Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 3/ LA TROISIEME GUERRE MONDIALE, UN DETERMINISME INEVITABLE ?

Suite de notre série entamée par les posts du 21/05/12

La pente qui se dessine devant le monde industrialisé, depuis la crise de 2008, pourrait être bien plus abrupte que certains ne l’imaginent. D’abord sourd et latent, le profond malaise qui agite tant les consciences que les peuples d’Europe et des Etats-Unis, commence aujourd’hui à s’afficher à visage découvert. Mouvement Occupy, effondrement sporadique des bourses, ralentissement économique qui prend des allures de récession, violentes émeutes un peu partout : ces phénomènes pourraient refléter plus que des soubresauts. Ils pourraient, comme d’autres le suggèrent à présent ouvertement, être annonciateurs d’une nouvelle lame de fond. Or, en raison du progrès technique inouï engrangé depuis la deuxième guerre mondiale (1), dont le grand public ne soupçonne pas l’étendue, la destruction qu’une telle vague est susceptible de provoquer serait à nulle autre pareille dans l’histoire, pourtant très sanglante, de l’Humanité.

Une source à l’OTAN m’avait confié, à la veille de l’aventure afghane, que des organisations militaires surpuissantes telles que le Pentagone et l’OTAN avaient entre autres pour mission d’anticiper et d’échafauder tous types de scénarios possibles, y compris celui d’un affrontement thermonucléaire global. Un tel cynisme répond aux objectifs qui leur sont assignés par leur tutelle politique. Si, demain, un pays X faisait l’objet d’un attentat non conventionnel, l’on peut imaginer que la plus haute autorité dudit pays souhaite disposer le plus rapidement possible des outils qui lui permettent de cerner la problématique et d’effectuer en conséquence  les choix qu’elle estimera pertinents.

Ainsi, de plus en plus d’historiens affirment que l’invasion nazie de l’Europe aurait pu être contrée bien avant. Peu suspects de sympathies douteuses, ceux-ci affirment depuis quelque temps, preuves à l’appui, que les appareils politique et militaire anglo-saxons disposaient, dès 1942, de renseignements suffisants pour leur permettre de mesurer les conséquences de la décision funeste prise à Wannsee la même année (2).

Que nous apprend cette information quant aux motifs des alliés ? D’une part, il y a les explications officielles embarrassées, qui consistent en une réfutation de la moindre possibilité d’intervenir à ce moment-là : débarquer dans la hâte aurait pu avoir des conséquences ravageuses sur l’issue du conflit. Selon cette thèse, le 6 juin 1944 constituait la première fenêtre de tir crédible, la première option viable. D’autre part, il y a la ronde de spéculations – certains diraient le secret de Polichinelle – relative à la bienveillance tacite des Alliés quant à la part de la politique nazie qui consistait à contenir l’influence soviétique, une léthargie volontaire qui aurait justifié ultérieurement le soutien britannique inconditionnel à la réalisation du projet de Herzl. Tout cela est connu.

Ce qui a été moins examiné, en revanche, c’est à qui, si l’on ose écrire sans être irrespectueux, a profité le crime du côté anglo-saxon : ni aux classes laborieuses, ni à une classe moyenne embryonnaire. Par conséquent, pour dire les choses crûment, qui sont les représentants de l’élite anglo-saxonne qui se sont enrichis sur le dos des déportés ? Les grandes entreprises allemandes qui ont participé à l’effort de guerre, de Krupp à Siemens en passant par VW, sont loin d’être les seules à avoir conforté leur empire… Au-delà des cas de collaboration notoire de grandes entreprises avec l’envahisseur dans les pays occupés, un sujet explosif qui reste aujourd’hui encore largement tabou, car susceptible de révéler ici et là des fondations économiques pour le moins vacillantes auxquelles seuls quelques esprits ronchons trouveraient encore à redire, il s’agirait de veiller à ne pas oublier la dimension extraordinaire de la manne économique réservée de facto aux libérateurs par l’entremise des plans de reconstruction inévitables, qui prendraient le nom de plan Marshall… Voici un exemple typique des scénarios étudiés par les commandements militaires alliés, à la différence près que le délai pour les imaginer a, comme tout le reste, à travers la globalisation, connu une accélération fulgurante : il s’agit donc d’accepter (ou de s’indigner et de combattre fermement) le fait que nos destins massifiés soient déterminés, selon une logique doublement arithmétique (profit escompté et nombre de victimes supposées) par des maîtres qui n’ont à répondre qu’à d’autres maîtres…

Si les mécanismes économiques contemporains, dont l’absence de rationalité, et même de réflexion prospective, est autrement plus patente qu’en 1929, semblent comparables, à des échelles autrement plus imposantes, à ceux de la crise du second tiers du siècle dernier, il convient toutefois de se garder d’extrapoler de manière trop unidirectionnelle quant aux issues possibles du long tunnel que nous traversons.

En effet, l’Europe d’aujourd’hui n’est pas Weimar : nous ne sortons pas d’une boucherie, et les capitaux et investissements qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau ont des origines très diverses : Chine, Russie (pour le gaz principalement), monarchies pétrolières, et Etats-Unis, bien sûr. Ces derniers ne représentent donc qu’une des quatre roues du carrosse du train de vie européen. L’Europe, pour l’heure largement leur vassale, sur les plans militaire et politique, n’est l’ennemie d’aucun de ces groupes, d’aucune de ces puissances, pas plus qu’elle ne l’est du Brésil ou de L’Inde, appelés, sans doute, à y jouer un rôle plus important ! Elle n’est un bloc monolithique ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, de sorte qu’elle ne représente pas pour celles-ci de danger significatif.

A vrai dire, les Etats-Unis sont dans une position bien plus délicate que le vieux continent. L’acceptation tacite du dollar comme monnaie de référence par le reste du monde, qui permet une inflation incontrôlée (c’est-à-dire la fabrication quasi infinie de monnaie) est, en effet, non une constante, mais une variable. Outre qu’elles permettent à quelques spéculateurs sans scrupules de se payer l’une ou l’autre île exotique sur le dos des peuples, les violentes offensives contre la zone euro ne traduisent-elles pas, de manière beaucoup plus structurelle et profonde, la volonté acharnée des Etats-Unis d’empêcher coûte que coûte que leur sacro-sainte monnaie, leur dieu à eux en quelque sorte, perde ce statut si envié, alors qu’ouvertement, des puissances mondiales de premier plan en appelaient, avant la crise, à son remplacement par l’euro, une monnaie aux fondamentaux (aujourd’hui encore) plus solides, en dépit de la cacophonie politique ?

Ecrivons-le tout net : sans ce statut de référent monétaire, les Etats-Unis, qui se dépatouillaient, en 2011, dans une dette publique littéralement astronomique (et croissante) de plus de 15 billions de dollars (3) (Vous suivez ?), un déficit budgétaire de 8,5 % de son produit intérieur brut (4) (bien au-delà des critères de Maastricht…) et un déficit de sa balance commerciale, en hausse de 12,6 % par rapport à l’année antérieure (5), les Etats-Unis, donc, sombrent immédiatement et irrémédiablement dans le chaos total. A plus ou moins court terme, malgré toutes les rodomontades de leurs représentants politiques et les violents affrontements qui continuent de les opposer à ce sujet, ce scénario-là est d’ailleurs inévitable, et il est très dubitable que les ex-maîtres du monde acceptent ce nouvel état de fait without a fight… Ce dont ils ne se rendent pas encore réellement compte, c’est qu’ils se trouvent coincés entre le marteau et l’enclume.

L’Europe ne pourra ôter ses billes de ce jeu de Cassandre et se construire enfin un destin propre qu’à deux conditions, impératives : il lui faudra tout d’abord tourner le dos à toute ambition impérialiste, donc refuser de singer la stratégie hégémonique qui a conduit les Etats-Unis où ils sont – voilà pour l’extérieur – et, que cela plaise ou non, s’inscrire pleinement dans la logique du cosmopolitisme assumé, dont elle deviendrait un nouveau creuset  – volet intérieur. Voilà, en réalité, les deux piliers fondamentaux de Lumières nouvelles !

