Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 3/ LA TROISIEME GUERRE MONDIALE, UN DETERMINISME INEVITABLE ?

Suite de notre série entamée par les posts du 21/05/12

La pente qui se dessine devant le monde industrialisé, depuis la crise de 2008, pourrait être bien plus abrupte que certains ne l’imaginent. D’abord sourd et latent, le profond malaise qui agite tant les consciences que les peuples d’Europe et des Etats-Unis, commence aujourd’hui à s’afficher à visage découvert. Mouvement Occupy, effondrement sporadique des bourses, ralentissement économique qui prend des allures de récession, violentes émeutes un peu partout : ces phénomènes pourraient refléter plus que des soubresauts. Ils pourraient, comme d’autres le suggèrent à présent ouvertement, être annonciateurs d’une nouvelle lame de fond. Or, en raison du progrès technique inouï engrangé depuis la deuxième guerre mondiale (1), dont le grand public ne soupçonne pas l’étendue, la destruction qu’une telle vague est susceptible de provoquer serait à nulle autre pareille dans l’histoire, pourtant très sanglante, de l’Humanité.

Une source à l’OTAN m’avait confié, à la veille de l’aventure afghane, que des organisations militaires surpuissantes telles que le Pentagone et l’OTAN avaient entre autres pour mission d’anticiper et d’échafauder tous types de scénarios possibles, y compris celui d’un affrontement thermonucléaire global. Un tel cynisme répond aux objectifs qui leur sont assignés par leur tutelle politique. Si, demain, un pays X faisait l’objet d’un attentat non conventionnel, l’on peut imaginer que la plus haute autorité dudit pays souhaite disposer le plus rapidement possible des outils qui lui permettent de cerner la problématique et d’effectuer en conséquence  les choix qu’elle estimera pertinents.

Ainsi, de plus en plus d’historiens affirment que l’invasion nazie de l’Europe aurait pu être contrée bien avant. Peu suspects de sympathies douteuses, ceux-ci affirment depuis quelque temps, preuves à l’appui, que les appareils politique et militaire anglo-saxons disposaient, dès 1942, de renseignements suffisants pour leur permettre de mesurer les conséquences de la décision funeste prise à Wannsee la même année (2).

Que nous apprend cette information quant aux motifs des alliés ? D’une part, il y a les explications officielles embarrassées, qui consistent en une réfutation de la moindre possibilité d’intervenir à ce moment-là : débarquer dans la hâte aurait pu avoir des conséquences ravageuses sur l’issue du conflit. Selon cette thèse, le 6 juin 1944 constituait la première fenêtre de tir crédible, la première option viable. D’autre part, il y a la ronde de spéculations – certains diraient le secret de Polichinelle – relative à la bienveillance tacite des Alliés quant à la part de la politique nazie qui consistait à contenir l’influence soviétique, une léthargie volontaire qui aurait justifié ultérieurement le soutien britannique inconditionnel à la réalisation du projet de Herzl. Tout cela est connu.

Ce qui a été moins examiné, en revanche, c’est à qui, si l’on ose écrire sans être irrespectueux, a profité le crime du côté anglo-saxon : ni aux classes laborieuses, ni à une classe moyenne embryonnaire. Par conséquent, pour dire les choses crûment, qui sont les représentants de l’élite anglo-saxonne qui se sont enrichis sur le dos des déportés ? Les grandes entreprises allemandes qui ont participé à l’effort de guerre, de Krupp à Siemens en passant par VW, sont loin d’être les seules à avoir conforté leur empire… Au-delà des cas de collaboration notoire de grandes entreprises avec l’envahisseur dans les pays occupés, un sujet explosif qui reste aujourd’hui encore largement tabou, car susceptible de révéler ici et là des fondations économiques pour le moins vacillantes auxquelles seuls quelques esprits ronchons trouveraient encore à redire, il s’agirait de veiller à ne pas oublier la dimension extraordinaire de la manne économique réservée de facto aux libérateurs par l’entremise des plans de reconstruction inévitables, qui prendraient le nom de plan Marshall… Voici un exemple typique des scénarios étudiés par les commandements militaires alliés, à la différence près que le délai pour les imaginer a, comme tout le reste, à travers la globalisation, connu une accélération fulgurante : il s’agit donc d’accepter (ou de s’indigner et de combattre fermement) le fait que nos destins massifiés soient déterminés, selon une logique doublement arithmétique (profit escompté et nombre de victimes supposées) par des maîtres qui n’ont à répondre qu’à d’autres maîtres…

