Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 2/ les USA, une société fasciste ?

Ne nous méprenons pas : l’objet de notre critique dans cette série de posts que nous avons décidé de consacrer au néo-impérialisme américain, qui trouve sa genèse dans le présomptueux « Project for a New American Century (PNAC)», pondu par les Wolfowitz et autres Rumsfeld, de sinistre mémoire (1), peut être partagé par la majeure partie du peuple américain lui-même : comment expliquer, en effet, que des dizaines de milliards de dollars – la somme exacte est inconnue des intéressés eux-mêmes, comme nous le verrons ci-après – soient dépensées en services de renseignements de toutes sortes dont même ceux qui en ont la charge contestent l’efficacité, ceci alors que, comme vous le verrez dans le post du 19/05/12, plus particulièrement le reportage de la BBC intitulé « Poor America », de plus en plus de citoyens américains de la classe moyenne voient s’effondrer leur train de vie, certains étant même contraints de dormir sous les ponts.

La plupart des Européens ont grandi, depuis les eighties, sous une influence culturelle nord-américaine omniprésente et une soumission politique inconditionnelle à l’oncle d’outre-Atlantique. Rejeter cette influence en bloc est insensé car cela signifierait, pour eux, se défaire d’une partie d’eux-mêmes. Ce blog fourmille d’ailleurs de trailers de films hollywoodiens, et plus encore de musiques underground produites le plus souvent aux States. Que les ados du siècle dernier refusent de jeter le bébé avec l’eau du bain n’équivaut pas pour eux, contrairement à ce que nous entendons parfois, souscrire à la vassalité politique, qui ferait partie d’un package, dans la mesure où, à l’opposé de la soupe dégénérée servie aux ados du siècle actuel, une large majorité des œuvres du XXe contenaient en elles les germes de la contestation à l’égard du système américain lui-même ! Sans doute est-il là, le génie américain !… Que l’on songe, par exemple, aux textes rageurs de Zack de La Rocha, frontman de Rage Against the Machine, qui jamais, lors de ses concerts, ne manque une occasion d’égratigner la CIA, ou encore, plus largement, à la multitude d’Américains qui se sont ralliés au mouvement Occupy Wall Street !, parmi lesquels l’organisateur du très populaire festival de rock underground Lollapalooza, Perry Farrell, par ailleurs frontman de l’excellent Jane’s Addiction…

Notre propos n’est donc pas là : seuls ceux qui ne connaissent rien aux Etats-Unis critiquent ceux-ci en bloc, dévoilant ainsi leur méconnaissance du sujet. Les Etats-Unis ne sont pas un bloc ! Il n’y a pas que les fous furieux du Tea Party aux Etats-Unis ! Les Etats-Unis, malgré le phénoménal écart qui existe entre le peuple et ses élites, qui rend la prise de décision souvent encore plus opaque que chez nous et explique pour partie le taux d’abstention record lors de la plupart des élections, ainsi que la quasi-mainmise de lobbies affairistes sur le Congrès – comme c’est encore le cas en ce qui concerne les minables tentatives de repeal, c’est-à-dire de retrait, de la loi qu’Obama, lorsqu’il avait les coudées plus franches, avait courageusement fait voter pour permettre à tous, y compris aux plus démunis, l’accès aux soins de santé – sont indéniablement une belle et grande démocratie, en tout cas au sens inachevé et très, très perfectible où nous l’entendons aujourd’hui…

Stricto sensu, parler de fascisme américain, a fortiori de nouveau fascisme américain, n’a donc aucun sens, les USA n’ayant jamais jusqu’à présent, à l’exception peut-être de l’ère Bush Jr., traversé de période fasciste. Toutefois, ce sur quoi nous tentons dans cette série d’attirer l’attention, ce sont les dérives antidémocratiques que permet, voire favorise, précisément un tel libéralisme politique, dans lequel un chat ne retrouverait plus ses petits.

Soyons lucides : le président américain, et avec lui le Congrès, sont loin de contrôler tout. Certes, conformes à leur impérialisme prétendument émancipateur, en dépit de ce que l’on continue d’enseigner contre toute évidence à de nombreux petits élèves américains, et fidèles, en outre, à leur mentalité de pseudo-porte-étendard de la liberté mondiale, qui résultent bel et bien d’une direction et de choix politiques, les Etats-Unis sont tout sauf les enfants de chœur dont ils ne résistent pas de se parer, de temps à autre, des atours. Mais au-delà de cette arrogante tentation de faire tourner le monde à eux seuls, un danger – peut-être plus important encore – guette, un danger auquel le peuple américain lui-même est exposé en première ligne, et qui est consubstantiel au libéralisme politique du pays (2), à son anti-jacobinisme, à son anti-centralisation (laquelle se marque par le grand pouvoir, justifié historiquement, qui est dévolu aux Etats qui composent l’Union), c’est le morcellement du pouvoir, la possibilité pour l’un ou l’autre groupe donné, pour tel ou tel groupement phalangiste, pour d’obscurs adorateurs de divinités païennes ou ultra-chrétiennes par exemple, de contrecarrer, fût-ce, le cas échéant, sous couvert de l’alibi de la « plausible deniability » (3), l’autorité des pouvoirs constitués afin de mettre en œuvre un agenda politique et / ou financier qui leur est propre et ainsi, peut-être, poser les bases d’une société beaucoup moins libre qui pourrait, à terme, s’approcher du totalitarisme.

A cet égard, le document qui suit, un reportage de l’émission « Frontline », de la très professionnelle chaîne publique américaine PBS, est édifiant à plus d’un titre. Consacrée à l’entrelacs d’agences de renseignement qui ont poussé comme des champignons depuis les attentats de 2001, l’enquête révèle en effet, outre l’obsession du fichage qui caractérise désormais les USA (et pas eux uniquement !), une évolution des plus inquiétantes, une faille béante en fait, dans le réseau de protection national américain, à telle enseigne qu’elle pourrait, pour un esprit mal tourné, être à l’origine d’éventuelles vulnérabilités, de possibles attentats futurs sur le sol américain.