Cette dernière condition sera, pour l’Europe, la garantie de son nouveau rôle de tête-de-pont occidentale entre les grandes puissances, mais aussi, ENFIN, entre le nord et le sud, tandis que la première devra l’amener à rompre avec toute logique va-t-en-guerre ou néo-missionnaire ! A cet égard, la montée en force du Tea Party et l’influence idéologique et financière malsaine de ce dernier auprès des parlementaires américains républicains, quoiqu’apparemment circonscrites, sont sources d’inquiétude…

Obama, lui, a bien compris, malgré les intenses pressions de lobbies pro-guerre divers et variés, qu’il n’était nullement dans l’intérêt de son pays d’ouvrir de nouvelles lignes de front : chat échaudé craint l’eau froide… En effet, les perspectives financières potentielles d’une nouvelle guerre de petite ou moyenne ampleur ne sont pas suffisantes que pour justifier, a fortiori sans certitude de victoire, et pire, avec le possible embrasement de toute une région instable et difficilement scénarisable (6), une telle odyssée. Quant à une nouvelle guerre mondiale, elle ne pourrait manquer d’amener à recourir à l’arme absolue, annihilant par le même coup toute possibilité de reconstruction et donc tout enrichissement éventuel. Par conséquent, seul un fou pourrait l’envisager sérieusement !

Sur le plan militaire, l’Union devra, quant à elle, s’essayer au casse-tête chinois, à savoir imposer son indépendance militaire, c’est-à-dire structurer son appareil de défense, en évitant, notamment par l’entremise de règles d’engagement claires et contraignantes (7) la constitution de ce qu’un Eisenhower inquiet a qualifié, au terme de son mandat, de « complexe militaro-industriel ».

Depuis que la Défense belge est gérée par l’ultra-catholique De Crem, unanimement reconnu désormais comme le toutou à sa mémère Clinton (après avoir été le puppet du républicain Robert Gates), c’est au contraire la stratégie américaine et atlantiste qui a été privilégiée, notamment à travers des trains de nominations dont la préférence linguistique très marquée n’a pas été la seule à provoquer des remous dans la hiérarchie militaire, allant jusqu’à des demandes publiques et répétées de démission de la part de son plus haut gradé, le général Delcour, enfin acceptée, fin mars dernier, par Monsieur « Le-dentifrice-est-sorti-du-tube » (8) … Il n’empêche : effectuez une courte balade dans les couloirs, à Evère, et vous entendrez les grondements d’insatisfaction de moins en moins discrets de nombre de gradés et de diplomates européens par rapport à l’oncle très envahissant… Pas étonnant, dès lors, que le même ministre de la Défense belge ait pu être tenté d’appeler à un contrôle renforcé de la blogosphère, qu’il juge dangereuse, un contrôle devenu réalité dans la foulée du vote, sous l’impulsion d’une ministre socialiste, du paquet de lois liberticides plus ou moins imposé à la Belgique en guise de transcription locale du “Patriot Act” !…

L’écrire relève de la lapalissade mais le déterminisme, si déterminisme il y a, ne verra sa concrétisation que si les rapports de force actuels ne parviennent à s’extraire de leur carcan habituel, c’est-à-dire celui de puissants intérêts financiers anglo-saxons.

Oui, l’Europe est l’avenir de l’occident, mais il lui faut, principalement parmi le personnel politique, des visionnaires téméraires à la hauteur des ambitions qu’elle n’a pas encore ! Plusieurs posts qui suivent  mettent cruellement en lumière ce déficit. Les hommes et femmes d’Etat européens de demain n’existent pas encore ; ils restent à inventer !

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(1)    ‘Seconde’ est, dans ce cas, l’expression consacrée, que j’ai choisi de remplacer par ‘deuxième’ dans la mesure où une troisième ne peut être exclue…

(2)    Lire, à ce sujet, Richard Breitman, “Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient“, Calmann-Lévy, Paris, 2005.

L’article suivant du monde fait état des principales controverses suscitées par (ou auxquelles s’intéresse) cet ouvrage : http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/article/2005/07/18/les-allies-savaient-ils_673523_641295.html

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/11/17/la-dette-publique-americaine-depasse-les-15-000-milliards-de-dollars_1604817_3222.html

(4)    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120510.AFP5819/etats-unis-excedent-budgetaire-en-avril-apres-trois-ans-et-demi-de-rouge.html

(5)    Source : http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2011/07/20110714172258×0.9815594.html#axzz1vexMuJ6w

(6)    Il suffit de considérer le couac monumental des scénarios de reconstruction en Irak.

(7)    Cela passe par une définition la moins ambiguë possible du type de théâtre de conflits dans lesquels elle estime avoir un rôle à jouer, des conséquences de toutes natures escomptées de telles interventions, et par la confection d’une laisse à étranglement pour le budget de la Défense.

(8)    … en référence à l’une des nombreuses métaphores colorées utilisées (tout à fait sérieusement !) par le lascar. En l’occurrence, l’expression pouvait être traduite par : « la décision a été prise », ou encore  « le dossier est sur la table ».

The End of an Era, TOWARDS A NEW WORLD EQUILIBRIUM !

As I would not be a slave, so I would not be a master.

This expresses my idea of democracy.

(Abraham Lincoln)

Gather, ye forest folk, and attend our tale ! The desperate call of heavy hearts is answered ! Mocking priests of the dusk, by the power of our Alliance, the four elements shall have their will of all of you, and with the water that will submerge your infinite boastfulness will rise the sign :PEASANTS ARE FREE ! CARE IS RESTORED !” ”

« Minner Burris est un homme heureux, il a cet ensemble de petits quelques choses qui le démarque des autres. Le succès professionnel, le succès auprès des autres hommes et des femmes.
L’Homme a quitté le système solaire depuis peu – et c’est à la tête d’une équipe de trois astronautes que Minner part sur Manipool établir un premier contact. Leurs corps y seront l’objet d’expériences où ils seront démontés puis reconstruits entièrement mais dont seul Minner réchappera. C’est donc détruit mentalement et physiquement qu’il rejoint la Terre où il passe ses jours enfermé seul à se morfondre.

Lona Kelvin est une fille banale de dix-sept ans, unique par son histoire : c’est la vierge aux cent bébés ! Des savants lui ont prélevé des centaines d’ovules fertiles mais immatures pour réaliser cette expérience. Celle-ci était publique mais pas le nom de la donneuse, alors le jour où la fuite a lieu c’est l’explosion médiatique : on écrit des chansons et des livres sur elle, on réalise des reportages sur sa vie, etc. Puis, « celle qui avait été l’idole du monde pendant neufs jours retomba dans l’obscurité le dixième », seule et sans bébé.

Duncan Chalk est un magnat de l’industrie du spectacle. Il possède le don « vampirique » de se nourrir des émotions des autres et plus particulièrement de la souffrance et du doute. Il est constamment à la recherche de nouveaux phénomènes pour satisfaire ses besoins ainsi que ceux des foules anonymes qui ont fait son empire. La fille et l’astronaute ne manquent pas d’intérêt pour lui. Ce livre est l’histoire de leur rencontre.

Il va les réunir en promettant un nouveau corps à Minner ainsi qu’un de ses bébés à Lona, puis leur permettent de poursuivre leur rencontre par un énorme voyage de plusieurs mois à travers la Terre puis le système solaire. Une histoire riche en émotions au cours de laquelle leur relation évoluera pour le plus grand plaisir des gens normaux.

Silverberg critique la société du spectacle en particulier à travers le don de Chalk, une métaphore de chacun d’entre nous dans le monde actuel. Si l’auteur impute principalement ce défaut aux couches populaires, il s’attaque aussi aux médecins, au sens moral quelque peu diminué, qui mettent plus en avant le progrès [au sens de l’approfondissement et de l’augmentation du savoir sur la physiologie et la psychologie humaines] et la technique que l’être humain. » (1)

« Suddenly, a banking community will not be able to lend money. People will not be able to buy houses. That feeds on itself, and that’s how recessions work : businesses start to lay off workers, they can’t get loans to meet their payoff, they can’t get loans to keep their businesses going. Businesses go out of business, more people are let go. Other people are afraid they will be let go, they stop spending, they spend less money. Business makes even less profit, more businesses go under, and all this feeds on itself, and the economy sinks into a sort of death spiral […], but that takes time : markets can collapse in a few days, the economy sinking takes time.” (2)

America will never be destroyed from the outside.