Si les mécanismes économiques contemporains, dont l’absence de rationalité, et même de réflexion prospective, est autrement plus patente qu’en 1929, semblent comparables, à des échelles autrement plus imposantes, à ceux de la crise du second tiers du siècle dernier, il convient toutefois de se garder d’extrapoler de manière trop unidirectionnelle quant aux issues possibles du long tunnel que nous traversons.

En effet, l’Europe d’aujourd’hui n’est pas Weimar : nous ne sortons pas d’une boucherie, et les capitaux et investissements qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau ont des origines très diverses : Chine, Russie (pour le gaz principalement), monarchies pétrolières, et Etats-Unis, bien sûr. Ces derniers ne représentent donc qu’une des quatre roues du carrosse du train de vie européen. L’Europe, pour l’heure largement leur vassale, sur les plans militaire et politique, n’est l’ennemie d’aucun de ces groupes, d’aucune de ces puissances, pas plus qu’elle ne l’est du Brésil ou de L’Inde, appelés, sans doute, à y jouer un rôle plus important ! Elle n’est un bloc monolithique ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, de sorte qu’elle ne représente pas pour celles-ci de danger significatif.

A vrai dire, les Etats-Unis sont dans une position bien plus délicate que le vieux continent. L’acceptation tacite du dollar comme monnaie de référence par le reste du monde, qui permet une inflation incontrôlée (c’est-à-dire la fabrication quasi infinie de monnaie) est, en effet, non une constante, mais une variable. Outre qu’elles permettent à quelques spéculateurs sans scrupules de se payer l’une ou l’autre île exotique sur le dos des peuples, les violentes offensives contre la zone euro ne traduisent-elles pas, de manière beaucoup plus structurelle et profonde, la volonté acharnée des Etats-Unis d’empêcher coûte que coûte que leur sacro-sainte monnaie, leur dieu à eux en quelque sorte, perde ce statut si envié, alors qu’ouvertement, des puissances mondiales de premier plan en appelaient, avant la crise, à son remplacement par l’euro, une monnaie aux fondamentaux (aujourd’hui encore) plus solides, en dépit de la cacophonie politique ?

Ecrivons-le tout net : sans ce statut de référent monétaire, les Etats-Unis, qui se dépatouillaient, en 2011, dans une dette publique littéralement astronomique (et croissante) de plus de 15 billions de dollars (3) (Vous suivez ?), un déficit budgétaire de 8,5 % de son produit intérieur brut (4) (bien au-delà des critères de Maastricht…) et un déficit de sa balance commerciale, en hausse de 12,6 % par rapport à l’année antérieure (5), les Etats-Unis, donc, sombrent immédiatement et irrémédiablement dans le chaos total. A plus ou moins court terme, malgré toutes les rodomontades de leurs représentants politiques et les violents affrontements qui continuent de les opposer à ce sujet, ce scénario-là est d’ailleurs inévitable, et il est très dubitable que les ex-maîtres du monde acceptent ce nouvel état de fait without a fight… Ce dont ils ne se rendent pas encore réellement compte, c’est qu’ils se trouvent coincés entre le marteau et l’enclume.

L’Europe ne pourra ôter ses billes de ce jeu de Cassandre et se construire enfin un destin propre qu’à deux conditions, impératives : il lui faudra tout d’abord tourner le dos à toute ambition impérialiste, donc refuser de singer la stratégie hégémonique qui a conduit les Etats-Unis où ils sont – voilà pour l’extérieur – et, que cela plaise ou non, s’inscrire pleinement dans la logique du cosmopolitisme assumé, dont elle deviendrait un nouveau creuset  – volet intérieur. Voilà, en réalité, les deux piliers fondamentaux de Lumières nouvelles !