En guise d’illustration, voici quelques propos significatifs de hauts responsables américains du renseignement qui tous avouent très cyniquement être complètement dépassés par la machine mise en branle sous Bushito

L e documentaire est disponible en fin de post. Enjoy, if you can !

Michael Hayden, Ancien directeur de la NSA et de la CIA et Général 4 étoiles e.r . :

« Je ne pourrais raisonnablement prétendre savoir tout ce qui s’y passe. Je pense que quelqu’un a dit que seul Dieu connaissait tous les programmes spéciaux. Je pense que c’est vrai. Est-ce une bonne chose ? Probablement pas. Est-il possible de l’éviter ? Probablement pas.

[…]

J’ai été au service du gouvernement [américain] pendant quarante ans, principalement dans le renseignement. Jamais je ne vous affirmerais que j’en connaissais toutes les entités. » (4)

Thomas Kean, Président de la commission du Congrès américain consacrée aux attentats du 11/09/01

« Le Congrès n’assume pas sa tâche de supervision, et il admet lui-même ce dysfonctionnement. Dès lors, qui prend les décisions et où se prennent-elles ? Elles le sont dans les 17 différentes agences de renseignement, et personne n’en assure la coordination. Par conséquent, le gonflement des budgets est inévitable, au même titre que les redondances. » (4)

_______

(1) Souvenez-vous, il s’agit de ce sale personnage hautain, à l’appartenance au KKK (ou à ses succédanés) présumée, qui avait eu l’outrecuidance de s’adresser sur un ton menaçant au Parlement européen comme à une troupe de cirque, à l’aube de l’aventure irakienne… Le PNAC, quant à lui, visait tout aussi présomptueusement à assurer la domination séculaire des Etats-Unis sur le monde.

(2) Ce libéralisme est cependant battu en brèche par la constitution d’une administration du renseignement pléthorique : le reportage qui suit révèle en effet que 800.000 employés américains disposent d’une higher security clearance, c’est-à-dire d’un accès à des renseignements privilégiés.

(3) Souvent utilisée par les auteurs de scénarios hollywoodiens, cette ficelle permet à des groupes, militaires ou autres, de mener des actions spécifiques de manière covert, c’est-à-dire officieuse, parfois sans même que les élus en aient eu vent au préalable, donc sans même qu’ils n’aient eu à donner leur aval.

(4) Traduction libre

Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 1/ HAARP

« Le Programme HAARP

Science ou désastre? »

par Luc Mampaey, attaché de recherche au GRIP

Le texte ci-dessous est un résumé du Rapport du GRIP 98/5. Ce rapport a obtenu le Prix Philippe Bourdeau décerné par l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire (IGEAT) de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) pour récompenser un travail de fin d’études présenté en vue de l’obtention du DES en Gestion de l’Environnement (année académique 1997-98).

« Sur un site du département américain de la défense (DoD) à Gakona, en Alaska, l’U.S. Air Force et U.S. Navy ont entrepris, en 1993, de faire construire une station de recherche sur les propriétés de l’ionosphère d’une puissance jusqu’ici inégalée: c’est le programme HAARP, High Frequency Active Auroral Research Program.

Pure recherche scientifique affirment les militaires; étape supplémentaire et risquée dans les tentatives militaires de manipuler l’environnement à des fins hostiles, rétorquent quelques scientifiques et des organisations écologistes ou pacifistes.

A première lecture, rien ne distingue pourtant HAARP des installations de recherches ionosphériques déjà en fonctionnement. Sauf le gigantisme des puissances évoquées, et le contrôle exclusivement militaire du projet. D’où les inquiétudes et la perplexité qu’il suscite, amplifiées encore par la langue de bois, ou les silences, des autorités militaires. HAARP n’est-il que la partie émergée de nouveaux projets militaires, préludes à une nouvelle course aux armements? HAARP risque-t-il de provoquer des dommages irréversibles ou majeurs à l’environnement? Ou bien n’y a-t-il vraiment aucune raison de s’inquiéter?

Les modifications de la biosphère à des fins militaires, ou à d’autres fins hostiles, sont interdites par une Convention de 1977, dite la Convention ENMOD. Pourtant, le concept de Environmental Warfare fait bien partie du langage et des manuels militaires. Depuis le début des années 90 cependant, alors que se développe aux Etats-Unis une Revolution in Military Affairs (RMA) sensée adapter les forces armées à leurs missions du 21ème siècle, les références aux techniques de modifications environnementales se multiplient.

Ces nouvelles missions, ou Future Warfare, reposent sur une domination dans l’air et dans l’espace, et nécessitent une maîtrise optimale de l’information, de l’environnement et des moyens de communication, ainsi que de nouvelles classes d’armes à énergie dirigée. Vue sous cet angle, une intensification des recherches militaires sur les propriétés ionosphériques et les ondes électromagnétiques n’a rien de surprenant.

Il n’en fallait pas davantage pour propulser le Programme HAARP au coeur d’une controverse, qui finit par franchir l’Atlantique. Ce travail propose d’en faire le point.

La première partie rappellera certaines notions élémentaires de physique et de chimie de l’atmosphère. Ces rappels fondamentaux permettront de mieux comprendre ce qu’est l’ionosphère et l’importance qu’elle revêt, notamment pour les opérations militaires. La deuxième partie s’intéressera au concept et aux définitions de l’Environmental Warfare ainsi qu’aux règles de droit international qui s’y appliquent. La troisième partie s’intéressera au Programme HAARP proprement dit: la description du programme, la procédure d’impact sur l’environnement, son inscription dans un contexte historique et militaire, et la confrontation des points de vue à son égard.