[When] we [will] falter and lose our freedoms, it will be because we destroyed ourselves !

(Abraham Lincoln)

 

LONG LIVE THE AMERICAN PEOPLE !

TO HELL WITH AMERICAN SHARKS AND VULTURES !

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(1) Source : http://www.cafardcosmique.com/Un-jeu-cruel-de-Robert-SILVERBERG

(2) Jeff Madrick (Journalist, Economic Policy Consultant and Analyst, Author of “Age of Greed, The Triumph of Finance and the Decline of America, 1970 to the Present”) in “1929, La Crise” by William Karel, Roche Productions)

Pourquoi la crise financière est la résultante d’une offensive concertée de fonds spéculatifs ! Pourquoi la Commission et le Conseil européens sont un groupe de vendus ! … LA GUERRE FROIDE FINANCIERE POUR LES NULS…

A force d’entendre les télétubbies de l’économie nous expliquer en boucle que si l’Europe est aujourd’hui en crise, c’est qu’elle l’a bien cherché, le citoyen s’abstient de poser les bonnes questions, par exemple :

– Pourquoi la crise maintenant,  alors que le niveau des dettes nationales est pharaonique depuis des décennies ?

– Pourquoi autoriser des produits spéculatifs qui misent sur l’effondrement de valeurs ?

– Pourquoi obliger les Etats européens à emprunter à des banques privées ?

Certes, à certains égards, la gestion dépensière, les prébendes, l’absence de vision à long terme sont indiscutablement à imputer à un personnel politique qui prend aujourd’hui sa retraite. Regardez donc le gros Dehaene, ce provincial bouffi qui a monopolisé l’attention des médias flamands hier soir à l’occasion de l’annonce de la sortie de ses Mémoires.

Here’s the fit pag !

Regardez donc cet imposteur bouffi et fier, ce quasi-criminel en col blanc, qui, à travers le naufrage de Dexia, coûte désormais des milliards d’euros à la Belgique… alors que sont rabotées avec le sourire et “dans leur intérêt” les allocations de subsistance des chômeurs.

Shame on you, Socialist Traitor ! “Justice”, my ass !

Rappelez-vous les “grands travaux inutiles“, ces scandales publics (tronçons d’autoroutes entamés mais jamais finis, ponts gigantesques au milieu de champs, etc.) dévoilés naguère par Jean-Claude Defossé. Oui, le personnel politique a une responsabilité éclatante dans la pseudo-faillite des Etats. Mais ils ne sont que l’iceberg qui cache la forêt !

La stratégie est bien huilée :

1/ Contraindre les Etats à investir massivement des fonds publics dans des entreprises privées (banques déficitaires, entreprises qui menacent de délocaliser leurs activités, réduction massive de charges patronales);

15 milliards d’euros de réductions de charges patronales en Belgique sous Verhofstadt,

aujourd’hui à la tête du groupe libéral-démocrate du Parlement européen

2/ Une fois vidées les mannes du trésor public, entreprendre des coupes drastiques dans la sécurité sociale, de sorte qu’une fois encore, le privé récupère la mise (en termes de pension complémentaire, d’assurance hospitalisation, et autres). Seule compte l’économie virtuelle ! L’éducation, la santé et la culture, qui répondent à des besoins républicains réels, sont relégués à l’arrière-plan. A cet égard, l’évolution du salaire d’un professeur d’école au fil du XXe siècle est révélatrice : le temps est aux managers de ceci et de cela…

3/ Réduire les Etats à néant pour assurer le grand soir matérialiste, capitaliste et totalisant.

C’est, en effet, l’incompétence, le suivisme et le pervers petit parcours initiatique des ces Messieurs-Dames de la politique, qui les forcent à caresser leur ego, à faire la courbette et à évacuer toute notion de solidarité, qui rendent une telle stratégie possible !

Ceux qui ont pris l’habitude et la peine de nous lire au cours des derniers mois ou dernières années savent que si nous nous efforçons de demeurer rationnels, nous ne mâchons pas nos mots pour autant. Ce qui précède pourrait donc vous inciter à refermer ce blog illico. N’en faites rien ! Ecoutez plutôt l’édifiante analyse de la crise financière qu’effectuent ci-après Madame Myret ZAKI, Journaliste économique suisse romande, et Monsieur Etienne CHOUARD, Enseignant français d’Economie et de Droit. Et vous comprendrez pourquoi, plus que jamais, la Révolution démocratique est vitale !

ON NE CONSTRUIT PAS UN PARADIS ECONOMIQUE DANS UN DESERT SOCIAL !!!

Much ado about nothing, really ?…

 

« Les bénéfices d’AB INBEV en hausse de 18,3%

11/09/11

Le groupe brassicole belgo-brésilien AB InBev, premier brasseur mondial, qui a publié jeudi à Bruxelles ses résultats trimestriels, a enregistré un chiffre d’affaires de 9,95 milliards de dollars (près de 7 milliards d’euros), en hausse de 3,7 %. »

Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/1303506/2011/08/11/Les-benefices-d-AB-InBev-en-hausse-de-18-3.dhtml

« Accord chez AB-INBEV : 167 emplois en moins […]

10/06/11

Un accord est intervenu jeudi soir entre la direction d’AB Inbev et les syndicats concernant le plan de restructuration, a annoncé Marc Sparmont du SETCa. Il prévoit la suppression de 167 postes de travail […]. »

Source : http://www.lanouvellegazette.be/174391/article/actualite/economie/2011-06-09/accord-chez-ab-inbev-167-emplois-en-moins-mais-sans-licenciement

 

—– “WE ARE THE 99 %” —–

 

« DECRYPTAGE – L’impôt sur les sociétés payés par les 40 plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse, représenterait entre 8 et 24% de leurs bénéfices, loin donc du taux normal de 33%.

29/03/12

« […] Selon un rapport commandé par le Conseil d’entreprise européen, le sidérurgiste [ARCELOR MITTAL, installé au Luxembourg] aurait réussi, en exploitant les différentes législations nationales, à ne pas débourser un sou d’impôt depuis sa fusion avec Arcelor en 2006. Il détiendrait même un crédit d’impôt de 152 millions de dollars… malgré ses 40,4 milliards de profits imposables cumulés. Selon le rapport Carrez de juillet 2011, le CAC 40 n’a pas déboursé plus de 3 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés par an, en moyenne, entre 2007 et 2009. Alors que le bénéfice moyen sur la période était de 67 milliards. »

Source : http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120329.CHA4781/les-groupes-du-cac-40-champions-de-l-incivisme-fiscal.html

« ARCELOR MITTAL : 581 licenciements

14/10/11  

Après un conseil d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu vendredi matin à Flémalle, la direction d’ArcelorMittal a confirmé à la presse son intention de fermer définitivement la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise. Elle a par ailleurs annoncé son intention de licencier 220 employés et cadres, et 361 ouvriers, mais “souhaite éviter tout licenciement sec”.

Source : http://www.levif.be/info/actualite/belgique/arcelormittal-581-licenciements/article-1195117758550.htm

 

BOUYGUES : bénéfice stable en 2011

28/02/12

« Bouygues a annoncé aujourd’hui s’attendre à une légère baisse de son chiffre d’affaires en 2012, reflet de la performance de la division télécoms qui devrait pâtir cette année de l’arrivée de Free Mobile. Le conglomérat, présent dans la construction, la route, les médias et les télécommunications table sur une baisse de 1% de son chiffre d’affaires à 32,35 milliards d’euros, après une hausse de 5% (3% à périmètre et change constants) à 32,7 milliards en 2011. »

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/02/28/97002-20120228FILWWW00557-bouygues-benefice-stable-en-2011.php

—– “WE ARE THE 99 %” —–

  

« Luxe : bénéfices records pour LVMH en 2011

03/02/2012

 Le groupe LVMH a signé malgré la crise une année 2011 record, terminant avec un bénéfice net de plus de 3 milliards d’euros pour 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires […]. Le secteur du luxe se porte très bien. »

Source : http://www.reponseatout.com/actualites/decryptage/luxe-benefices-records-pour-lvmh-en-2011-a104182

« LAGARDERE : bénéfice en hausse

09/03/11

Le groupe de médias et d’édition français Lagardère a publié mercredi un bénéfice net de 163 millions d’euros pour 2010, en hausse de 18,9% sur un an, et annoncé que son pôle médias avait réalisé une performance légèrement au-dessus de ses attentes. »

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/03/09/97002-20110309FILWWW00593-lagardere-benefice-en-hausse.php

—– “WE ARE THE 99 %” —–

 

« DASSAULT annonce un bénéfice en hausse de 10%

25/03/12

L’avionneur voit aussi des « opportunités déterminantes » d’exportation de l’avion de combat Rafale et de drones.