Cette dernière condition sera, pour l’Europe, la garantie de son nouveau rôle de tête-de-pont occidentale entre les grandes puissances, mais aussi, ENFIN, entre le nord et le sud, tandis que la première devra l’amener à rompre avec toute logique va-t-en-guerre ou néo-missionnaire ! A cet égard, la montée en force du Tea Party et l’influence idéologique et financière malsaine de ce dernier auprès des parlementaires américains républicains, quoiqu’apparemment circonscrites, sont sources d’inquiétude…

Obama, lui, a bien compris, malgré les intenses pressions de lobbies pro-guerre divers et variés, qu’il n’était nullement dans l’intérêt de son pays d’ouvrir de nouvelles lignes de front : chat échaudé craint l’eau froide… En effet, les perspectives financières potentielles d’une nouvelle guerre de petite ou moyenne ampleur ne sont pas suffisantes que pour justifier, a fortiori sans certitude de victoire, et pire, avec le possible embrasement de toute une région instable et difficilement scénarisable (6), une telle odyssée. Quant à une nouvelle guerre mondiale, elle ne pourrait manquer d’amener à recourir à l’arme absolue, annihilant par le même coup toute possibilité de reconstruction et donc tout enrichissement éventuel. Par conséquent, seul un fou pourrait l’envisager sérieusement !

Sur le plan militaire, l’Union devra, quant à elle, s’essayer au casse-tête chinois, à savoir imposer son indépendance militaire, c’est-à-dire structurer son appareil de défense, en évitant, notamment par l’entremise de règles d’engagement claires et contraignantes (7) la constitution de ce qu’un Eisenhower inquiet a qualifié, au terme de son mandat, de « complexe militaro-industriel ».

Depuis que la Défense belge est gérée par l’ultra-catholique De Crem, unanimement reconnu désormais comme le toutou à sa mémère Clinton (après avoir été le puppet du républicain Robert Gates), c’est au contraire la stratégie américaine et atlantiste qui a été privilégiée, notamment à travers des trains de nominations dont la préférence linguistique très marquée n’a pas été la seule à provoquer des remous dans la hiérarchie militaire, allant jusqu’à des demandes publiques et répétées de démission de la part de son plus haut gradé, le général Delcour, enfin acceptée, fin mars dernier, par Monsieur « Le-dentifrice-est-sorti-du-tube » (8) … Il n’empêche : effectuez une courte balade dans les couloirs, à Evère, et vous entendrez les grondements d’insatisfaction de moins en moins discrets de nombre de gradés et de diplomates européens par rapport à l’oncle très envahissant… Pas étonnant, dès lors, que le même ministre de la Défense belge ait pu être tenté d’appeler à un contrôle renforcé de la blogosphère, qu’il juge dangereuse, un contrôle devenu réalité dans la foulée du vote, sous l’impulsion d’une ministre socialiste, du paquet de lois liberticides plus ou moins imposé à la Belgique en guise de transcription locale du “Patriot Act” !…

L’écrire relève de la lapalissade mais le déterminisme, si déterminisme il y a, ne verra sa concrétisation que si les rapports de force actuels ne parviennent à s’extraire de leur carcan habituel, c’est-à-dire celui de puissants intérêts financiers anglo-saxons.

Oui, l’Europe est l’avenir de l’occident, mais il lui faut, principalement parmi le personnel politique, des visionnaires téméraires à la hauteur des ambitions qu’elle n’a pas encore ! Plusieurs posts qui suivent  mettent cruellement en lumière ce déficit. Les hommes et femmes d’Etat européens de demain n’existent pas encore ; ils restent à inventer !

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(1)    ‘Seconde’ est, dans ce cas, l’expression consacrée, que j’ai choisi de remplacer par ‘deuxième’ dans la mesure où une troisième ne peut être exclue…

(2)    Lire, à ce sujet, Richard Breitman, “Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient“, Calmann-Lévy, Paris, 2005.

