Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 3/ LA TROISIEME GUERRE MONDIALE, UN DETERMINISME INEVITABLE ?

Suite de notre série entamée par les posts du 21/05/12

La pente qui se dessine devant le monde industrialisé, depuis la crise de 2008, pourrait être bien plus abrupte que certains ne l’imaginent. D’abord sourd et latent, le profond malaise qui agite tant les consciences que les peuples d’Europe et des Etats-Unis, commence aujourd’hui à s’afficher à visage découvert. Mouvement Occupy, effondrement sporadique des bourses, ralentissement économique qui prend des allures de récession, violentes émeutes un peu partout : ces phénomènes pourraient refléter plus que des soubresauts. Ils pourraient, comme d’autres le suggèrent à présent ouvertement, être annonciateurs d’une nouvelle lame de fond. Or, en raison du progrès technique inouï engrangé depuis la deuxième guerre mondiale (1), dont le grand public ne soupçonne pas l’étendue, la destruction qu’une telle vague est susceptible de provoquer serait à nulle autre pareille dans l’histoire, pourtant très sanglante, de l’Humanité.

Une source à l’OTAN m’avait confié, à la veille de l’aventure afghane, que des organisations militaires surpuissantes telles que le Pentagone et l’OTAN avaient entre autres pour mission d’anticiper et d’échafauder tous types de scénarios possibles, y compris celui d’un affrontement thermonucléaire global. Un tel cynisme répond aux objectifs qui leur sont assignés par leur tutelle politique. Si, demain, un pays X faisait l’objet d’un attentat non conventionnel, l’on peut imaginer que la plus haute autorité dudit pays souhaite disposer le plus rapidement possible des outils qui lui permettent de cerner la problématique et d’effectuer en conséquence  les choix qu’elle estimera pertinents.

Ainsi, de plus en plus d’historiens affirment que l’invasion nazie de l’Europe aurait pu être contrée bien avant. Peu suspects de sympathies douteuses, ceux-ci affirment depuis quelque temps, preuves à l’appui, que les appareils politique et militaire anglo-saxons disposaient, dès 1942, de renseignements suffisants pour leur permettre de mesurer les conséquences de la décision funeste prise à Wannsee la même année (2).

Que nous apprend cette information quant aux motifs des alliés ? D’une part, il y a les explications officielles embarrassées, qui consistent en une réfutation de la moindre possibilité d’intervenir à ce moment-là : débarquer dans la hâte aurait pu avoir des conséquences ravageuses sur l’issue du conflit. Selon cette thèse, le 6 juin 1944 constituait la première fenêtre de tir crédible, la première option viable. D’autre part, il y a la ronde de spéculations – certains diraient le secret de Polichinelle – relative à la bienveillance tacite des Alliés quant à la part de la politique nazie qui consistait à contenir l’influence soviétique, une léthargie volontaire qui aurait justifié ultérieurement le soutien britannique inconditionnel à la réalisation du projet de Herzl. Tout cela est connu.

Ce qui a été moins examiné, en revanche, c’est à qui, si l’on ose écrire sans être irrespectueux, a profité le crime du côté anglo-saxon : ni aux classes laborieuses, ni à une classe moyenne embryonnaire. Par conséquent, pour dire les choses crûment, qui sont les représentants de l’élite anglo-saxonne qui se sont enrichis sur le dos des déportés ? Les grandes entreprises allemandes qui ont participé à l’effort de guerre, de Krupp à Siemens en passant par VW, sont loin d’être les seules à avoir conforté leur empire… Au-delà des cas de collaboration notoire de grandes entreprises avec l’envahisseur dans les pays occupés, un sujet explosif qui reste aujourd’hui encore largement tabou, car susceptible de révéler ici et là des fondations économiques pour le moins vacillantes auxquelles seuls quelques esprits ronchons trouveraient encore à redire, il s’agirait de veiller à ne pas oublier la dimension extraordinaire de la manne économique réservée de facto aux libérateurs par l’entremise des plans de reconstruction inévitables, qui prendraient le nom de plan Marshall… Voici un exemple typique des scénarios étudiés par les commandements militaires alliés, à la différence près que le délai pour les imaginer a, comme tout le reste, à travers la globalisation, connu une accélération fulgurante : il s’agit donc d’accepter (ou de s’indigner et de combattre fermement) le fait que nos destins massifiés soient déterminés, selon une logique doublement arithmétique (profit escompté et nombre de victimes supposées) par des maîtres qui n’ont à répondre qu’à d’autres maîtres…

Si les mécanismes économiques contemporains, dont l’absence de rationalité, et même de réflexion prospective, est autrement plus patente qu’en 1929, semblent comparables, à des échelles autrement plus imposantes, à ceux de la crise du second tiers du siècle dernier, il convient toutefois de se garder d’extrapoler de manière trop unidirectionnelle quant aux issues possibles du long tunnel que nous traversons.

