Whatever the attempt, as long as there’s soul !…

Plus que toute autre, l’époque que nous subissons inflige un supplice indicible à tout homme, à toute femme intègre. Le cynisme qui, naguère, occupait joyeusement les marges est aujourd’hui omniprésent, essentiel, dans un système à l’agonie dont tout concourt à la perte.

Le théâtre – le vaudeville, plutôt – s’est emparé de tout tandis que partout triomphent les sophistes aguerris. Faire feu de tout bois est devenu la règle, parvenir l’exclusif horizon. Les moissonneuses batteuses du spectacle ratissent tout sur leur passage ; la désolation est suprême !

De l’intime au commun, plus rien ne doit faire sens : tout flotte dans une espèce d’éther dont seuls le commerce et les devises prétendent vous extirper. Les sirènes du succès formaté saturent vos sens d’appels complaisants à rejoindre l’aliénation consentie mais forcée, à vous fondre dans le grand vide médiatique qui supplante toutes les constantes de la vie et fait de l’humain un puceron.

L’âme est l’ennemie ! L’amour, son fruit, la clé de voûte qui pousse à aller au-delà de toute structure établie et à créer, la menace ! Rendons-le donc impossible, prétendons qu’il est chimère, contrôlons en la plus furtive apparition jusqu’à l’étouffer : l’amour doit disparaître, son incompatibilité avec le système a été décrétée.

Le système, misogyne, exige la rudesse, le combat, la force et l’éphémère. Il ne tolère aucune velléité contraire : la compromission doit être totale, la pureté dans l’impureté entière. C’est dire si le dogme est faible et vacillant : il suffirait de quelque(s) volonté(s) pour le terrasser. Mais, partout, les garde-chiourmes veillent. Les primo-indignés devenus cerbères à force d’abrutissement, de lassitude ou de souci de perpétuation d’une domination subie ne tolèrent pas la différence puisque l’accepter équivaudrait à rendre leur parcours de vie caduc, ou très limité.

Le mouvement doit être total, rien ne doit lui échapper. Peu importe que le recul analytique, ce luxe, permette d’appréhender son aspect figé : tout tourne en rond, tout se perd et rien ne se crée… Néant, ô néant chéri, c’est à toi qu’ils dédient cette ellipse.

Individu et société sont des concepts éculés : seuls subsistent des outils ! Seule prime l’utilité de tout et de tous, dans sa plus étroite acception, et avec les finalités les plus diverses. Seules demeurent des équations intéressées.

Au bagne de l’esprit, la liberté ! Aux galères, l’égalité ! Quant à la fraternité… quoi donc ? Place à la superficialité, à l’analogie et au nivellement !!! Or, ce mouvement-là ne peut être inversé si l’on souscrit aux fondamentaux de l’ensemble.

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