L’article suivant du monde fait état des principales controverses suscitées par (ou auxquelles s’intéresse) cet ouvrage : http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/article/2005/07/18/les-allies-savaient-ils_673523_641295.html

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/11/17/la-dette-publique-americaine-depasse-les-15-000-milliards-de-dollars_1604817_3222.html

(4)    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120510.AFP5819/etats-unis-excedent-budgetaire-en-avril-apres-trois-ans-et-demi-de-rouge.html

(5)    Source : http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2011/07/20110714172258×0.9815594.html#axzz1vexMuJ6w

(6)    Il suffit de considérer le couac monumental des scénarios de reconstruction en Irak.

(7)    Cela passe par une définition la moins ambiguë possible du type de théâtre de conflits dans lesquels elle estime avoir un rôle à jouer, des conséquences de toutes natures escomptées de telles interventions, et par la confection d’une laisse à étranglement pour le budget de la Défense.

(8)    … en référence à l’une des nombreuses métaphores colorées utilisées (tout à fait sérieusement !) par le lascar. En l’occurrence, l’expression pouvait être traduite par : « la décision a été prise », ou encore  « le dossier est sur la table ».

Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 2/ les USA, une société fasciste ?

Ne nous méprenons pas : l’objet de notre critique dans cette série de posts que nous avons décidé de consacrer au néo-impérialisme américain, qui trouve sa genèse dans le présomptueux « Project for a New American Century (PNAC)», pondu par les Wolfowitz et autres Rumsfeld, de sinistre mémoire (1), peut être partagé par la majeure partie du peuple américain lui-même : comment expliquer, en effet, que des dizaines de milliards de dollars – la somme exacte est inconnue des intéressés eux-mêmes, comme nous le verrons ci-après – soient dépensées en services de renseignements de toutes sortes dont même ceux qui en ont la charge contestent l’efficacité, ceci alors que, comme vous le verrez dans le post du 19/05/12, plus particulièrement le reportage de la BBC intitulé « Poor America », de plus en plus de citoyens américains de la classe moyenne voient s’effondrer leur train de vie, certains étant même contraints de dormir sous les ponts.

La plupart des Européens ont grandi, depuis les eighties, sous une influence culturelle nord-américaine omniprésente et une soumission politique inconditionnelle à l’oncle d’outre-Atlantique. Rejeter cette influence en bloc est insensé car cela signifierait, pour eux, se défaire d’une partie d’eux-mêmes. Ce blog fourmille d’ailleurs de trailers de films hollywoodiens, et plus encore de musiques underground produites le plus souvent aux States. Que les ados du siècle dernier refusent de jeter le bébé avec l’eau du bain n’équivaut pas pour eux, contrairement à ce que nous entendons parfois, souscrire à la vassalité politique, qui ferait partie d’un package, dans la mesure où, à l’opposé de la soupe dégénérée servie aux ados du siècle actuel, une large majorité des œuvres du XXe contenaient en elles les germes de la contestation à l’égard du système américain lui-même ! Sans doute est-il là, le génie américain !… Que l’on songe, par exemple, aux textes rageurs de Zack de La Rocha, frontman de Rage Against the Machine, qui jamais, lors de ses concerts, ne manque une occasion d’égratigner la CIA, ou encore, plus largement, à la multitude d’Américains qui se sont ralliés au mouvement Occupy Wall Street !, parmi lesquels l’organisateur du très populaire festival de rock underground Lollapalooza, Perry Farrell, par ailleurs frontman de l’excellent Jane’s Addiction…

Notre propos n’est donc pas là : seuls ceux qui ne connaissent rien aux Etats-Unis critiquent ceux-ci en bloc, dévoilant ainsi leur méconnaissance du sujet. Les Etats-Unis ne sont pas un bloc ! Il n’y a pas que les fous furieux du Tea Party aux Etats-Unis ! Les Etats-Unis, malgré le phénoménal écart qui existe entre le peuple et ses élites, qui rend la prise de décision souvent encore plus opaque que chez nous et explique pour partie le taux d’abstention record lors de la plupart des élections, ainsi que la quasi-mainmise de lobbies affairistes sur le Congrès – comme c’est encore le cas en ce qui concerne les minables tentatives de repeal, c’est-à-dire de retrait, de la loi qu’Obama, lorsqu’il avait les coudées plus franches, avait courageusement fait voter pour permettre à tous, y compris aux plus démunis, l’accès aux soins de santé – sont indéniablement une belle et grande démocratie, en tout cas au sens inachevé et très, très perfectible où nous l’entendons aujourd’hui…