HAARP est un programme scientifique. Aux mains des puissants, il peut cependant conduire au progrès comme à l’oppression et au désastre. Sans préjuger des intentions finales des Etats-Unis, et reconnaissant que ce travail émet plusieurs hypothèses, et relaye certaines spéculations, il s’avère fonder d’affirmer que le programme HAARP, en synergie avec d’autres programmes militaires, peut conduire à des déséquilibres dangereux pour l’environnement et les populations. »

Site de la Marine américaine : http://server5550.itd.nrl.navy.mil/projects/haarp/

Rapport du Parlement européen – 28 janvier 1999 (A4-0005/99)

Extraits:

« […] vu l’audition sur le projet HAARP et les armes non létales convoquée à Bruxelles, le 5 février 1998, par la sous-commission “sécurité et désarmement” de la commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense,

R.  considérant que la recherche militaire porte actuellement sur la manipulation de l’environnement à des fins militaires, et ce en dépit des conventions existantes; c’est le cas, par exemple, du système HAARP basé en Alaska,

24.   considère que le projet HAARP (High Frequency Active Auroral Research Project), en raison de son impact général sur l’environnement, est un problème d’une portée mondiale et demande que ses implications juridiques, écologiques et éthiques soient examinées par un organe international indépendant avant la poursuite des travaux de recherche et la réalisation d’essais; déplore que le gouvernement des États-Unis ait à maintes reprises refusé d’envoyer un représentant pour apporter un témoignage sur les risques que comporte pour l’environnement et la population le projet HAARP financé actuellement en Alaska, durant l’audition publique ou à l’occasion d’une réunion subséquente de sa commission compétente;

25.   demande à l’organe chargé de l’évaluation des choix scientifiques et techniques (STOA) d’accepter d’examiner les preuves scientifiques et techniques fournies par tous les résultats existants de la recherche sur le programme HAARP aux fins d’évaluer la nature et l’ampleur exactes du danger que HAARP représente pour l’environnement local et mondial et pour la santé publique en général […] »

Breivik et la RTBF : incompétence, information orientée et / ou «médiamensonges»

La première chose que l’on vous apprend dans toute école de journalisme digne de ce nom, c’est qu’il convient de distinguer un fait, c’est-à-dire une information, d’une opinion, c’est-à-dire d’un avis, partial.

Nous ne reviendrons pas ici sur le sempiternel débat autour de l’objectivité de l’information : mythe, horizon impossible, farce ou, au contraire, idéal, voire réalité. Si vous vous trouvez face à quelqu’un, assis derrière une table et que sur cette table se trouve, à la gauche de votre interlocuteur, un verre d’eau, cette gauche sera pour vous droite…

Dans ce blog, il est question d’opinions : la brève présentation introductive ne laisse planer aucun doute à ce sujet. Cependant, une opinion n’a pas à être par essence mal échafaudée, ni à se baser nécessairement sur des ragots, des approximations, ou encore des projections personnelles. C’est en tous cas ainsi que, post après post, nous avons conçu ce lieu de partage.

Nous sommes convaincus, en effet, que la recherche et la vérification de faits est, ici comme dans n’importe quel média traditionnel qui se respecte, un impératif à l’aune duquel se mesure l’intégrité du bloggeur (de la bloggeuse). Avons-nous pour autant décidé de nous limiter à une analyse classique des sujets que nous abordons, en optant pour ce qu’en photographie, on appelle un plan moyen en vis-à-vis (1) c’est-à-dire, en somme, pour le politiquement correct et en s’interdisant, au départ de certains faits, d’échafauder des hypothèses ? Ceux qui nous lisent connaissent la réponse à cette question…

Nous avons tenté de privilégier, le plus souvent, une approche globale qui situe le sujet dans une perspective, et dont l’analyse a pour point de départ un angle d’observation rarement en vis-à-vis, ceci non pour biaiser ladite analyse, mais, au contraire, pour permettre à celle-ci de retirer de la matière étudiée une substantifique essence plus abondante… Pratiquement, si vous posez à quelqu’un de manière directe une question délicate (exemple : as-tu déjà sodomisé ta femme ?), il est probable, en effet, que la réponse que vous recevrez ne soit pas à la hauteur de la vérité que vous en attendez…

Dans cette optique multi-angulaire, la juxtaposition et la comparaison des sources est primordiale. En matière d’actualité, celles-ci peuvent se décliner notamment par une analyse comparative du traitement que plusieurs médias réservent à une information donnée.

A cet égard et à beaucoup plus d’un titre, le cas Breivik, ce détraqué méthodique qui vient de plonger la Norvège dans l’horreur, est particulièrement exemplatif. Nous vous proposons donc ci-après une brève étude comparative de la manière dont trois émissions différentes (le JT de 19 heures de la VRT, chaîne publique belge flamande, son homologue de la RTBF, chaîne publique belge francophone, ainsi que « C dans l’air », émission de débats quotidienne diffusée par la chaîne publique française France 5 (2)) ont présenté l’organisation du tueur de masse, ceci après un bref rappel des faits…

Les Faits

Dans un manifeste de près de 1500 pages, Breivik narre sa haine du multiculturalisme (3), du marxisme, de l’islam et de ce qu’il décrit comme l’immigration « troyenne » en Europe des tenants de ce dernier. Il y annonce, en outre, une mythique déclaration d’indépendance européenne (vis-à-vis de la selon lui néfaste influence musulmane), dont le tocsin serait sonné en 2083, et déclare explicitement, sceaux et logos à l’appui, faire partie d’un réseau, nommé « Knights Templar », soit « Chevaliers Templiers ». Il établit également une liste chiffrée de ses contacts « templiers » à l’étranger, dont un en Belgique. Enfin, il explique par anticipation son acte meurtrier comme l’amorce désagréable mais nécessaire de « l’agenda 2083 » qu’il promeut. Outre le meurtre de huit personnes dans un bâtiment ministériel, dont au moins les vitres ont été soufflées par l’explosion de sa bombe, Breivik a provoqué la mort de soixante-huit autres, qu’il a abattu de sang froid et à bout portant sur l’île d’Utoeya, où il est resté près d’une heure et demie.

