral, pourtant – affirme œuvrer à la réduction du déficit public, ledit crâne d’oeuf se souvient pertinemment des 15 milliards d’eugros de largesses fiscales consenties aux entreprises durant l’ère Verhofstadt, son mentor, par la grâce de l’inflation masquée rendue possible par le passage à l’eugro, en 1999.

Quinze milliards d’eugros de ristournes et autres boni fiscaux aux entreprises en une dizaine d’années (1), sans la moindre contrepartie, voilà un petit pactole, en effet, que les Robins des relais et châteaux, à rebours de ce que commandent le bon sens commun, la conscience sociale et l’empathie vis-à-vis des petits, se chargent à présent de récupérer manu militari auprès de ces derniers ! C’est que, par ailleurs, le souffle chaud du flatulent a changé de direction et se dirige à présent vers les thatchériens flamands !

Mais, à souffle chaud, souffle chaud et demi : les semaines et mois qui viennent seront l’occasion de démontrer que le mépris continu des pseudo-élites politiques de centre-droit à l’égard des couches populaires se traduit immanquablement de deux manières : soit la violence indistincte, soit la grève générale ! IL EST GRAND TEMPS QUE LES GRANDS PATRONS PRENNENT DANS LE FION A LEUR TOUR, car le destin d’un peuple n’est pas lié au destin des grandes entreprises : ils sont, au contraire, en contradiction flagrante ! En effet, les pseudo-réformes envisagées ne sont, en réalité, à l’heure du trentième anniversaire du chômage de masse, qu’une manière de soumettre, de tenter de tuer dans l’œuf la contestation naissante, légitime !

Certes, avec une opposition francophone inaudible, car prise en étau par des considérations de marketing politique à l’opposé de ses convictions profondes et dominée par un crétin gominé dont le second (et donc ultime) mandat de président est arrivé à échéance il y a plusieurs mois déjà, s’opposer à ce qui a été péniblement mis sur pied peut s’assimiler à du masochisme, car la première alternative qui vient à l’esprit serait sans nul doute pire. La tension, sur les plateaux de télé du nord du pays, était d’ailleurs perceptible, à deux doigts de l’admonestation même, lorsqu’un autre lion flamand, poussé dans le dos par sa base échaudée, est venu annoncer cette semaine une fronde sociale sans précédent depuis les mouvements populaires de naguère (mineurs, agriculteurs, dockers, étudiants, …), et donc de très chaudes semaines et mois en perspective. Mais faire fi de toute opposition de gauche, c’est aussi faire le jeu de la droite !

En tout état de cause, il s’agit, pour les éminences crânes d’œuf, de communiquer, comme, dans la marine, les vaisseaux de guerre envoient des leurres pour déstabiliser leurs assaillants. « Ayez confiance, c’est pour votre bien ! » Quinze milliards sans contrepartie, vous dit-on, trouducs !

La com permet de faire avaler les pires couleuvres, elle peut faire passer du bleu pour du rouge ! La com n’a aucune essence, elle est vide. Demandez donc à Séguéla, il vous le dira (en privé) : la com est l’illustration parfaite du postulat naturaliste sur lequel se fonde le système libéral-capitaliste pour clamer son apolitisme.

Zadig & Voltaire, de même que les godes et autres mises en bouche que l’on s’envoie à la gueule, ce ne sont pas que des messages subliminaux que les intéressés s’adressent par médias interposés, c’est le fruit d’une longue maturation dans l’intellect de VRP d’agences de relations publiques : « Vas-y, Claudie, t’es complètement nul et t’as rien à dire, mais c’est pas grave. C’est tellement gros qu’on parlera de toi, et n’est-ce pas là l’unique objectif ? »

Elle peut se faire violente aussi, la com, car tous les moyens sont bons. Que l’on se rappelle Sharon et ses provocations verbales et physiques répétées à l’endroit des Palestiniens juste avant les élections, sur les pas duquel s’engage à présent un crétin républicain amériki parmi les autres, qui, malgré son appartenance supposée au KKK, diabolise un peuple entier en le qualifiant d’essentiellement terroriste. Puisque les idées ont perdu et l’ego a triomphé, pourquoi se gêner ? Je dirais même mieux, tiens : ces sales Palestoches, il faudrait tous les enfermer dans des camps ! Ah, mais j’oubliais : c’est déjà, grosso modo, le cas…

Si on laisse de côté la com, de quoi s’aperçoit-on ? L’indigence intellectuelle et morale des pseudo-prétendants califes, dans la droite ligne du W, est telle que l’on ne peut s’empêcher de penser que le GOP pourrait laisser passer sa chance, cette fois, en présentant un clone de Bob Dole et en continuant d’utiliser Big O comme paravent pour sa politique conservatrice et sa diplomatie agressive, comme il le fait depuis plusieurs mois, pour le faire exploser en vol, d’une manière ou d’une autre. C’est tellement plus fun, et moins risqué !