Stricto sensu, parler de fascisme américain, a fortiori de nouveau fascisme américain, n’a donc aucun sens, les USA n’ayant jamais jusqu’à présent, à l’exception peut-être de l’ère Bush Jr., traversé de période fasciste. Toutefois, ce sur quoi nous tentons dans cette série d’attirer l’attention, ce sont les dérives antidémocratiques que permet, voire favorise, précisément un tel libéralisme politique, dans lequel un chat ne retrouverait plus ses petits.

Soyons lucides : le président américain, et avec lui le Congrès, sont loin de contrôler tout. Certes, conformes à leur impérialisme prétendument émancipateur, en dépit de ce que l’on continue d’enseigner contre toute évidence à de nombreux petits élèves américains, et fidèles, en outre, à leur mentalité de pseudo-porte-étendard de la liberté mondiale, qui résultent bel et bien d’une direction et de choix politiques, les Etats-Unis sont tout sauf les enfants de chœur dont ils ne résistent pas de se parer, de temps à autre, des atours. Mais au-delà de cette arrogante tentation de faire tourner le monde à eux seuls, un danger – peut-être plus important encore – guette, un danger auquel le peuple américain lui-même est exposé en première ligne, et qui est consubstantiel au libéralisme politique du pays (2), à son anti-jacobinisme, à son anti-centralisation (laquelle se marque par le grand pouvoir, justifié historiquement, qui est dévolu aux Etats qui composent l’Union), c’est le morcellement du pouvoir, la possibilité pour l’un ou l’autre groupe donné, pour tel ou tel groupement phalangiste, pour d’obscurs adorateurs de divinités païennes ou ultra-chrétiennes par exemple, de contrecarrer, fût-ce, le cas échéant, sous couvert de l’alibi de la « plausible deniability » (3), l’autorité des pouvoirs constitués afin de mettre en œuvre un agenda politique et / ou financier qui leur est propre et ainsi, peut-être, poser les bases d’une société beaucoup moins libre qui pourrait, à terme, s’approcher du totalitarisme.

A cet égard, le document qui suit, un reportage de l’émission « Frontline », de la très professionnelle chaîne publique américaine PBS, est édifiant à plus d’un titre. Consacrée à l’entrelacs d’agences de renseignement qui ont poussé comme des champignons depuis les attentats de 2001, l’enquête révèle en effet, outre l’obsession du fichage qui caractérise désormais les USA (et pas eux uniquement !), une évolution des plus inquiétantes, une faille béante en fait, dans le réseau de protection national américain, à telle enseigne qu’elle pourrait, pour un esprit mal tourné, être à l’origine d’éventuelles vulnérabilités, de possibles attentats futurs sur le sol américain.

En guise d’illustration, voici quelques propos significatifs de hauts responsables américains du renseignement qui tous avouent très cyniquement être complètement dépassés par la machine mise en branle sous Bushito

L e documentaire est disponible en fin de post. Enjoy, if you can !

Michael Hayden, Ancien directeur de la NSA et de la CIA et Général 4 étoiles e.r . :

« Je ne pourrais raisonnablement prétendre savoir tout ce qui s’y passe. Je pense que quelqu’un a dit que seul Dieu connaissait tous les programmes spéciaux. Je pense que c’est vrai. Est-ce une bonne chose ? Probablement pas. Est-il possible de l’éviter ? Probablement pas.