L’analyse de l’organisation des tueries, telle qu’effectuée par le JT de la VRT

Après avoir indiqué que le député du Vlaams Belang (parti flamingant d’extrême-droite) Tanguy Veys avait reçu, une heure et demie avant les attentats d’Oslo, un mail annonciateur de Breivik, lequel contenait un lien vers le manifeste, tel qu’en a fait état le premier nommé vers midi aujourd’hui, tant par l’entremise d’un communiqué que via Twitter, Wim De Vilder, le présentateur du journal reçoit en plateau André Van Dooren, le directeur de l’OCAM (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace) pour une interview sensiblement plus longue qu’à l’accoutumée.

Q : savez-vous qui est le Belge mentionné par Breivik comme contact dans son manifeste ?

R : aucune idée ! Le document est analysé minutieusement par les services de renseignement et de police : plus de 1500 pages, ça requiert un certain temps, mais cela doit absolument être analysé.

Q : il semble qu’il ait agi seul, mais malgré tout, il ressort d’enquêtes similaires que de tels « loups solitaires » peuvent souvent compter sur l’appui de réseaux virtuels…

R : il faut rester extrêmement prudent à ce stade, les nouveaux faits et nouvelles informations que nous recueillerons dans les jours et semaines qui viennent nous permettront de déterminer s’il a bel et bien agi seul. S’il était effectivement seul au moment de l’attentat, n’a-t-il pas pu compter sur des complices pour d’autres aspects de l’opération, qu’il s’agisse de la logistique, du repérage, etc. ? Les services secrets norvégiens se posent eux-mêmes des questions à ce sujet. A ce stade, il apparaît comme un loup solitaire. Mais il n’est absolument pas exclu qu’il ait eut des contacts, tant avant qu’après les attentas.

Fidèle à sa tradition, qui consiste à ne rapporter que les faits, et les faits uniquement, tout en s’interrogeant sur les scénarios possibles, ce qui la rapproche de sa grande inspiratrice en la matière, à savoir la BBC, la VRT a ici résumé l’ensemble des pistes qui restent ouvertes à ce stade quant à l’organisation du tueur, ne privilégiant ni le scénario du lone wolf, ni celui du pion dans un plus vaste échiquier. En l’absence d’éléments tangibles issus d’investigations journalistiques plus approfondies (qui n’ont bien sûr pas encore pu avoir lieu) ou des enquêtes entamées tant par la police que les services secrets, et considérant les réserves émises par les responsables belges de l’analyse terroriste prospective quant à la certitude de tel ou tel scénario à ce stade, cette manière de traiter l’information n’était-elle pas la seule rationnelle ?

L’analyse de l’organisation des tueries, telle qu’effectuée par le JT de la RTBF

Dans l’une des séquences consacrées à la tragédie, un journaliste évoque les jeux vidéo, qui auraient servi de référence au suppôt de « l’ordre aryen nouveau », avant d’effectuer une comparaison avec plusieurs tueurs solitaires qui ont endeuillé l’histoire belge ces dernières années, notamment le psychopathe Hans Van Themsche, qui, il y a cinq ans, a froidement abattu plusieurs personnes en rue et en pleine journée, à Anvers. « La paranoïa », résume le journaliste, « est un trouble délirant, un trouble de la personnalité qui se développe progressivement. Breivik se serait senti persécuté et investi d’une mission. » Au même moment, la vidéo affiche le sigle des « Knights Templar »… La conclusion du journaliste est pourtant d’ordre affirmatif et sans appel : « Anders Breivik, un solitaire narcissique devenu un assassin sans pitié… »

Brigode, l’homme-tronc de la RTBF, évoque alors le passage que Breivik consacre à la Belgique, sans mentionner ni le contact belge repris de manière non nominative par Breivik dans son manifeste, ni le fait que Veys ait reçu ce dernier par mail personnel, alors que cette information était connue depuis le midi, et que la VRT en faisait état, une demi-heure auparavant.

S’ensuit une interview différée d’André van Dooren, qu’avait déjà interviewé la VRT (cf. supra), dans laquelle un autre journaliste se garde bien de poser au « Monsieur Anti-Terrorisme » belge la moindre question sur quelque réseau que ce soit auquel aurait pu appartenir Breivik. Est interviewé par ailleurs, Alain Winants, le directeur de la Sûreté de l’Etat belge : « nous savons que l’intéressé a envoyé son manuscrit, son pamphlet, à plusieurs personnes dans plusieurs pays d’Europe, dont soit-disant aussi à des Belges. Nous allons bien sûr vérifier de qui il s’agit. » Cette interview était introduite par le journaliste dans les termes suivants : « A la sûreté de l’Etat, on peut le confirmer : à ce stade de l’enquête, aucune connexion avec des citoyens belges ! »

Quand donc cet entretien a-t-il été enregistré ? Pourquoi ne même pas mentionner le communiqué du député d’extrême-droite, rendu public vers midi et relayé par la VRT, qui établit bel et bien un lien avec au moins un citoyen belge ?

Enfin, une énième séquence est consacrée au chronométrage du délai de réaction qu’il aura fallu à la police norvégienne pour se rendre sur l’île d’Utoeya, où ont été massacrés 68 adolescents. Cette séquence se conclut par un avis mesuré et non tranché.

L’analyse de l’organisation des tueries, telle qu’effectuée par « C dans l’air » (France 5)

Yves Calvi se la dorant douce sur l’une ou l’autre plage ensoleillée (information non vérifiée, toutefois), c’est l’un de ses confrères, quasiment aussi pugnace, qui accueillait, ce 25/07, un panel de quatre invités venus s’exprimer sur un sujet intitulé : « Norvège, était-il seul ? » Il s’agit donc d’une interrogation, alors que nous avons pu voir que le JT de la RTBF se permettait de trancher (une question d’omniscience, sans doute…).