Le bénéfice net a atteint 407 millions d’euros, en progression de 10% sur un an, grâce à la participation de 26% dans l’électronicien de défense Thales. « 

Source : http://info-aviation.com/?p=13442

 

 

 « BOLLORE : bénéfice net quasi stable en 2011 à 320 millions d’euros

22/03/12

PARIS – Le groupe diversifié français Bolloré a annoncé jeudi un bénéfice net part du groupe de 320 millions d’euros en 2011, quasi stable (+0,9%) par rapport aux 317 millions dégagés un an plus tôt. »

Source : http://www.romandie.com/news/n/_Bollore_benefice_net_quasi_stable_en_2011_a_320_millions_d_euros91220320121756.asp

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« TOTAL dévoile un bénéfice de 12 milliards

10/02/12

Le groupe pétrolier français a réalisé un bénéfice net de plus de 12 milliards d’euros en 2011, grâce aux cours élevés du pétrole qui ont compensé un léger recul de production et des difficultés dans le raffinage, lui permettant de signer son meilleur exercice depuis 2008.»
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/02/10/97002-20120210FILWWW00311-total-devoile-un-benefice-de-12-milliards.php

 

 

« CHOMAGE, LICENCIEMENTS, AUSTERITE… PREPARONS LE 3EME TOUR SOCIAL

05/04/12

750.000 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS DANS L’INDUSTRIE EN 10 ANS, 1 MILLION DE CHOMEURS (-EUSES) EN PLUS EN 5 ANS… SARKOZY A BEAU CONVOQUER TOUTES LES CAMERAS QUAND IL VISITE UNE USINE, DIFFICILE POUR LUI DE FAIRE OUBLIER SON BILAN. CECI DIT, HOLLANDE S’ETANT VANTE EN ANGLETERRE QUE « LA GAUCHE A ETE AU POUVOIR PENDANT 15 ANS ET A LIBERALISE L’ECONOMIE ET OUVERT LES MARCHES A LA FINANCE ET AUX PRIVATISATIONS », IL FAUT ANTICIPER DES MAINTENANT UNE REPRISE DES HOSTILITES UNE FOIS LES ELECTIONS PASSEES ET CONSTRUIRE LE 3E TOUR SOCIAL, CELUI QUI SE JOUE DANS LA RUE ET DANS LE BLOCAGE DE L’ECONOMIE. »

Source : http://alternativelibertaire.org/spip.php?article4763

 

—– “WE ARE THE 99 %” —–

Classement 2011 des 50 premières banques mondiales par bénéfice net

Source : http://www.fb-bourse.com/classement-des-banques-2011/3/

Rang Banques Pays Résultat net 2010 (milliards de $)
1 ICBC Chine 21.50
2 China Construction Bank Chine 17.82
3 JP Morgan Chase USA 17.36
4 Bank of China Chine 13.47
5 HSBC Royaume-Uni 13.20
6 Wells Fargo USA 12.36
7 Banco Santander Espagne 11.10
8 Citigroup USA 10.60
9 BNP PARIBAS FRANCE 10.50
10 Agricultural Bank of China Chine 9.51
11 Goldman Sachs USA 8.35
12 UBS Suisse 7.47
13 Itau Unibanco Brésil 7.14
14 Mitsubishi UFJ Japon 6.76
15 Banco do Brasil Brésil 6.71
16 Sumitomo Mitsui Banking Japon 6.34
17 BBVA Espagne 6.28
18 Bradesco Brésil 5.71
19 Westpac Banking Australie 5.71
20 Mizuho Financial Japon 5.53
21 Barclays Royaume-Uni 5.48
22 Commonwealth Bank A Australie 5.34
23 SOCIETE GENERALE FRANCE 5.32
24 Credit Suisse Suisse 5.24
25 Bank of Communications Chine 5.11
26 Royal Bank of Canada Canada 5.02
27 Morgan Stanley USA 4.50
28 Standard Chartered Bank Royaume-Uni 4.33
29 Sberbank Russie 4.11
30 Australia and NZ Bank Australie 4.04
31 National Australia Bank Australie 3.80
32 Intesa SanPaolo Italie 3.68
33 Nordea Bank Suéde 3.53
34 PNC Financial USA 3.41
35 China Merchants Bank Chine 3.39
36 US Bancorp USA 3.31
37 Deutsche Bank Allemagne 3.16
38 Shang Pudong Chine 2.81
39 Industrial Bank Company Chine 2.73
40 Bank of Montreal Canada 2.70
41 China CITIC Chine 2.62
42 Bank of NY Mellon Inde 2.52
43 State Bank Inde 2.47
44 DnBNOR Norvège 2.46
45 NATIXIS FRANCE 2.37
46 Canada Imperial Bank Canada 2.36
47 Turkiye Garanti Turquie 2.24
48 Banco Santander Brésil Brazil 2.19
49 China Minsheng Chine 2.18
50 Unicredit Italie 2.00

________

NB 1 : il ne s’agit pas ici de comparer des pommes et des poires, des chiffres d’affaires et des bénéfices nets, mais de rappeler à qui l’oublie trop volontiers que des pays comme la France (et la Belgique) demeurent des lieux privilégiés où le capital est loin de manquer. La seule question politique qui vaille est : que faire de ce capital ? En finir avec les oligarques à la Poutine demeure une possibilité !

NB 2 : l’un ou l’autre article repris en partie dans ce post remonte à 2011. C’est l’organisation comptable des entreprises respectives qui l’explique (année comptable qui coïncide avec l’année calendrier, ou non).

“Are you ready for a challenge ? Have you ever wanted to experience what it’s like to be a bitch… sry, a trader… ?”

“Le PIB mondial, la somme des biens et des services produits dans le monde, c’est 60.000 milliards de dollars par an. Le montant d’argent contrôlé par les produits dérivés est [,quant à lui,] de 700.000 milliards de dollars. […] L’économie réelle est [donc] douze fois plus petite ! » (1)

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(1) in “Harry Roselmack avec les traders au centre de la crise”, TF1, 21/02/12

“O Europe, WHERE ART THOU ?”

« You gotta give up what you take », chantait naguère le poète, entouré de douces et fragiles nymphes à l’éclat multicolore.

Ca va très loin, fieu : ça veut dire que la liberté que j’essaye de te subtiliser, c’est en fait à moi-même que je la dérobe !!! Give some, take some, tu saisis ? C’est karmique, man !

Genre, tu flashes sur les grosses loches, et ça se voit à la télé : ton tribut aux grosses loches tu auras à payer, mon gars, pour de ton obsession te délivrer. Capice ?

Prends mon pote Eddy. Il travaillait dans l’underground, mais ça rapportait rien sinon des débouchés de merde. Il s’est dit : je passerais bien à la télé, et il s’y retrouva fissa ! Le problème, c’est que underground, il était sexy et mystérieux, alors qu’on the ground, il s’avère fadasse et lississime. C’est précisément pour vulgariser l’underground qu’ils l’ont engagé : il est pipolisateur, désormais !