[…]

J’ai été au service du gouvernement [américain] pendant quarante ans, principalement dans le renseignement. Jamais je ne vous affirmerais que j’en connaissais toutes les entités. » (4)

Thomas Kean, Président de la commission du Congrès américain consacrée aux attentats du 11/09/01

« Le Congrès n’assume pas sa tâche de supervision, et il admet lui-même ce dysfonctionnement. Dès lors, qui prend les décisions et où se prennent-elles ? Elles le sont dans les 17 différentes agences de renseignement, et personne n’en assure la coordination. Par conséquent, le gonflement des budgets est inévitable, au même titre que les redondances. » (4)

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(1) Souvenez-vous, il s’agit de ce sale personnage hautain, à l’appartenance au KKK (ou à ses succédanés) présumée, qui avait eu l’outrecuidance de s’adresser sur un ton menaçant au Parlement européen comme à une troupe de cirque, à l’aube de l’aventure irakienne… Le PNAC, quant à lui, visait tout aussi présomptueusement à assurer la domination séculaire des Etats-Unis sur le monde.

(2) Ce libéralisme est cependant battu en brèche par la constitution d’une administration du renseignement pléthorique : le reportage qui suit révèle en effet que 800.000 employés américains disposent d’une higher security clearance, c’est-à-dire d’un accès à des renseignements privilégiés.

(3) Souvent utilisée par les auteurs de scénarios hollywoodiens, cette ficelle permet à des groupes, militaires ou autres, de mener des actions spécifiques de manière covert, c’est-à-dire officieuse, parfois sans même que les élus en aient eu vent au préalable, donc sans même qu’ils n’aient eu à donner leur aval.

(4) Traduction libre

The End of an Era, TOWARDS A NEW WORLD EQUILIBRIUM !

As I would not be a slave, so I would not be a master.

This expresses my idea of democracy.

(Abraham Lincoln)

Gather, ye forest folk, and attend our tale ! The desperate call of heavy hearts is answered ! Mocking priests of the dusk, by the power of our Alliance, the four elements shall have their will of all of you, and with the water that will submerge your infinite boastfulness will rise the sign :PEASANTS ARE FREE ! CARE IS RESTORED !” ”

« Minner Burris est un homme heureux, il a cet ensemble de petits quelques choses qui le démarque des autres. Le succès professionnel, le succès auprès des autres hommes et des femmes.
L’Homme a quitté le système solaire depuis peu – et c’est à la tête d’une équipe de trois astronautes que Minner part sur Manipool établir un premier contact. Leurs corps y seront l’objet d’expériences où ils seront démontés puis reconstruits entièrement mais dont seul Minner réchappera. C’est donc détruit mentalement et physiquement qu’il rejoint la Terre où il passe ses jours enfermé seul à se morfondre.

Lona Kelvin est une fille banale de dix-sept ans, unique par son histoire : c’est la vierge aux cent bébés ! Des savants lui ont prélevé des centaines d’ovules fertiles mais immatures pour réaliser cette expérience. Celle-ci était publique mais pas le nom de la donneuse, alors le jour où la fuite a lieu c’est l’explosion médiatique : on écrit des chansons et des livres sur elle, on réalise des reportages sur sa vie, etc. Puis, « celle qui avait été l’idole du monde pendant neufs jours retomba dans l’obscurité le dixième », seule et sans bébé.

Duncan Chalk est un magnat de l’industrie du spectacle. Il possède le don « vampirique » de se nourrir des émotions des autres et plus particulièrement de la souffrance et du doute. Il est constamment à la recherche de nouveaux phénomènes pour satisfaire ses besoins ainsi que ceux des foules anonymes qui ont fait son empire. La fille et l’astronaute ne manquent pas d’intérêt pour lui. Ce livre est l’histoire de leur rencontre.

Il va les réunir en promettant un nouveau corps à Minner ainsi qu’un de ses bébés à Lona, puis leur permettent de poursuivre leur rencontre par un énorme voyage de plusieurs mois à travers la Terre puis le système solaire. Une histoire riche en émotions au cours de laquelle leur relation évoluera pour le plus grand plaisir des gens normaux.