Ledit panel d’invités était composé de :

–          L’inénarrable Alain Bauer, ancien GM du GOF, criminologue et présenté en outre comme consultant , qui, sur base du dernier rapport d’Europol concernant le terrorisme, a rappelé que, l’année dernière, sur 100 attentats en Europe, 3 étaient dus à l’islamisme, la radicalisation, l’extrémisme et les mouvements politiques régionalistes étant responsables du solde, très majoritaire ;

–          Jean-Pierre Bouchard, psychologue et criminologue, qui, quant à la personnalité et au comportement du tueur, se méfie, contrairement aux psychologues à la petite semaine interrogés par la RTBF (un exercice pseudo-scientifique dont nous gratifie régulièrement cette dernière chaîne),  des « interprétations psychologiques de comptoir » ;

–          Dominique Reynié, politologue ;

–          un certain Roland Jacquard, ancien journaliste, essayiste et aujourd’hui consultant pour l’Observatoire international du Terrorisme, qui s’était déjà illustré dans une émission précédente en faisant passer pour une dangereuse somme terroriste la traduction arabe d’un manuel de programmation du langage informatique C++, n’en présentant que la page de garde…

Une correspondante norvégienne intervient en outre de manière épisodique durant l’émission, ponctuée de questions de SMS posées par les téléspectateurs.

D’entrée de jeu, le journaliste donne le ton, après avoir rappelé la haine de l’islam et du marxisme, ainsi que la fascination pour les croisades de l’intéressé (pour qui l’affranchissement de l’Europe par rapport à l’islam ne peut passer que par une révolution), en posant quelques questions incisives inspirées par l’évidence : Breivik avait-il un but politique ? Etait-il seul ? Peut-on coordonner seul une telle opération (rappelant que le tueur revendiquait son appartenance franc-maçonne) ?

N’excluant pas, lui non plus, l’influence néfaste de certains jeux vidéo et tentant un parallèle avec « l’Unabomber », qui a, par ses divers colis piégés, fait trembler les Etats-Unis de longues années durant, Reynié nous a rappelé le profil de l’extrême-droite norvégienne (qui s’est déclarée, elle aussi, indignée par les attentats, mais est-ce surprenant ?), celui d’un parti, le Parti dit du Progrès (4) qui, selon lui, n’est pas antisémite, n’a pas de référence théologique, dispose d’un programme ultralibéral et mondialiste et ne souhaite même pas l’expulsion des immigrés, un profil à son estime incompatible avec l’agenda de Breivik. A la question d’un téléspectateur quant à savoir s’il ces tueries relevaient du fait divers ou d’un acte révélateur de nouvelles peurs en Europe du Nord liées à la présence d’immigrés, le politologue répond : « sans aucun doute la réponse B »… Reynié n’exclut d’ailleurs pas que Breivik suscite désormais « un culte sombre » (5).

 Jacquard, se basant notamment sur l’étendue du travail de préparation qu’auront requis ces attentats et sur la puissance de la bombe utilisée, est, quant à lui, d’avis que Breivik a probablement bénéficié de soutiens. Selon lui, il serait intéressant de déterminer de quelle unité de l’armée norvégienne le fou furieux faisait partie…

 Jean-Pierre Bouchard a rappelé la minutie de la préparation des attentas, signalant que Breivik avait été jusqu’à consulter le Livre des Poisons, de Cratévas, le médecin personnel de Mithridate VI…

Mais c’est sans doute Alain Bauer, pour qui Breivik est plutôt un condensé de Ted Kaczynski et de Timothy McVeigh mu par des motivations politiques ou religieuses, qui a été ici le plus franc et le plus clair, particulièrement dans sa réponse aux questions de téléspectateurs qui, sachant que Breivik avait été en relation (au moins via internet) avec plusieurs personnes qui partagent son idéologie au Royaume-Uni, s’interrogeaient sur l’existence éventuelle d’un réseau anglais, mais aussi sur la réalité de loges maçonniques d’extrême-droite en Norvège. Laissons la parole à l’expert :  « dans son formulaire d’adhésion à la Grande Loge de Norvège (qui est la structure conservatrice là-bas [par opposition à la franc-maçonnerie norvégienne éclairée]), il avait indiqué qu’il était chrétien conservateur. […] Dans les fondamentaux de l’ancien parti national-socialiste allemand, une branche avait créé une maçonnerie blanche, aryenne, raciste, antisémite et xénophobe  […] Oui, donc, bien sûr, ça existe. » (6)

Conclusion

S’il est un élément qui ressort clairement de cette courte comparaison focale, c’est que ni la VRT, ni (encore moins) France 5 ne s’interdisent de poser toutes les questions que ce drame appelle et de susciter souvent, d’ailleurs, des réponses intéressantes et éclairantes, tandis que la RTBF décrète, sans le moindre élément de preuve et sans même s’interroger sur quelque autre hypothèse que ce soit – c’est le black-out total en matière de réseaux (une vieille habitude, pour cette chaîne, des tueries du Brabant au meurtre de Cools, en passant par les dossiers de pédophilie, mais, en l’occurrence, cette habitude semble s’amplifier…) – la validité d’une seule hypothèse !

En outre, alors que sa consœur flamande disposait d’informations exclusives, sur les contacts éventuels de Breivik en Belgique (à vérifier, bien sûr, puisque Veys nie le connaître), la RTBF se permet, des heures après la publication du communiqué envoyé par le député d’extrême-droite flamand, de faire l’impasse totale sur cet aspect, tronque l’interview du responsable de l’agence de monitoring du terrorisme en Belgique et diffuse une interview du directeur de la sûreté de l’Etat déjà devenue poussiéreuse entre-temps !!!

Nous voyons à cela trois explications possibles, nullement inter-exclusives :

1/ La RTBF manque de moyens et, par conséquent, une fois un reportage en boîte, il est hors de question de le remodeler pour une édition ultérieure. Cette explication est peu plausible, toutefois, car il est toujours loisible au présentateur de JT, une fois le reportage diffusé, d’apporter oralement les précisions nécessaires…

2/ Les journalistes de la RTBF responsables de l’édition du journal télévisé sont des incompétents notoires.