Son rôle ? Embarrasser les invités pour de rire. Exemple : l’autre jour, il avait invité Alexis Vastine, le célèbre boxeur, à qui il a demandé à brûle-pourpoint, en présence des autres invités et chroniqueurs, Philippe Corti en tête, ainsi que de Marcel Demongeot, le MC : « Eh, j’ai lu dans WikiLeaks qu’elle est hyper bonne, ta meuf. Paraît même qu’elle aime prendre dans les deux trous… ». L’épilogue fut classique : le fist d’Alexis eut raison du côté cheerful de mon pauvre Eddie…

C’est qu’il se prend déjà pour un journaliste, le petit jeune. « Calme », lui ai-je dit, « t’as tout le temps, mek,  t’as rien à prouver. Si tu t’appliques, tu pourrais être un bon journaliste quand tu seras grand. Fais ton jihad dans la quiétude et l’harmonie… » Au jour qu’il est, je ne suis pas encore parvenu à identifier clairement le motif de son insatisfaction. Certes, il doit se trouver un créneau, mais il y a autre chose : je me demande s’il est bien dans sa peau. Je lui ai dit : « Eddie, quand tu joues à la balle-pelote avec tes invités, tu dois leur laisser un peu de marge de manœuvre. Avec Alexis, tu t’es dit : il me répond pas ? J’ai gagné parce que j’ai eu le dernier mot. Il me répond, enragé ? J’ai gagné parce que je l’ai fait sortir de ses gonds. Gotta play fair, buddy », ai-je tenté de le réconforter, « si t’essaies de castrer ton interlocuteur, la seule chose que tu dévoiles, c’est ta petite bite… » J’ai dû mal m’y prendre, parce que ça l’a fait sangloter pendant au moins un quart d’heure. « Gotta give up what you take », ai-je encore murmuré subrepticement à son oreille gauche, mais il était visiblement échaudé : « Putain, mais t’es malade, fous-moi la paix maintenant, gros porc ! »

A l’échelle continentale, l’adjonction est fort semblable : nul ne peut espérer, faute de se retrouver noyé sous un gros tas de purin, s’en tirer par le haut en plaçant la Grèce devant les choix de prendre dans le cul ou de prendre dans le cul.

C’est pourquoi, à stratégie inchangée, l’Europe – pas uniquement l’euro – est vouée par l’obstination incantatoire de leaders à rebours à péricliter lamentablement. Ca aussi, je l’ai dit à ma copine Hermione…

LES RESPONSABLES POLITIQUES EUROPEENS SAVENT QUELLES MESURES PRENDRE POUR EN FINIR AVEC LA CRISE !

POURQUOI NE LES PRENNENT-ILS PAS ?

PARCE QU’ILS NE GOUVERNENT PLUS POUR LE PEUPLE !!!

PARCE QUE LA CRISE ARRANGE LES AFFAIRES DES PLUS RICHES !!!

 

SEPARATION DES ACTIVITES : BANQUE DE DETAIL / BANQUE D’AFFAIRES

IMPOT SUR LA RENTE NUCLEAIRE

IMPOT SUR LA FORTUNE

 “Latsis et Lassie”

 (nos’ Josey avec son Kamarat Spiros Latsis, milliardaire grec)

HARMONISATION FISCALE (y compris paradis fiscaux)

DELAI DE SECURITE DE 6 MOIS POUR TOUT ACHAT D’ACTIONS ET / OU D’OBLIGATIONS

 A DEFAUT, TAXE TOBIN 

James Tobin

« En deux mots, hein, Hermione », j’lui ai dit, « c’est ça » :

« … ou ça, hein, copine » :

La com, c’est comme la rage : il n’y a qu’une bonne piqûre pour en venir à bout !

Qu’y a-t-il de commun entre les coupes sombres dans la sécurité sociale, le « fichier d’empreintes génitales » inauguré en grandes pompes par le premier trouduc de l’Intérieur voisin, dans la foulée des « fellations » prétendument improvisées par une sacrée coquine et des Lumières déculottées par tel ou tel olibrius, ou encore le panel républicain américain – impérial, en réalité – qui rivalise d’idiotie et de vice intellectuel pour devenir calife à la place du calife ? Le mépris manifeste du peuple, pardi !

Lorsque le crâne d’œuf suffisant qui préside aux peu glorieuses destinées des pensions publiques belges, tellement confiant dans la longévité de Di Rupo I qu’il vient d’annoncer souverainement et à la hâte (stress test ?), lors de la première semaine de gouvernement, le relèvement rapide de l’âge légal de départ à la retraite, assorti d’une réduction drastique du droit à la prépension et de la fin programmée d’une organisation flexible et individuelle de la carrière – thème prétendument libéral, pourtant – affirme œuvrer à la réduction du déficit public, ledit crâne d’oeuf se souvient pertinemment des 15 milliards d’eugros de largesses fiscales consenties aux entreprises durant l’ère Verhofstadt, son mentor, par la grâce de l’inflation masquée rendue possible par le passage à l’eugro, en 1999.

Quinze milliards d’eugros de ristournes et autres boni fiscaux aux entreprises en une dizaine d’années (1), sans la moindre contrepartie, voilà un petit pactole, en effet, que les Robins des relais et châteaux, à rebours de ce que commandent le bon sens commun, la conscience sociale et l’empathie vis-à-vis des petits, se chargent à présent de récupérer manu militari auprès de ces derniers ! C’est que, par ailleurs, le souffle chaud du flatulent a changé de direction et se dirige à présent vers les thatchériens flamands !

Mais, à souffle chaud, souffle chaud et demi : les semaines et mois qui viennent seront l’occasion de démontrer que le mépris continu des pseudo-élites politiques de centre-droit à l’égard des couches populaires se traduit immanquablement de deux manières : soit la violence indistincte, soit la grève générale ! IL EST GRAND TEMPS QUE LES GRANDS PATRONS PRENNENT DANS LE FION A LEUR TOUR, car le destin d’un peuple n’est pas lié au destin des grandes entreprises : ils sont, au contraire, en contradiction flagrante ! En effet, les pseudo-réformes envisagées ne sont, en réalité, à l’heure du trentième anniversaire du chômage de masse, qu’une manière de soumettre, de tenter de tuer dans l’œuf la contestation naissante, légitime !

Certes, avec une opposition francophone inaudible, car prise en étau par des considérations de marketing politique à l’opposé de ses convictions profondes et dominée par un crétin gominé dont le second (et donc ultime) mandat de président est arrivé à échéance il y a plusieurs mois déjà, s’opposer à ce qui a été péniblement mis sur pied peut s’assimiler à du masochisme, car la première alternative qui vient à l’esprit serait sans nul doute pire. La tension, sur les plateaux de télé du nord du pays, était d’ailleurs perceptible, à deux doigts de l’admonestation même, lorsqu’un autre lion flamand, poussé dans le dos par sa base échaudée, est venu annoncer cette semaine une fronde sociale sans précédent depuis les mouvements populaires de naguère (mineurs, agriculteurs, dockers, étudiants, …), et donc de très chaudes semaines et mois en perspective. Mais faire fi de toute opposition de gauche, c’est aussi faire le jeu de la droite !

En tout état de cause, il s’agit, pour les éminences crânes d’œuf, de communiquer, comme, dans la marine, les vaisseaux de guerre envoient des leurres pour déstabiliser leurs assaillants. « Ayez confiance, c’est pour votre bien ! » Quinze milliards sans contrepartie, vous dit-on, trouducs !

La com permet de faire avaler les pires couleuvres, elle peut faire passer du bleu pour du rouge ! La com n’a aucune essence, elle est vide. Demandez donc à Séguéla, il vous le dira (en privé) : la com est l’illustration parfaite du postulat naturaliste sur lequel se fonde le système libéral-capitaliste pour clamer son apolitisme.

Zadig & Voltaire, de même que les godes et autres mises en bouche que l’on s’envoie à la gueule, ce ne sont pas que des messages subliminaux que les intéressés s’adressent par médias interposés, c’est le fruit d’une longue maturation dans l’intellect de VRP d’agences de relations publiques : « Vas-y, Claudie, t’es complètement nul et t’as rien à dire, mais c’est pas grave. C’est tellement gros qu’on parlera de toi, et n’est-ce pas là l’unique objectif ? »

Elle peut se faire violente aussi, la com, car tous les moyens sont bons. Que l’on se rappelle Sharon et ses provocations verbales et physiques répétées à l’endroit des Palestiniens juste avant les élections, sur les pas duquel s’engage à présent un crétin républicain amériki parmi les autres, qui, malgré son appartenance supposée au KKK, diabolise un peuple entier en le qualifiant d’essentiellement terroriste. Puisque les idées ont perdu et l’ego a triomphé, pourquoi se gêner ? Je dirais même mieux, tiens : ces sales Palestoches, il faudrait tous les enfermer dans des camps ! Ah, mais j’oubliais : c’est déjà, grosso modo, le cas…

Si on laisse de côté la com, de quoi s’aperçoit-on ? L’indigence intellectuelle et morale des pseudo-prétendants califes, dans la droite ligne du W, est telle que l’on ne peut s’empêcher de penser que le GOP pourrait laisser passer sa chance, cette fois, en présentant un clone de Bob Dole et en continuant d’utiliser Big O comme paravent pour sa politique conservatrice et sa diplomatie agressive, comme il le fait depuis plusieurs mois, pour le faire exploser en vol, d’une manière ou d’une autre. C’est tellement plus fun, et moins risqué !