Dimanche dernier, en présence de ministres à la fois démissionnaires et fraichement émoulus (en vrac, un ex des Finances qui, selon de nombreuses enquêtes, a été, douze ans durant, un complice silencieux de la fraude fiscale à grande échelle des grandes entreprises (2), le futur président des socialistes belges francophones, une ministre de l’Intérieur couillue et à la dent dure), l’un des pilotes du tandem aux commandes de l’émission de débats politiques « Mise au Point » (RTBF) a entamé l’échange par une question originale, périlleuse même pour qui, comme le piteux président non élu du Directoire impérial européen, affirme établir entre politique et sentiments – politique et humanité, pourrait-on paraphraser – une cloison étanche : « sur le plan humain, qu’avez-vous retenu de ces 541 jours de crise ? »

On pouvait voir les éminences embarrassées. « Mais que me demande-t-il donc là », lisait-on sur les visages. « Chercherait-il, ce fourbe, à me déculotter en public, à me faire passer pour un sentimental face à mes nouveaux amis /adversaires / tontons flingueurs (3) ? » Peinant comme devant un exercice de dissertation particulièrement exigeant, tous ont répondu à côté de la plaque : « moi, ce que je retiens, c’est la découverte sincère d’une amitié naissante et à nulle autre pareille avec mon pote Leterme », moi ceci, moi cela… L’ego était de retour, sans doute même n’est-il jamais parti. Insistance du journaliste, reformulation… rien n’y fit : ce n’est que de la com, braves gens !

Et l’humilité, l’humilité face au peuple, à laquelle semblaient pourtant renvoyer les excuses de Di Rupo en amorce de son discours d’investiture, vous en faites quoi, Mesdames, Messieurs les Seigneurs ?…

___

(1)    Que l’on cherche à stimuler les PME, dont l’ancrage est local et donc bénéfique pour l’économie réelle et l’activité professionnelle, est très compréhensible. Que l’on se mette à plat ventre pour prendre le BEL 20 et autres NYSE dans le cul témoigne, en revanche d’une volonté politique à toute épreuve…

(2)    Selon ces enquêtes (de « Panorama », émission de la VRT, notamment), qui se basaient sur les témoignages concordants d’insiders au ministère des Finances, une grande entreprise court le risque monumental de se faire contrôler par le fisc tous les vingt-cinq ans, elle !

(3)    Biffer la mention inutile.

Qu’obtient-on en croisant deux faits de l’actualité récente ? Un embarrassant pataquès !

FAIT 1 : LE PARLEMENT BELGE AMENDE LA LOI RELATIVE AU SECRET BANCAIRE, AVEC LE SOUTIEN DU PARTI AUQUEL APPARTIENT KAREL DE GUCHT, COMMISSAIRE EUROPEEN (LIBERAL) AU COMMERCE.

–          Le Code des Impôts sur les Revenus belge dispose, en son article 318, que  « l’administration n’est pas autorisée à recueillir, dans les comptes, livres et documents des établissements de banque, de change, de crédit et d’épargne, des renseignements en vue de l’imposition de leurs clients ». Depuis le vote, par le Parlement belge, d’une loi entrée en vigueur le 01 juillet 2011, qui, pour certains, sonne l’hallali du secret bancaire, il peut toutefois être dérogé à cette règle (qui s’applique uniquement aux impôts directs)  en cas d’indices étayés de fraude. Cette dérogation, qui était déjà prévue préalablement, est assortie désormais d’un délai de réponse de 30 jours octroyé au contribuable, à l’issue duquel l’administration fiscale pourra, si aucune suite n’a été réservée à sa requête ou si les informations que lui aura fait parvenir le contribuable lui apparaissent insuffisantes, prendre contact directement avec la (les) banque(s) dont ledit contribuable est client.

–          Une autre dérogation au secret bancaire est prévue en ce qui concerne les demandes de collaboration qui émanent d’administrations fiscales étrangères. Dès 2007, en effet, l’Etat belge avait conclu, sous la pression de l’administration américaine d’alors, engluée dans sa lutte contre le terrorisme (y compris sous son angle financier), une convention bilatérale en vue de faciliter l’échange d’informations bancaires, ce qui limita déjà d’autant la portée dudit secret. Depuis juillet 2009, la Belgique satisfait, en outre, aux exigences de l’OCDE en matière de conventions bilatérales dans ce domaine. La loi entrée en vigueur le 01 juillet 2011 consacre la validité des conventions existantes, jusque-là régies par traités, et en ancre le principe sur le plan législatif. Certains députés de gauche ont voulu aller plus loin, en prévoyant une systématisation de la transmission d’informations bancaires à l’administration fiscale, ce qui n’a pas manqué de provoquer, auprès de la jet set, un petit tollé de circonstance…

FAIT 2 : KAREL DE GUCHT, COMMISSAIRE EUROPEEN (LIBERAL) AU COMMERCE S’OPPOSE A LA LOI VOTEE PAR SON PARTI.