3/ Echaudée par certaines expériences antérieures, où elle se serait peut-être laissé pousser un peu trop loin par une certaine ferveur populaire matinée de colère contre l’injustice, qui est incontestablement la marque de fabrique de la Belgique corrompue, la rédaction est devenue désormais un agent du système , qui ne s’autorise même plus à faire son job, considérant que sa priorité est « l’ordre social »… S’il en est ainsi, ceci pourrait expliquer le pathos dont tant les reportages que leurs intros regorgent (7), au détriment d’une information de qualité qui apprend quelque chose aux téléspectateurs… Quoi qu’il en soit, si cette RTBF-là avait existé en 1788, nul doute qu’elle aurait, l’année suivante, choisi le camp de l’aristocratie…

Une dernière question pour la route : Breivik est-il vraiment narcissique ? Dans l’affirmative, ce narcissisme n’a-t-il pas eu raison de sa cause ? S’il avait vraiment pour objectif de faire monter la sauce conservatrice et interethnique en Norvège, n’eût-il pas mieux valu qu’il restât en retrait, c’est-à-dire qu’il commette ses attentats de telle manière que la police soit amenée à conclure que c’est Al Qaeda ou quelque autre groupuscule qui en est à l’origine (if you catch my drift…). Sa propre mise en avant par Breivik est la faille de ces attentas. Or, peut-on raisonnablement penser qu’un type qui a, des années durant, préparé minutieusement et jusqu’au moindre détail sa sordide entreprise, ne l’ait pas compris ?…

_________

(1)    Cadrage resserré sur le sujet principal, qui apparaît en entier sur la photo, sans attention pour le décor.

(2)    L’objectif n’est, ici, que de relever la nature des arguments retenus par les différentes émissions en rapport avec l’aspect de la tragédie à laquelle nous nous intéressons en l’occurrence, non d’analyser l’ordre sémantique dans lequel se sont enchaîné les différents reportages y relatifs, dans leurs multiples facettes, ni encore le temps que ces émissions ont consacré au sujet, ni même la structure – même s’il s’agit de son JT, la VRT a choisi d’insérer une séquence de débat-interview assez longue en termes relatifs (plus de quatre minutes, alors que chaque section dudit JT sur internet dépasse rarement la moitié) au milieu de ses reportages et analyses. Ce faisant, nous dépassons la critique qui aurait pu nous être adressée quant à la pertinence de comparer deux journaux télévisés à une émission de débat. Précision complémentaire : toutes ces émissions ont été diffusées le lundi 25/07/11, en soirée (JT VRT : 19 heures – JT RTBF : 19 heures 30 – « C dans l’air » : 17 heures 45).

(3)    Un rejet très tendance ces derniers temps, à en juger par les diatribes récentes de plusieurs hauts responsables politiques européens qui ne peuvent pas, a priori, être suspectés de sympathies terroristes… Ceci pour dire que Breivik surfe sur une vague qui est loin d’être l’apanage de l’extrême-droite, et dont il serait grand temps que la droite classique s’affranchisse !

(4)    Remarquable, tout de même, comme les partis de la droite très dure ont pour habitude, partout en Europe, de mettre en avant leur faux-flambeau de progrès et de liberté (le plus souvent cantonné à leurs initiales).

(5)    Lorsque ces mots ont été prononcés, on a pu remarquer un léger spasme dans la gorge d’Alain Bauer (pour une raison ou une autre assez comparable, soit dit subsidiairement, au nœud dans la gorge de Jacquard lorsqu’en fin d’émission, le premier a évoqué la pédophilie et la traite des blanches…).

(6)    Poursuivons sur cette lancée : peut-on sérieusement envisager qu’après la dissolution du KKK, aux Etats-Unis, ses membres se soient lancés dans de la philanthropie douce ? Quoi qu’il en soit, ils ne se sont pas réfugiés qu’à la NRA : de nombreux groupuscules aux noms redondants et aux titres pompeux (souvent chevaliers de quelque chose) ont émergé, après 1944, dans ce qui était les Etats de la Confédération, notamment – tiens donc… – en Oklahoma…  Le sigle du KKK présente, en outre, de nombreuses similitudes avec celui des « Knights Templar », mis en avant par Breivik… Un KKK dont ferait partie notamment, à en croire de nombreuses sources, un certain Rumsfeld…

(7) Ne nous comprenez pas mal : le délire meurtier suprématiste de Breivik a été un cauchemar pour toutes ses victimes et pour les survivants. Un tant soit peu d’empathie et de mise en contexte permettent de s’en rendre compte. Mais incombe-t-il à un journal télé d’insuffler de l’émotion ou de fournir des informations, qui, si elles indignent suffisamment de personnes, permettent de corriger certaines injustices ?

Belgique : fascisme et pédophilie d’Etat sous Vanden Boeynants, la fin de la rumeur ?…

Il est des histoires que l’on préfère oublier, des histoires qui nous mettent mal à l’aise, rappellent une époque pas si révolue où puissant rimait avec passe-droits, petits arrangements entre amis, impunité d’Etat… L’histoire qui nous occupe se résume en trois lettres, VDB…

Boucher de son état (un métier prémonitoire ?), l’ancien opperbevelhebber des restes du Parti catholique, aux allures de rascal intimidant et de dirty rotten scoundrel à qui aucune mère de famille saine d’esprit ne confierait son enfant, a écrit l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la Belgique.

Fervent partisan, avec d’autres, du réseau Gladio (ce glaive secret d’inspiration italienne qui visait à préparer militairement, via des loges ad hoc, une invasion soviétique et à assurer la riposte), autoritaire, fraudeur notoire et architecte de la bruxellisation, c’est-à-dire de l’incohérence architecturale bétonneuse, Paulo était une erreur de casting, une erreur de l’Histoire, qui n’en a pas moins laissé de grosses taches de merde derrière lui…

Mais, comme il était protégé par tout un système, un système qui a uni son destin à une abjecte confusion de principes, et qu’il pouvait compter sur une armée de nettoyeurs pour couvrir ses arrières, Vanden Boeynants, le ketje autoproclamé, n’a jamais vraiment été inquiété.