Dimanche dernier, en présence de ministres à la fois démissionnaires et fraichement émoulus (en vrac, un ex des Finances qui, selon de nombreuses enquêtes, a été, douze ans durant, un complice silencieux de la fraude fiscale à grande échelle des grandes entreprises (2), le futur président des socialistes belges francophones, une ministre de l’Intérieur couillue et à la dent dure), l’un des pilotes du tandem aux commandes de l’émission de débats politiques « Mise au Point » (RTBF) a entamé l’échange par une question originale, périlleuse même pour qui, comme le piteux président non élu du Directoire impérial européen, affirme établir entre politique et sentiments – politique et humanité, pourrait-on paraphraser – une cloison étanche : « sur le plan humain, qu’avez-vous retenu de ces 541 jours de crise ? »

On pouvait voir les éminences embarrassées. « Mais que me demande-t-il donc là », lisait-on sur les visages. « Chercherait-il, ce fourbe, à me déculotter en public, à me faire passer pour un sentimental face à mes nouveaux amis /adversaires / tontons flingueurs (3) ? » Peinant comme devant un exercice de dissertation particulièrement exigeant, tous ont répondu à côté de la plaque : « moi, ce que je retiens, c’est la découverte sincère d’une amitié naissante et à nulle autre pareille avec mon pote Leterme », moi ceci, moi cela… L’ego était de retour, sans doute même n’est-il jamais parti. Insistance du journaliste, reformulation… rien n’y fit : ce n’est que de la com, braves gens !

Et l’humilité, l’humilité face au peuple, à laquelle semblaient pourtant renvoyer les excuses de Di Rupo en amorce de son discours d’investiture, vous en faites quoi, Mesdames, Messieurs les Seigneurs ?…

___

(1)    Que l’on cherche à stimuler les PME, dont l’ancrage est local et donc bénéfique pour l’économie réelle et l’activité professionnelle, est très compréhensible. Que l’on se mette à plat ventre pour prendre le BEL 20 et autres NYSE dans le cul témoigne, en revanche d’une volonté politique à toute épreuve…

(2)    Selon ces enquêtes (de « Panorama », émission de la VRT, notamment), qui se basaient sur les témoignages concordants d’insiders au ministère des Finances, une grande entreprise court le risque monumental de se faire contrôler par le fisc tous les vingt-cinq ans, elle !

(3)    Biffer la mention inutile.

Que cette Europe du fric, cette Europe des commissaires non élus, cette EUROPE ANTIDEMOCRATIQUE aille se faire foutre grave !!!

Que l’on mette une fois pour toutes un terme aux accusations de poujadisme ou de démogagie ! S’ils ne sont pas des chienchiens de la finance, les pantins ci-dessus (et bien d’autres) n’en sont pas moins des incompétents notoires régis par des dogmes obscurs et irrationnels qui leur imposent de renier ceux qui les ont, par leur voix, portés au pouvoir ! Qu’ils assument donc d’être la lie de la civilisation, ou qu’ils changent leur fusil d’épaule ! On ne peut pas continuer de demander au citoyen lambda de bêler avec le troupeau si, en même temps, il ne cesse de se faire enculer par ceux qui sont supposé guider celui-ci !

Oui, il faut une Europe unifiée (ne serait-ce que pour éviter une réédition des bains de sang du siècle dernier), mais pas n’importe comment ! Imaginer fonder les Etats-Unis d’Europe n’a strictement aucun sens, car les Etats qui constituent les USA n’avaient pas, préalablement à leur unification, d’histoire ou de culture séculaire propre derrière eux. Souhaite-t-on unir l’Europe en faisant table rase de tout ce qui a précédé, de tout ce qui contribue à façonner et à faire la vraie richesse de notre continent ? Veut-on une Europe-hamburger où seul compte le fric ?

QUELQUES EXIGENCES DE BASE :

1/ la fin de toute nomination à des postes publics européens d’envergure : l’élection doit devenir la règle ! Dans cette attente, les commissaires et autre pseudo-président de l’Union doivent fermer leur grande gueule et s’abstenir de donner des leçons aux Etats. De Gucht, si tu voulais continuer de jouer dans le bac à sable belge, il ne fallait pas te faire nommer fonctionnaire européen ! Arrête donc d’emmerder Rehn pour qu’il fasse pression sur la gauche belge et boucle-là, ça te changera ! Une Europe majoritairement non élue et à la botte des puissances du fric n’a aucune légitimité pour contester ou influencer les politiques que choisissent de mener les Etats ! Si la Commission ou le Conseil s’avisait malgré tout de mettre la Belgique à l’amende en raison d’un budget qui n’aurait pas été remis dans les temps ou qui ne tiendrait pas compte des nouveaux diktats de la droite européenne, leur image serait écornée et l’Europe en serait vilipendée jusque dans l’un des pays les plus europhiles (ou mous, c’est selon). Par conséquent, il va sans dire qu’ils s’en abstiendront, et tout le monde le sait ! Inutile, donc, d’agiter cette pseudo-menace. On t’a assez vu maintenant, toi et ta clique d’aliens, Karelke !

2/ la fin de la pensée unique européenne, qui voit gauche et droite applaudir de concert toute avancée, fût-elle minime, simplement parce que “c’est l’Europe et qu’il faut faire avancer l’Europe”. Ce temps-là est révolu ! Fi des démocrates et des républicains européens ! Ce dont l’Europe a besoin, c’est de débat et de confrontation d’idées, si tant est que tous les acteurs politiques ne soient pas encore brainwashés, dans leur petite ville dans la ville (Parlement européen) ou leurs petites forteresses (Conseil, Commission), à l’abri de la puante plèbe, qui, décidément, ne comprend vraiment rien à ce qui est bon pour elle ! Il faut qu’une vraie gauche européenne – ni communiste à l’ancienne, ni libérale capitaliste délavée à la Cohn Bendit – se lève enfin pour rendre aux individus, aux citoyens et aux peuples l’espoir d’une alternative à la société pyramidale d’esclaves contemporains qu’est en train de dessiner au forceps la droite Goldman-Sachs-Merkozy ! Si elle ne le fait pas maintenant, elle ne le fera jamais et elle signe d’ores et déjà son extinction ! Il serait donc temps que la gauche actuelle se penche sur ses errances idéologiques et gestionnaires depuis la chute du Mur, en analysant ce que ces dernières ont bien pu, depuis lors, lui rapporter !

3/ une Europe citoyenne et démocratique qui ne vende pas son cul à la finance. Les fauteurs de troubles sont clairement identifiés : ce ne sont pas les citoyens qui ont imaginé les Credit Default Swaps et pollué ainsi l’économie dans son ensemble. Ce n’est donc pas aux citoyens qu’ il appartient de nettoyer la merde des fumeurs de cigares ! Ce sont les banques, les agences de notation, les bourses qu’il convient de mettre au pas, non le volet ‘dépenses’ du budget des Etats !

4/ le rejet virulent de toute harmonisation sociale européenne par le bas : c’est le standard le plus haut qui doit prévaloir pour tous, dans tous les domaines ! Proprement révolutionnaire alors que l’on invite le Belge à concurrencer le Chinois, n’est-ce pas ? Dans le cas contraire, l’Europe n’a aucun sens et elle n’a qu’à aller se faire foutre !