En effet, l’Europe d’aujourd’hui n’est pas Weimar : nous ne sortons pas d’une boucherie, et les capitaux et investissements qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau ont des origines très diverses : Chine, Russie (pour le gaz principalement), monarchies pétrolières, et Etats-Unis, bien sûr. Ces derniers ne représentent donc qu’une des quatre roues du carrosse du train de vie européen. L’Europe, pour l’heure largement leur vassale, sur les plans militaire et politique, n’est l’ennemie d’aucun de ces groupes, d’aucune de ces puissances, pas plus qu’elle ne l’est du Brésil ou de L’Inde, appelés, sans doute, à y jouer un rôle plus important ! Elle n’est un bloc monolithique ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, de sorte qu’elle ne représente pas pour celles-ci de danger significatif.

A vrai dire, les Etats-Unis sont dans une position bien plus délicate que le vieux continent. L’acceptation tacite du dollar comme monnaie de référence par le reste du monde, qui permet une inflation incontrôlée (c’est-à-dire la fabrication quasi infinie de monnaie) est, en effet, non une constante, mais une variable. Outre qu’elles permettent à quelques spéculateurs sans scrupules de se payer l’une ou l’autre île exotique sur le dos des peuples, les violentes offensives contre la zone euro ne traduisent-elles pas, de manière beaucoup plus structurelle et profonde, la volonté acharnée des Etats-Unis d’empêcher coûte que coûte que leur sacro-sainte monnaie, leur dieu à eux en quelque sorte, perde ce statut si envié, alors qu’ouvertement, des puissances mondiales de premier plan en appelaient, avant la crise, à son remplacement par l’euro, une monnaie aux fondamentaux (aujourd’hui encore) plus solides, en dépit de la cacophonie politique ?

Ecrivons-le tout net : sans ce statut de référent monétaire, les Etats-Unis, qui se dépatouillaient, en 2011, dans une dette publique littéralement astronomique (et croissante) de plus de 15 billions de dollars (3) (Vous suivez ?), un déficit budgétaire de 8,5 % de son produit intérieur brut (4) (bien au-delà des critères de Maastricht…) et un déficit de sa balance commerciale, en hausse de 12,6 % par rapport à l’année antérieure (5), les Etats-Unis, donc, sombrent immédiatement et irrémédiablement dans le chaos total. A plus ou moins court terme, malgré toutes les rodomontades de leurs représentants politiques et les violents affrontements qui continuent de les opposer à ce sujet, ce scénario-là est d’ailleurs inévitable, et il est très dubitable que les ex-maîtres du monde acceptent ce nouvel état de fait without a fight… Ce dont ils ne se rendent pas encore réellement compte, c’est qu’ils se trouvent coincés entre le marteau et l’enclume.

L’Europe ne pourra ôter ses billes de ce jeu de Cassandre et se construire enfin un destin propre qu’à deux conditions, impératives : il lui faudra tout d’abord tourner le dos à toute ambition impérialiste, donc refuser de singer la stratégie hégémonique qui a conduit les Etats-Unis où ils sont – voilà pour l’extérieur – et, que cela plaise ou non, s’inscrire pleinement dans la logique du cosmopolitisme assumé, dont elle deviendrait un nouveau creuset  – volet intérieur. Voilà, en réalité, les deux piliers fondamentaux de Lumières nouvelles !