Aaah, la rumeur… cette perfide maîtresse ! Tendez quelque peu l’oreille : l’un vous parlera de ballets roses, assez précisément localisés au demeurant, l’autre évoquera des abus de pouvoir manifestes en matière sexuelle, un troisième, enfin, pourrait même vous entretenir de snuff movies pour lesquels des milliardaires détraqués auraient ouvert grand leur portefeuille.

Ces allégations ne sont pas sans rappeler le scandale pédophile portugais de la Casa Pia, mis en lumière en 2003 et qui vient de connaître, l’an dernier, son épilogue, à savoir la condamnation de plusieurs anciens officiels, d’avocats, de médecins, qui avaient pris l’habitude, des années durant, de se servir en orphelins, en enfant handicapés, abandonnés, pour satisfaire leur envie de cul bien ferme ! Courageux Portugal (qui aurait pu aller plus loin, toutefois…) !

L’affaire de la Casa Pia démontre, de manière rationnelle et non ambiguë, que l’existence passée de tels réseaux au sommet de l’Etat n’est pas nécessairement le fruit d’une imagination morbide. Elle nous rappelle aussi que s’il sied de se méfier comme de la peste de toute rumeur – car les propagateurs de rumeurs ont souvent, eux aussi, un intérêt à distiller celles-ci – rejeter par avance et par principe l’hypothèse de son bien-fondé n’est pas scientifique ! Dans le doute, en effet, toutes les portes restent ouvertes, même si, fréquemment, l’esprit humain tend, par facilité, à ne retenir que la possibilité qui arrange le mieux la paix de ses méninges.

Mais quel est aujourd’hui l’intérêt, me demanderez-vous, de remuer merde et cendres, à l’heure où ont été libérés l’essentiel des protagonistes du meurtre de Cools, où l’affaire des tueries du Brabant n’en finit pas de s’enliser dans les méandres de choix judiciaires dès l’entame contestables, et où le dixième anniversaire de la mort du porc vient d’être célébré, en début d’année ? La réponse est simple : de la même manière qu’aux dictateurs, faire comprendre aux auteurs de crimes atroces que ces derniers ne resteront pas sans suite, et que, jusque dans le cercueil, les poursuivront les fantômes de ceux (celles) qui ont été les victimes de leurs méfaits, en guise de contre-exemples pour les générations futures.

Subversion ? Volonté à peine voilée de s’en prendre à l’Etat et à ce qu’il représente ? Mais réveillez-vous donc : l’Etat s’écroule ! Et peut-être s’écroule-t-il précisément parce que ses fondations sont instables ! Attitude irresponsable ? Comme s’il était responsable de couvrir de tels actes, s’ils ont eu lieu, quels qu’en soient les coupables…

Nombreux sont ceux qui, tels des phares dans l’obscurité, guidés par leur humanité, ont voulu connaître le fin mot de cette histoire : tous ont été persécutés dans l’ombre et déviés vers une voie de garage par leur hiérarchie : il y a des choses dont on ne parle pas, des boîtes (de Pandore) que l’on n’ouvre pas ! Il y a des gens, des catégories de gens, à qui on ne touche pas ! Bref, il y a les principes et leur brinquebalante application !

Eh bien, messieurs les censeurs, dussiez-vous ne pas encore vous en être rendu compte : avec Internet, ce temps-là est bel et bien révolu !

Si de pauvres gosses, mineurs sans défense, ont été violés par et / ou tués sur ordre d’un quarteron de pseudo-dignitaires égarés et si cette nouvelle est de nature à précipiter la fin de la Belgique, eh bien, ainsi soit-il !!!

_________________________________________________________________________________

(source : www.raisondetat.forumactif.be)

 “La nébuleuse noire autour de Nihoul: Vanden Boeynants, Demol, de Bonvoisin, Deprêtre

Message par 6clopes le Jeu 25 Fév – 13:11

L’extrême droite se mobilise pour Nihoul: Dis-moi qui sont tes amis…
Herwig Lerouge
22-12-1999
 
Manifestement, beaucoup de gens ont intérêt à ce que la justice ne remue pas trop la boue amassée par le milieu que fréquentait Nihoul à Bruxelles. On ne peut s’empêcher de remarquer l’étrange coalition d’extrême droite pour enterrer les enquêtes qui se dirigent vers les milieux de la droite et de l’extrême droite à Bruxelles. Au milieu de l’année 1997, l’adjudant De Baets et ses collègues réexaminent certains dossiers de meurtres d’enfants ou d’adolescents dans les années 80. L’un de ces dossiers concerne le meurtre de Christine Van Hees, une fille de 16 ans tuée en 1984 dans des circonstances atroces. Dans le dossier de 84-85, De Baets trouve des pistes qui mènent vers le Dolo et ‘Radio Activité’, où Nihoul jouait un rôle important. Les enquêteurs de l’époque n’ont jamais examiné ces pistes.

Immédiatement, c’est le branle-bas de combat. Le procureur-général de Bruxelles fait savoir à la commission Verwilghen qu’il n’est pas question de mettre son nez dans cette affaire. Le juge d’instruction Van Espen écarte De Baets et Bille de l’affaire et le 30 septembre1997, De Baets est inculpé de ‘faux et usage de faux par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions’. Le juge d’instruction bruxellois Pignolet ouvre un dossier contre lui sur base d’une plainte du commandant de gendarmerie Duterme.

L’accusation contre De Baets est fausse. L’affaire est déjà classée. Il existe un procès verbal de cet interrogatoire, il est dans le dossier accessible à tous et aussi au juge Pignolet. Mais suite à cette plainte, De Baets sera écarté de l’enquête sur les X et on ne cherchera plus à savoir ce qui est vrai ou faux dans les déclarations sur l’implication de Nihoul et son milieu dans l’assassinat de Van Hees, ni sur les liens entre Nihoul et Dutroux dans les années quatre-vingt.

Le gendarme et le procureur

Le commandant Duterme est à la base de la chute de De Baets. Ce n’est pas la première fois qu’il arrive à faire écarter des gendarmes qui veulent enquêter sur les agissements de l’extrême-droite chic de Bruxelles.