5/ la fin du dogme de concurrence : l’homme ne pourra s’affranchir de sa condition animale et ainsi poursuivre son évolution que s’il n’y est pas perpétuellement rappelé ! La concurrence ne structure pas, elle fragmente, divise, oppose et, poussée dans sa logique ultime, anéantit ! La concurrence est donc idiote sauf pour qui divise aux fins de régner, et il importe de démolir le pilier qui a été érigé en son honneur dans le temple de Barcelone !

En d’autres termes, mieux vaut pas d’Europe du tout que celle que Goldman Sachs est en train de nous pondre !

NB : ce qui précède n’a pas été écrit par quelque tête brûlée, mais par quelqu’un qui s’est engagé politiquement pendant près de vingt ans (sans espérer ni exiger le moindre petit poste de pistonné !), et a donc pratiqué la politique d’assez près pour savoir que toutes les marques de savon qu’on nous vend utilisent, à peu de choses près, les mêmes ingrédients, que les pêcheurs qui lancent leur ligne à l’approche des élections se retrouvent quasiment tous autour de la même mare, qu’un sujet tabou chez les uns l’est aussi chez les autres, qu’aucun ne se donne les moyens de concevoir une véritable alternative, tant tous sont pris dans le tourbillon de l’immédiateté, que le vrai changement et la différence leur font peur, en réalité, et que les idéaux ne sont plus que des vitrines, les mots des pièges, et le langage des clichés figés.

“Si tous les dégoûtés s’en vont, il ne reste que les dégoûtants”, dit l’expression. Mais c’est une expression à double tranchant, car si les dégoûtés restent, qu’est-ce qui les empêchera, une fois lucides, de devenir dégoûtants à leur tour face aux petits soldats du parti bien obéissants et dénués de capacité de réflexion, face aux petits autocrates bouffés par leur ego mais qui seraient bien en peine de nommer une seule réalisation significative à mettre à leur actif, face à tous les petits intrigants dont l’occupation première est de se débarrasser des idéalistes qui pourraient faire de l’ombre à leur médiocrité, face, en somme, à cette nuée de Narcisse putrides en vase clos qui s’imaginent être nés pour décider pour autrui !

En finir avec les “féodalités économiques” !!! Avec la politique si possible, sans la politique si nécessaire, contre la politique en ultime recours !…

Il y a peu, je me suis vu proposer d’animer et de fédérer des groupes de jeunes issus de quartiers dits sensibles. J’ai décliné l’offre car, après avoir mûrement réfléchi, je n’ai pas trouvé les arguments qui m’eussent permis, par les temps qui courent, de convaincre ceux-ci de ne pas tout faire péter !

Mais restons positifs, shall we… enfin, essayons…

–          Puisque les Grecs, bien qu’ils ne semblent pas encore avoir saisi  que casser les vitrines de pauvres commerçants n’est pas plus productif que de stipendier un gouvernement chargé, dès la deuxième année de son mandat, de gérer les pots cassés, qu’en outre, les politiciens ne sont plus, pour l’essentiel, que des marionnettes (C’est eux qui le choisissent…) qui ne représentent qu’elles-mêmes et les multinationales (1) et qu’il incombe donc, à, la manière d’une Révolution française du temps présent, d’instiller la Terreur auprès des vrais « maîtres », ont bel et bien compris, en revanche, que la désobéissance civile et la grève générale étaient leurs derniers recours face aux vampires de la « finance », à défaut d’imaginer un jeu vidéo – pour Nabe, un bouquin suffirait… – où il s’agirait d’abattre l’un après l’autre tous les milliardaires arrogants et voleurs du bien commun (… et ceux-là uniquement, qu’il pourrait s’agir, comme dans les lieux d’entraînement des tireurs d’élite, de distinguer des « friendly », peu nombreux,  certes…) et leurs suppôts, ces molochs qui ne veulent rien entendre de la souffrance des êtres humains, ces charrieurs de mort qui se paient la Terre,  histoire, pour la société, de souffler un peu…

–          Puisque le cas grec – et ceux qui suivront – n’est une catastrophe que pour les citoyens, car une aubaine pour les « investisseurs » ;

–          Puisqu’une obstination idéologique irrationnelle continue de dominer l’économie européenne, en ce que la capacité de la BCE de prêter directement aux Etats, sans passer par ces chères banques privées, qui s’en foutent plein les fouilles au passage, n’est même pas envisagée comme une option ;

–          Puisque la compétition, essence du darwinisme social, pour lequel être adulte signifie s’affirmer sans limite, au détriment des autres et du Tout, et accumuler de la thune, la compétition, donc, détruit tandis que la collaboration, fruit d’une société enfin mature, bâtit,

… qu’attendons-nous donc pour signifier aux conservateurs de la Commission européenne et du Conseil européen d’aller se faire mettre profond ?

En effet, ne soyons pas simplistes : l’Europe, c’est bien, ça peut être bien, l’Europe… Ce sont juste les petits politicards roublards et sans vision qui l’empêchent de se déployer !

et …

–          Dans la mesure où le chômage est structurel et en hausse constante depuis au moins 3  décennies ;

–          Dans la mesure où, en ces temps troublés où sont glorifiés les parvenus, dont on ne s’interroge jamais sur l’origine de la fortune, et où de minables petits fils à papa encravatés et nés le cul dans le beurre, produits de la représentation censitaire à tendance dynastique bourgeoise – si le peuple a les représentants qu’il mérite, il doit, ma foi, être bien mal en point … –  se permettent de donner des leçons à ceux qui triment et à ceux qui stressent parce qu’ils ne triment pas, un bon bâton de dynamite dans le cul des « grands patrons », qui – le comprend-on assez ?  – donnent soif à la Bête immonde, ferait le plus grand bien à la société (mondiale) ;

–          Dans la mesure où de trop nombreux emplois n’apportent strictement rien de positif à ceux qui les exercent, si ce n’est le versement de fin de mois (et encore…),

… qu’attend-on donc pour introduire enfin la mesure décisive qui permettra d’apaiser la société, à savoir :

?

 

______________

(1)    … qu’il s’agit de démanteler une par une pour rendre à l’entreprise un visage humain et collaboratif (Fcuk your competition !), et à l’Humanité quelque liberté ! C’est là l’unique moyen d’inverser la tendance !

Comment la mafia financière mondiale est en train de gagner et pourquoi il est impératif de la démanteler, coûte que coûte !

L’ère Reagan / Thatcher a été, comme chacun sait, propice à toute une série de débordements. L’un de ceux-ci avait pour nom Milton Friedman…

La planète doit en grande partie à ce dernier l’état lamentable dans lequel elle se trouve. L’entreprise n’a d’autre finalité que la réalisation de profit : telle était sa théorie, une théorie qui domine largement l’économie mondiale depuis les années ’80 et a pu montrer, depuis la chute du mur de Berlin, toute l’étendue de sa richesse visionnaire.

Concrètement, ceci signifie que le bien commun, le bien-être individuel et social, l’équilibre planétaire, et même la paix, toutes ces peccadilles en somme, ne sont en aucune manière des paramètres pertinents pour le chef d’entreprise, qui perd du coup son statut de citoyen.

Poursuivons dans cette logique : tant l’éthique que l’équité, ou encore la Fraternité, cette disparue au tableau de la trilogie révolutionnaire, sont à considérer comme du lest dont il s’agit de se débarrasser pour que la montgolfière, le ballon financier spéculatif, s’éloigne plus encore de la terre ferme et de sa grouillante populace.

L’humilité ? La dignité ? Des trucs de losers ! La vertu, non en tant qu’ensemble de règles dogmatiques imposées par le haut aux individus, mais en tant que principe d’effacement, ou plutôt de relativisation, du moi, dans le cadre social public, n’interférant donc en rien avec les mœurs et les choix privés, si tant est que ceux-ci respectent le libre arbitre de chacun ?  A la poubelle !