–          Karel De Gucht est marié à une certaine Mireille Schreurs, Juge au Tribunal de Police d’Alost. Le matin du 03 octobre 2008, en pleine tourmente bancaire et financière, cette dernière revend en toute hâte un paquet d’actions Fortis, alors que, le soir même, tombera le communiqué de presse officiel qui annoncera la scission du groupe (branches néerlandaise et belge), qui pouvait laisser présager une chute vertigineuse des cours. Voilà en tout cas ce qu’affirme sans ambages une plainte anonyme, relayée d’abord par un hebdomadaire flamand à fort tirage, avant de l’être par l’ensemble de la presse belge. Délit d’initié(e) ? That is the question !… En effet, De Gucht était alors ministre des Affaires Etrangères (et donc au fait de ces développements avant que ceux-ci ne soient rendus publics).

–          A peine de retour du sommet annuel US / UE, qui s’est tenu cette année à Washington, où il était assis en oblique face à Big O, De Gucht, qui s’oppose à une loi qu’il juge intrusive, une loi pourtant votée, comme précisé supra, par son propre parti, décide de poser au Conseil constitutionnel une question préjudicielle quant à la légalité de ladite loi. Relents berlusconiens, avec des lois sur mesure ? Allez savoir. Quoi qu’il en soit, c’est une fois de plus l’image de l’Europe qui en sort grandie, alors que la lutte contre la fraude fiscale (les paradis fiscaux en particulier) est supposée être  l’une des priorités de la Commission européenne, et alors que le même De Gucht s’est accoquiné avec la banque Goldman Sachs pour pondre un rapport qui vante les nécessités d’une dérégulation commerciale mondiale encore plus prononcée (cf. post du 19 novembre 2011). L’Union européenne des Affairistes, contrairement à celle des Citoyens, est en très bonne voie, merci pour elle !

 

Une chose est sûre : ni ce (possible) scandale, ni le train de vie hors norme de De Gucht, qui dispose notamment d’une luxueuse villa en Toscane, ne semblent inciter ce dernier à fermer sa grande gueule de petit boxeur de province raté, lui qui a récemment fustigé le handicap de complaisance en matière d’invalidité professionnelle…

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« Handicapés: plusieurs associations révoltées par les propos de De Gucht […]

(25/08/2011)

Par ailleurs, Altéo dénonce une vision tronquée du système des allocations aux personnes handicapées, ainsi que des amalgames

BRUXELLES. Plusieurs associations de handicapés ont réagi jeudi avec indignation aux propos de Karel De Gucht (Open Vld) et Helga Stevens (N-VA) concernant les allocations versées aux personnes souffrant d’un handicap en Belgique, et plus particulièrement en Wallonie.

Pour Altéo, mouvement social de personnes malades, valides et handicapées, et la Mutualité chrétienne (MC), le discours qui stigmatise une partie du public des personnes handicapées en les qualifiant de “profiteurs du système” est inacceptable.

Par ailleurs, Altéo dénonce une vision tronquée du système des allocations aux personnes handicapées, ainsi que des amalgames.

“Si l’on additionne l’ensemble des allocations aux personnes handicapées et les aides aux personnes âgées au regard de la population de chaque Région, on observe de très faibles différences entre régions: Flandre (2,81%), Région wallonne (3%), Bruxelles (2,03%)”, souligne David Lefèbvre, secrétaire politique d’Altéo.

L’Association nationale d’Aide aux Handicapés mentaux (Anahm) rappelle que les associations de personnes handicapées demandent depuis longtemps une réforme du régime des allocations, et ce afin d’être plus en correspondance avec la réalité et avec les possibilités d’emploi.

“De tels propos erronés peuvent entraîner des réactions négatives à l’égard des personnes handicapées et de leurs familles qui ne le méritent vraiment pas”, regrette l’ASBL Anahm, qui revendique une meilleure inclusion de la personne handicapée dans la société.

L’ASBL Inforautisme se dit elle aussi indignée par les déclarations des deux politiciens et explique pour sa part être confrontée à une situation inverse: “de nombreuses personnes autistes ne sont pas reconnues comme handicapées par l’Etat fédéral car elles n’ont pas de déficience intellectuelle”.

“Selon les études épidémiologiques récentes, près de 1% de la population souffre d’une forme d’autisme, dont 58% sans déficience intellectuelle. Ainsi, il y aurait en Belgique 58.000 personnes autistes handicapées non reconnues comme telles”, indique l’association.

Le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) rappelle quant à lui que près d’un dossier de signalement pour discrimination sur cinq ouvert en 2010 se rapportait au handicap, soit 18% des 1.471 dossiers. »

(source : dhnet.be)

_________________

Cette sortie, que l’on pourrait qualifier de vilement populiste, si elle n’insultait le peuple et l’humanité, n’est pas sans rappeler la charge contre les « chômeurs-profiteurs » lancée, il y a quelque temps, par un coreligionnaire de De Gucht, qui se prononçait, lui aussi, pour un octroi d’allocations de chômage conditionné à la prestation d’un travail dit d’intérêt communautaire (ou général, si l’on préfère) non rémunéré par ailleurs. Sa sortie dans la presse écrite était illustrée par une photo de lui posant le cul à terre devant sa luxueuse villa…

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