Cette dernière condition sera, pour l’Europe, la garantie de son nouveau rôle de tête-de-pont occidentale entre les grandes puissances, mais aussi, ENFIN, entre le nord et le sud, tandis que la première devra l’amener à rompre avec toute logique va-t-en-guerre ou néo-missionnaire ! A cet égard, la montée en force du Tea Party et l’influence idéologique et financière malsaine de ce dernier auprès des parlementaires américains républicains, quoiqu’apparemment circonscrites, sont sources d’inquiétude…

Obama, lui, a bien compris, malgré les intenses pressions de lobbies pro-guerre divers et variés, qu’il n’était nullement dans l’intérêt de son pays d’ouvrir de nouvelles lignes de front : chat échaudé craint l’eau froide… En effet, les perspectives financières potentielles d’une nouvelle guerre de petite ou moyenne ampleur ne sont pas suffisantes que pour justifier, a fortiori sans certitude de victoire, et pire, avec le possible embrasement de toute une région instable et difficilement scénarisable (6), une telle odyssée. Quant à une nouvelle guerre mondiale, elle ne pourrait manquer d’amener à recourir à l’arme absolue, annihilant par le même coup toute possibilité de reconstruction et donc tout enrichissement éventuel. Par conséquent, seul un fou pourrait l’envisager sérieusement !

Sur le plan militaire, l’Union devra, quant à elle, s’essayer au casse-tête chinois, à savoir imposer son indépendance militaire, c’est-à-dire structurer son appareil de défense, en évitant, notamment par l’entremise de règles d’engagement claires et contraignantes (7) la constitution de ce qu’un Eisenhower inquiet a qualifié, au terme de son mandat, de « complexe militaro-industriel ».

Depuis que la Défense belge est gérée par l’ultra-catholique De Crem, unanimement reconnu désormais comme le toutou à sa mémère Clinton (après avoir été le puppet du républicain Robert Gates), c’est au contraire la stratégie américaine et atlantiste qui a été privilégiée, notamment à travers des trains de nominations dont la préférence linguistique très marquée n’a pas été la seule à provoquer des remous dans la hiérarchie militaire, allant jusqu’à des demandes publiques et répétées de démission de la part de son plus haut gradé, le général Delcour, enfin acceptée, fin mars dernier, par Monsieur « Le-dentifrice-est-sorti-du-tube » (8) … Il n’empêche : effectuez une courte balade dans les couloirs, à Evère, et vous entendrez les grondements d’insatisfaction de moins en moins discrets de nombre de gradés et de diplomates européens par rapport à l’oncle très envahissant… Pas étonnant, dès lors, que le même ministre de la Défense belge ait pu être tenté d’appeler à un contrôle renforcé de la blogosphère, qu’il juge dangereuse, un contrôle devenu réalité dans la foulée du vote, sous l’impulsion d’une ministre socialiste, du paquet de lois liberticides plus ou moins imposé à la Belgique en guise de transcription locale du “Patriot Act” !…

L’écrire relève de la lapalissade mais le déterminisme, si déterminisme il y a, ne verra sa concrétisation que si les rapports de force actuels ne parviennent à s’extraire de leur carcan habituel, c’est-à-dire celui de puissants intérêts financiers anglo-saxons.

Oui, l’Europe est l’avenir de l’occident, mais il lui faut, principalement parmi le personnel politique, des visionnaires téméraires à la hauteur des ambitions qu’elle n’a pas encore ! Plusieurs posts qui suivent  mettent cruellement en lumière ce déficit. Les hommes et femmes d’Etat européens de demain n’existent pas encore ; ils restent à inventer !

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(1)    ‘Seconde’ est, dans ce cas, l’expression consacrée, que j’ai choisi de remplacer par ‘deuxième’ dans la mesure où une troisième ne peut être exclue…

(2)    Lire, à ce sujet, Richard Breitman, “Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient“, Calmann-Lévy, Paris, 2005.

L’article suivant du monde fait état des principales controverses suscitées par (ou auxquelles s’intéresse) cet ouvrage : http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/article/2005/07/18/les-allies-savaient-ils_673523_641295.html

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/11/17/la-dette-publique-americaine-depasse-les-15-000-milliards-de-dollars_1604817_3222.html

(4)    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120510.AFP5819/etats-unis-excedent-budgetaire-en-avril-apres-trois-ans-et-demi-de-rouge.html

(5)    Source : http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2011/07/20110714172258×0.9815594.html#axzz1vexMuJ6w

(6)    Il suffit de considérer le couac monumental des scénarios de reconstruction en Irak.

(7)    Cela passe par une définition la moins ambiguë possible du type de théâtre de conflits dans lesquels elle estime avoir un rôle à jouer, des conséquences de toutes natures escomptées de telles interventions, et par la confection d’une laisse à étranglement pour le budget de la Défense.