La justice ? Non plus un recours ultime en cas de litige avéré, mais l’élément d’une stratégie du fort qui vise à soumettre le faible : combien d’entreprises, des Internet Service Providers aux sociétés d’assurance, ne bafouent-elles pas consciemment leurs obligations contractuelles  et leurs propres engagements commerciaux, affichant vis-à-vis du client, cet importun, ce portefeuille meuble, un mépris manifeste ? « T’es pas satisfait ? Oh, on a piétiné tes droits ? On t’oblige à payer une facture indue, on ne te rembourse pas une somme à laquelle tu as droit, on te laisse sans chauffage un hiver entier, on ne répond à aucun de tes courriers ? Pov’ chou, va ! Ben, vas-y, qu’est-ce que t’attends ? Assigne-nous donc en justice : nos cinq ventripotents avocats attendent de pied ferme ton pro deo ! Comment ? Tu oses t’énerver, t’indigner même ? Qu’y a-t-il donc ? Tu ressens une frustration particulière ? »

Résumons : Friedman est le fossoyeur de la démocratie contemporaine, qui a érigé en dogme le profit absolu comme horizon social et sombré ainsi dans le même travers que le communisme : la mise entre parenthèses du bonheur individuel et commun, secondaires, au profit d’un objectif prétendument supérieur.

Ce n’est qu’en démontant la scène, en détachant les rideaux et en éteignant les projecteurs, comme nous y invite de temps à autre un salutaire sursaut de cervelle, que l’on peut se rendre compte du caractère hideux de la société des hommes dans laquelle nous sommes contraints de vivre ! C’est en quelque sorte l’étape « Père Noël » pour adultes, celle qui vous fait perdre toutes vos illusions, vous rend amorphes, soumis et pusillanimes, faisant de vous les alliés asservis mais objectifs de ceux, bien vivants, qui œuvrent à votre perte, obère votre désir, votre aspiration au Juste, votre créativité et votre imagination, et encourage votre bêtise, votre défaitisme et votre bigoterie (1), celle qui réduit l’Humanité au niveau bactérien, où prévaut l’instinct et fait défaut toute perspective, socialise la vie privée (2) et privatise la vie sociale, celle qui révèle un chaos pernicieux stratégiquement organisé, une restriction de vos libertés individuelles (« Marche ou crève ! ») et une pénalisation à outrance, met en berne tout progrès humain, et laisse ainsi la société en jachère, sans la moindre ambition commune, si ce n’est celle du plaisir de diminuer, d’humilier et d’exclure ! Bienvenue ! Bienvenue dans cette société suicidaire, qui fait fi des seules valeurs ajoutées que peut faire valoir l’Humanité par rapport au néant ou aux machines, et ne conçoit, ce faisant, pour cette dernière d’autre issue que l’annihilation !…

C’est là tout le paradoxe : alors que la société patriarcale traditionnelle d’après-guerre était maternante, en ce qu’elle a imaginé et organisé, sous la houlette des comités de Résistance, des Etats forts, fondés sur des principes intangibles et l’objectif du bien-être pour tous, le système mercantile global actuel, qui est supposé permettre une plus grande émancipation des femmes, est intrinsèquement machiste et brutal.

Heureusement, il y a le salut par l’enseignement ! Que dites-vous : ce dernier est complètement inadapté par rapport aux défis démocratiques actuels et futurs ? Mais, que vous êtes bougon, dites donc !

« So you are interested in politics ? But the real power lies in the economy nowadays…” J’ai été sidéré d’entendre, il y a quelques années, un ex-arrière-arrière-cousin par alliance, PDG de multinationale et spéculateur à la Tapie, d’origine grecque, me tenir de tels propos. Le constat est imparable, certes, mais il semblait souscrire à une telle évolution. Que l’économie ne soit (encore) soumise à aucune espèce de contrôle démocratique ne semblait en rien le perturber : la démocratie n’était plus, pour lui, qu’une encombrante façade ! Que vive la ploutocratie, c’est-à-dire l’addition de la théorie de Friedman et de la défaite du politique !

L’Europe l’a entendu, à en croire les récentes révélations du Sunday Times en matière de corruption dans le rang des parlementaires européens : la démocratie est bel et bien à vendre ! La Belgique n’est pas en reste, elle qui s’est érigée en safe haven, en paradis fiscal, pour les entreprises étrangères  qui souhaitent éluder l’impôt dans leur pays d’origine tout en versant une obole ridiculement basse au Trésor belge.

Dans un monde économique que la théorie de Friedman a rendu sans foi ni loi, les Etats se pressent de dérouler le tapis rouge à des entreprises qui ne leur rapportent rien (3), avec l’unique dessein de se rendre populaires et tropicaux, à la manière du petit commerçant napolitain, qui, chaque semaine ou chaque mois, verse à la mafia du coin l’écot supposé lui assurer la protection de cette dernière. Les naïfs qui croient encore que la mafia n’a aucune influence, en termes de masse monétaire, de capacité de nuisance spéculative, d’influence et de praxis sociale, n’ont décidément rien compris !

Face à cette courbe sociale descendante, la politique en est encore, sciant la branche sur laquelle elle s’est endormie, à se répartir entre 50 % de théâtre, 45 % de sacerdoce militariste et 5 % de réalisations concrètes (dont toutes sont bien sûr loin d’être justement pensées ou abouties, sans même parler de leur caractère progressiste).

Comment continuer d’avaler les bobards de ces idéologues de droite restés embourbés dans la guerre froide, qui vous proclament que le capitalisme libéral a accru le niveau de vie global, y compris dans des pays en développement, lorsque l’on prend connaissance, par exemple, de l’opposition ferme et résolue des Chambres de Commerce et d’Industrie américaine et européenne à Pékin à l’octroi de droits et de garanties supplémentaires aux travailleurs chinois ? Comment croire les boniments des prêcheurs de bonne parole issus de Bretton Woods, qui, ne tirant aucune conclusion des erreurs et errances passées, s’obstinent à mutualiser les pertes dues à la voracité de quelques-uns ? Comment respecter les patrons de grandes entreprises (qui, malgré un marketing habile, ne sont pas de la même race que les patrons de PME) lorsqu’ils éludent l’impôt, le sourire aux lèvres, alors que d’autres crèvent dans la misère, ou lorsque bon-papa Marjerie, à la moustache de Père Noël, nous clame sur France 2 (4), face à un Mélenchon passablement désarçonné, qu’il est fier des réalisations de son groupe pétrolier en dictature birmane ?

Si Ben Laden, ce tonneau des Danaïdes rempli d’informations sur les réseaux terroristes et leurs intentions futures, mais jeté précipitamment à la mer, semble-t-il,  n’avait revendiqué le meurtre de  milliers de citoyens innocents, si, en représailles à son assassinat, ses successeurs autoproclamés, au lieu de faire exploser quelque bombe – dirty ou non – dans quelque métro parisien (par exemple), comme il est à redouter que les journaux en fassent état à court ou moyen terme, avaient le courage et la capacité d’organisation de procéder à des frappes localisées en assassinant l’un ou l’autre milliardaire nihiliste (Supposons qu’ils ne le sont pas tous…), un Troemp par exemple, gageons que la sympathie qu’ils recueilleraient serait planétaire…

__________________

 (1)    Voir des profs d’université polonais se masser place Pierre pour la béatification de celui à qui, jusqu’à son dernier souffle, Ratzinger aura imposé un indicible calvaire est de nature à décourager le plus combatif des humanistes. De même, constater le sort qui a été réservé par une poignée de fanatiques au cerveau embryonnaire à un « Piss Christ » qui avait précisément le mérite de dénoncer le détournement de la personne et de l’histoire d’un Jésus dont le corps n’aurait jamais produit que de la pisse, et jamais de sperme, a de quoi laisser béat ! « Suivez, cher troupeau, surtout ne pensez, ni ne questionnez ! »

(2)    Tout occupés à fermer leurs frontières physiques aux indésirables métèques et autres bronzés, tout en rendant poreuses leurs frontières politiques, certains petits chefs d’Etat refusent obstinément de saluer l’extraordinaire maturité démocratique des peuples et individus arabes qui se sont soulevés contre des régimes illégitimes par les premiers financés et soutenus, en comparaison de la bourgeoise et ouatée torpeur d’une certaine jeunesse occidentale. Facebook, Twitter & Co – Arabie (« Meeting Tahir Square in an hour ») versus les mêmes, dans leur version européenne  (« Trop cool, la nouvelle Playstation ! Eh, t’es allé voir « American Pie 9 » hier soir ?») : 1-0 !

(3)    Cf. RTBF, « Questions à la Une », 20/04/11

(4)    Cf. France 2, « Face aux Français », 27/4/11

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