En 1984, il dirige une équipe de la BSR et de la Police Judiciaire à Nivelles. Il est le bras droit du Procureur Deprêtre, en charge du dossier des Tueurs du Brabant wallon. A l’époque Duterme a écarté les gendarmes Bihay et Balfroid de Wavre. Ils étaient sur la piste des gendarmes d’extrême droite Bouhouche, Beyer, Amory dont on suspecte aujourd’hui qu’ils sont liés aux tueurs. Mais Deprêtre ne veut pas entendre parler de cette piste.

Deprêtre a empêché qu’on enquête sur les ballets roses du Brabant wallon. Il s’agit de partouzes impliquant entre autres l’ancien premier ministre Vanden Boeynants, le général Beaurir (commandant de la gendarmerie à l’époque), l’entrepreneur Blaton et même le roi Albert II, dit-on. Lors des partouzes, un juge de la jeunesse amenait des mineurs d’âge. L’un d’entre eux se serait suicidé.

 
 
 
Deprêtre a également effacé les traces vers les clients et les organisateurs d’un réseau de prostitution lors de la conclusion d’un contrat sur un grand hôpital en Arabie saoudite, l’affaire Eurosystems. A nouveau, l’entourage de Vanden Boeynants et le roi Albert II étaient impliqués.
 
Le commissaire, le baron et le militaire
 
Dès qu’il apprend que De Baets est en difficulté, Johan Demol, l’ancien commissaire de Schaerbeek, ex-membre du Front de la Jeunesse et actuel député Vlaams Blok se précipite chez le juge Pignolet. ‘De Baets a des intérêts dans des bars de prostituées dans le quartier de la Gare du Nord’, dit-il. Accusation fantaisiste. Demol appartenait dans les années 80 au milieu d’extrême-droite que fréquentait aussi Nihoul. Il était membre de la brigade Dyane et sans doute du Groupe G, une cellule fasciste au sein de la gendarmerie, à l’époque de la Bande du Brabant wallon.

Le suivant à se rendre chez Pignolet est le baron noir de Bonvoisin. De Bonvoisin est membre de l’aile droite du Parti Social Chrétien de Vanden Boeynants et financier de l’extrême droite dans les années 80. Il accuse De Baets d’avoir profité d’une perquisition chez lui, dans le cadre d’une affaire de fraude, pour trouver la liste Galopin. Cette liste contiendrait les noms des industriels qui ont collaboré avec les Allemands. Galopin est assassiné en 1944. Le père de De Baets aurait été lui-même un collabo et peut-être avait-il assassiné Galopin, dit-il. Tout faux. Le père de De Baets est un résistant et De Baets n’a pas assisté à cette perquisition chez de Bonvoisin.

Le dernier à contacter Pignolet est André Moyen. Il lui envoie un rapport ‘secret’ sur la vie privée de De Baets. Moyen est un militant d’extrême-droite, anticommuniste actif. Il est lié aux milieux royalistes qui ont assassiné Julien Lahaut. Décidément, l’extrême droite est très désireuse de disculper Nihoul et d’empêcher quiconque de chercher des liens entre les réseaux de prostitution d’enfants.

Le journaliste

Le 12 décembre, l’émission Controverse (RTL) propose un panel sur le thème de la libération de Nihoul. Parmi les invités, le journaliste Philippe Créteur, de La Dernière Heure, grand défenseur de Nihoul.

En mai 1982, Solidaire (à l’époque il s’appelait encore Concret) publie un dossier sur les infiltrations fascistes dans les organisations démocratiques en Belgique. Un des personnages centraux de ce dossier est… Philippe Créteur.

Dans les années 70, Créteur est membre du Front de la Jeunesse, une organisation d’extrême droite qui dispose, depuis 1976 au moins, d’un ‘service de renseignements’. Ce service rassemble des masses d’informations sur des organisations de gauche en Belgique. Dès 1977, des scissions apparaissent au sein du Front. Quelques dissidents, parmi lesquels Créteur, fondent une nouvelle organisation, l’Association Politique Ordre Nouveau (APON), qui se rebaptisera plus tard Mouvement Social Populaire (MSP).

Les fascistes ont bien l’intention de passer à l’action: c’est ce qui ressort de leurs multiples tentatives d’infiltrations dans des organisations de gauche. Ainsi, dès 1978, Créteur reçoit la mission de s’infiltrer dans le Front Antifasciste et dans le Comité Afghanistan. Le PTB le démasque après qu’il ait tenté d’infiltrer la rédaction de Concret.
_______________________

livre: Les dossiers X

Ce que la Belgique devrait savoir au sujet des réseaux de pédophilie et de la gigantesque opération ‘oubliette’ orchestrée par tous les niveaux de l’Etat et par la plupart des médias. Un livre hallucinant, d’une lecture exigeante et néanmoins indispensable.

 
_____________________
 
NB : les inserts vidéo sont bien sûr “de la rédaction”…

C’est la Saint-Brice aujourd’hui !

L’occasion de saluer Hortefö… en lui plantant une main gantée bien à fond dans son sale cul flétri ! Si vous aussi, vous en avez marre de ce sale petit facho, condamné pour injure raciale par un tribunal de la République, mais protégé par Sarkozy, de l’Etat policier, du fichage généralisé, de la DCRI et autres DGSE, FAITES DU BRUIT ! La vermine, on finit toujours par s’en débarrasser !

“La vie secrète des fachos de droite” (librement inspiré de la série de Riad Sattouf)

Entendu mercredi dans les couloirs de la place Beauvau :  

“- Quoi, qu’est-ce que tu dis ? J’entends pas !

– COMPLOT D’ETAT !

– Quoi ?

– Tu paries qu’Oussama ben Fantoche refera surface avant 2012 ? A son âge, il veut pas finir comme Giscard, Funès…

– Allons, voyons… Encore un conspirationniste !…”

Archives

October 2019
M T W T F S S
« May    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Enter your email address to subscribe to this blog and receive notifications of new posts by email.

Join 5 other followers