(8)    … en référence à l’une des nombreuses métaphores colorées utilisées (tout à fait sérieusement !) par le lascar. En l’occurrence, l’expression pouvait être traduite par : « la décision a été prise », ou encore  « le dossier est sur la table ».

“All we are saying is give peace a chance…”

« Noir Océan », le nouveau film de la Belge Marion Hansel, vient de sortir. Il s’agit d’une plongée dans l’intimité des jeunes marins envoyés en 1972 par « Pom-Pompidou » dans le magnifique atoll de Mururoa, au sud-est de Tahiti, dans ce qu’il a été convenu d’appeler la Polynésie française, dans le cadre d’essais nucléaires grandeur nature. La même année furent engagés par Nixon et Brejnev les fameux pourparlers SALT (pour « Strategic Arms Limitation Talks »), prolongés dans les années ’90  par les traités bilatéraux START (« Strategic Arms Reduction Treaty »).

L’initiative était née de la prise de conscience, un peu tardive, que le complexe militaro-industriel, une expression d’Eisenhower et une réalité grandissante contre laquelle ce dernier, un républicain et un ancien général pourtant, avait mis ses successeurs en garde, à la fin de son mandat, avait rendu possible la constitution d’un arsenal nucléaire capable de détruire jusqu’à trente fois la planète et qui grevait lourdement les budgets des deux grandes puissances d’alors, allant jusqu’à provoquer – selon nombre d’historiens – le déclin et le démantèlement du conglomérat bolchevik.

En ce qui les concerne, les Soviétiques ne se sont pas gênés non plus en matière de tests nucléaires : certaines régions de l’extrême Oural, y compris dans l’océan arctique, en seraient devenues impraticables pour plus de 100.000 ans (oui, oui, cent mille ans !). Les Etats-Unis ont, quant à eux, plombé le désert du Nevada pour une période équivalente. Pensez-y la prochaine fois que vous allez au casino…

La France, elle non plus, n’était donc pas en reste. Pour ceux qui ont la mémoire courte, le président Chirac avait d’ailleurs, lui aussi, décidé, à peine entamé son premier mandat, en 1995, de relancer une série de tests nucléaires à Mururoa, qui avaient pour but, disait la Grande Muette, de permettre une miniaturisation desdites « armes stratégiques », provoquant l’indignation de nombreux autres pays et d’innombrables ONG, Greenpeace en tête. C’est pratique : c’est loin de chez nous, et puis, il n’y avait objectivement aucune raison que ces Polynésiens bénéficient de paysages paradisiaques sans contribuer à l’effort de défense « national »…

Les traités START entre la Russie et les U.S.A. étaient supposé prendre fin en décembre 2009, mais, en raison de désaccords qui portent notamment sur le bouclier anti-missiles promu par l’OTAN (1) mais vivement contesté par la Russie, l’accord qui devait prendre le relais des traités antérieurs n’a pas encore vu le jour, de telle sorte que, un peu à l’image de ces centrales nucléaires dont certains gouvernements européens ont décidé la prolongation artificielle de la durée d’utilisation – à coup sûr un cadeau pour les générations futures (2)– l’application desdits traités a été prolongée pour une durée indéterminée.

On ne sait dans quelle mesure la Strategic Defence Initiative, aussi connue sous le surnom plus glamour de « Star Wars », lancée en ’83 par l’acteur de westerns choisi pour jouer le rôle d’épouvantail cowboy et adversaire résolu de l’ « Evil Empire » soviétique, s’inscrivait dans lesdits traités. « Secret Défense », sans doute…

La paranoïa délétère et réciproque qui régnait entre l’URSS et les USA a contribué, sous l’impulsion de l’Inquisiteur général fascistoïde  McCarthy notamment, à instaurer un climat d’angoisse qui a rendu possible les pires débordements… une leçon de l’Histoire qu’il s’agit de se rappeler alors que se profile l’hydre du Tea Party, qui a remporté les dernières midterms de façon éclatante et ne limite pas sa plate-forme à une réduction a minima de l’Etat, un autre dada de The Hellcat, en son temps…

Parmi ces débordements (et c’est un euphémisme !), les expérimentations nucléaires inhumaines et tout simplement sidérantes (injections de plutonium, d’uranium ou d’autres matériaux radioactifs, parfois à fortes doses, irradiation, etc.), menées sur des patients non informés et sciemment trompés par plusieurs hôpitaux et cliniques (militaires, mais aussi universitaires) aux Etats-Unis dès le lancement du tristement célèbre « Manhattan Project» (qui aboutira aux bombardements d’Hiroshima et Nagasaki) jusqu’aux années ’70. Des bébés, des femmes enceintes, des prisonniers (souvent noirs) ont ainsi fait les frais, à leur insu, de recherches qui ont sans doute permis, à moyen terme, le développement de la médecine moderne, mais qui avaient un caractère absolument illégal et amoral.