Silverberg critique la société du spectacle en particulier à travers le don de Chalk, une métaphore de chacun d’entre nous dans le monde actuel. Si l’auteur impute principalement ce défaut aux couches populaires, il s’attaque aussi aux médecins, au sens moral quelque peu diminué, qui mettent plus en avant le progrès [au sens de l’approfondissement et de l’augmentation du savoir sur la physiologie et la psychologie humaines] et la technique que l’être humain. » (1)

« Suddenly, a banking community will not be able to lend money. People will not be able to buy houses. That feeds on itself, and that’s how recessions work : businesses start to lay off workers, they can’t get loans to meet their payoff, they can’t get loans to keep their businesses going. Businesses go out of business, more people are let go. Other people are afraid they will be let go, they stop spending, they spend less money. Business makes even less profit, more businesses go under, and all this feeds on itself, and the economy sinks into a sort of death spiral […], but that takes time : markets can collapse in a few days, the economy sinking takes time.” (2)

America will never be destroyed from the outside.

[When] we [will] falter and lose our freedoms, it will be because we destroyed ourselves !

(Abraham Lincoln)

 

LONG LIVE THE AMERICAN PEOPLE !

TO HELL WITH AMERICAN SHARKS AND VULTURES !

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(1) Source : http://www.cafardcosmique.com/Un-jeu-cruel-de-Robert-SILVERBERG

(2) Jeff Madrick (Journalist, Economic Policy Consultant and Analyst, Author of “Age of Greed, The Triumph of Finance and the Decline of America, 1970 to the Present”) in “1929, La Crise” by William Karel, Roche Productions)

PRAISE GUNS BUT KILL CANNABIS, HUH, BARAKI…

CANNABIS IS WAT SCARES THEM BECAUSE IT CAN BRING THEIR MIND PRISONS DOWN !!! IT HELPS PEOPLE THINK AND LIBERATES THEM FROM THE FAKE ! BUT, IN THE END, THEY’LL BE AS POWERLESS AS  ANTS FOR FREEDOM WILL WIN BIG TIME ! FUCK THEIR GAMES, FUCK THEIR WARS !!!

“Agents in Oakland raid leader of medical marijuana movement

IRS and DEA officers seize files from Oaksterdam University, a marijuana trade school, and a dispensary run by Richard Lee, who helped put the Prop. 19 legalization measure on the ballot.

By Lee Romney, Joe Mozingo and John Hoeffel, Los Angeles Times

April 3, 2012

OAKLAND — Federal agents struck at the heart of California’s medical marijuana movement, raiding the nation’s first pot trade school and a popular dispensary, both run by one of the state’s most prominent and provocative activists, Richard Lee.

The raids in Oakland by the Internal Revenue Service and Drug Enforcement Administration sent a shudder through the medical cannabis trade and angered the plant’s devotees, who believe the federal government is trampling on California law and the wishes of voters who approved medical marijuana use nearly 16 years ago.

 

Now they are wondering what message the federal government is trying to send. President Obama promised during his 2008 campaign not to prosecute medical marijuana users who comply with state law, and Deputy Atty. Gen. David Ogden reiterated that position in a 2009 memo that many credit with helping spark the medical pot boom.

“For them to go after someone who’s as high profile as Richard Lee likely sends a message that they will go after anyone anywhere in the state over medical marijuana and that Obama’s promises are hollow,” said Joe Elford, chief counsel for the advocacy group Americans for Safe Access.

 

The Justice Department has been cracking down on California’s dispensaries and growers since October. But until Monday, agents had not targeted the most visible leaders, or the movement’s cradle in Oakland, where the city issues permits and taxes cannabis establishments and where Lee’s Oaksterdam University looms above Broadway with a giant college seal adorned with marijuana leaves.Monday’s raids included Lee’s apartment, an associate’s home, the university, the dispensary and an adjoining marijuana museum, as well as a property where the dispensary formerly operated. (Lee was forced to move the business in October after the U.S. attorney sent a letter to his landlord threatening to seize the property.)The search warrants were sealed, so it is unclear what officials retrieved. Witnesses saw agents toting out boxes of documents and bags of plant material.Lee, 49, was briefly detained, as were three workers at his dispensary.A paraplegic who has used a wheelchair since a severe spinal injury in 1990, Lee has said he uses marijuana to treat muscle spasticity. He opened his dispensary Coffeeshop Blue Sky in 1999, worked with city officials to regulate the industry and founded Oaksterdam in 2007 to try to legitimize it. Lee used his marijuana earnings to put the legalization measure Proposition 19 on the ballot in 2010.Although the initiative failed, it is widely credited with raising public acceptance of the idea of legalization nationwide. Colorado and Washington will have similar measures on the ballot in November.