Aux agités anti-conspirationnistes rabiques, il ne s’agit pas ici de fantaisies délirantes (encore qu’un esprit profane pourrait être tenté de le penser, tellement il a été fait peu de cas des droits fondamentaux de ces personnes), mais de la triste réalité des faits, telle que détaillée dans les innombrables rapports et documents secrets qui ont été déclassifiés depuis lors (3) et ont fait l’objet, au milieu des années ’90, sous la présidence de Bill Clinton, des travaux de l’Advisory Committee on Human Radiation Experiments. Et il est bien sûr plus que vraisemblable que les autorités des Etats-Unis ne soient pas les seules à porter cette tache indélébile dans leur conscience ; les archives d’autres Etats sont sans doute juste plus difficiles à percer à jour…

Par ailleurs, il est de notoriété publique que les tests nucléaires (aux Iles Marshall, en ce qui concerne les US, en Sibérie pour l’URSS, en Polynésie pour la France, comme on l’a vu) avaient également pour but de mesurer l’impact des radiations et des retombées radioactives sur les soldats et les populations locales, l’objectif étant sans doute d’établir s’il serait possible à l’Humanité de survivre à une guerre nucléaire de grande ampleur.

Dans son film, Marion Hansel « corrobore », en tant que modeste cinéaste, le culte du secret qui entourait ces expérimentations : les jeunes marins qui étaient renvoyés en France suite à des troubles divers provoqués par leur exposition à des radiations nucléaires qui dépassaient largement la norme n’avaient même pas le droit de consulter leur dossier médical ! Complot, disiez-vous ?…

Il aura fallu attendre 2009 pour voir le ministre français de la Défense d’alors reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans cette abjecte aventure et débloquer une maigrelette enveloppe destinée à indemniser les victimes. Mais quels soldats se verront-ils conférer le statut de victimes, et selon quels critères ? Et que dire des populations civiles exposées elles aussi à l’insu de leur plein gré ? Voilà un dossier que ne manquera pas de traiter avec tout le sérieux qu’on lui prête le successeur d’Hervé Morin à la Défense, le « vétéran » Alain Juppé, dont de mauvaises langues disent qu’il regrette déjà d’avoir accepté son maroquin…

La leçon de tout ce gâchis ? Elle me paraît évidente : il y aura toujours, dans tous les recoins du globe, de sombres crétins qui seront convaincus qu’un prétendu intérêt supérieur justifie de traiter les êtres humains comme de la matière inerte et de bafouer leurs droits élémentaires d’hommes et de femmes libres. Ceci doit-il nous encourager à imaginer des complots partout, même où il n’y en a pas ? Certaines vociférations, complètement irrationnelles, dégagent un parfum nauséabond, mais cela ne doit pas nous empêcher d’être vigilants, car la résignation intellectuelle n’est jamais bonne conseillère !…

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(1) Souvenons-nous que, lors de la vente par la France de centrales nucléaires à la Lybie du Tout-Tout-Grand-Leader-Visionnaire-Et-Démocrate Kadhafi, accueilli en grandes pompes à Paris car adjuvant de la balance commerciale et bien utile à certains, par ailleurs, pour juguler l’immigration méridionale aux portes de l’Europe, Louis de Funès avait affirmé disposer d’outils tactiques pour bloquer le fonctionnement desdites centrales à distance…

(2) Soit dit en passant, le Parlement a été dissout avant que ne puisse être entériné l’accord conclu entre le gouvernement Leterme et GDF Suez à cette fin… Il devra donc être renégocié.

(3) lire notamment :

– Wayne D. LeBaron, America’s nuclear legacy, Nova Publishers, 1998

– Wolfgang Uwe Eckhart, Man, Medicine and the State : the human body as an object of government sponsored medical research in the 2Oth century, Franz Steiner Verlag, 2006

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