“I don’t know whether this morning’s raid represents some form of ‘payback’ for Proposition 19,” said Ethan Nadelmann, executive director of the influential Drug Policy Alliance, which seeks to reform the nation’s drug laws. But I suspect and hope that the principal impact of such heavy-handed police actions by federal authorities will be to increase support for the broader legalization of marijuana.”

Nadelmann said the big question was whether the crackdown that began last fall was orchestrated by the Obama administration or by local federal officials. A spokesman for the Justice Department in Washington declined to comment, as did officials with the DEA and IRS, saying the warrants and investigation were “under seal.”

Federal agents have conducted more than 170 raids of medical marijuana operations nationwide since 2009, according to Americans for Safe Access.

Since October, U.S. attorneys have sent at least 300 letters to landlords of dispensaries in California and Colorado, ordering them to evict their tenants or face seizure of their property and prosecution. They have threatened local officials trying to permit dispensaries. The Federal Deposit Insurance Corp. has pressured banks to close accounts linked to marijuana. And the IRS has audited dozens of dispensaries using an obscure provision of the federal tax code that prohibits drug traffickers from making any deductions.

Critics of the proliferation of medical marijuana dispensaries applauded the federal intervention.

“For them to go after Oaksterdam, which is internationally known for [flouting] federal law, sends an extremely strong signal not only to California pot stores, but also around the rest of the country,” said Paul Chabot, president and founder of the Coalition for a Drug Free California. “I think in the last year we’ve turned the corner on marijuana. Now we’ve seen city after city, county after county ban dispensaries.”

But some Bay Area elected officials were not pleased.

Rebecca Kaplan, a member of the Oakland City Council, said it made no sense for the government to strike “an exemplary community member” operating in a city with some of the tightest regulations in the country. “What is the goal?” Kaplan asked. “Is it a political goal? Is it about sending a message? It certainly raises the concern that people may be targeted for their political speech.

“We have in Oakland a real need for law enforcement resources on real crime that’s a threat to people. If there’s extra law enforcement resources available, it would be nice if it would be devoted to illegal gun crime and stopping illegal gun dealers.”

Los Angeles Times”

If this is a republican set-up, tijd om kleur te bekennen, makker !

La com, c’est comme la rage : il n’y a qu’une bonne piqûre pour en venir à bout !

Qu’y a-t-il de commun entre les coupes sombres dans la sécurité sociale, le « fichier d’empreintes génitales » inauguré en grandes pompes par le premier trouduc de l’Intérieur voisin, dans la foulée des « fellations » prétendument improvisées par une sacrée coquine et des Lumières déculottées par tel ou tel olibrius, ou encore le panel républicain américain – impérial, en réalité – qui rivalise d’idiotie et de vice intellectuel pour devenir calife à la place du calife ? Le mépris manifeste du peuple, pardi !

Lorsque le crâne d’œuf suffisant qui préside aux peu glorieuses destinées des pensions publiques belges, tellement confiant dans la longévité de Di Rupo I qu’il vient d’annoncer souverainement et à la hâte (stress test ?), lors de la première semaine de gouvernement, le relèvement rapide de l’âge légal de départ à la retraite, assorti d’une réduction drastique du droit à la prépension et de la fin programmée d’une organisation flexible et individuelle de la carrière – thème prétendument libéral, pourtant – affirme œuvrer à la réduction du déficit public, ledit crâne d’oeuf se souvient pertinemment des 15 milliards d’eugros de largesses fiscales consenties aux entreprises durant l’ère Verhofstadt, son mentor, par la grâce de l’inflation masquée rendue possible par le passage à l’eugro, en 1999.

Quinze milliards d’eugros de ristournes et autres boni fiscaux aux entreprises en une dizaine d’années (1), sans la moindre contrepartie, voilà un petit pactole, en effet, que les Robins des relais et châteaux, à rebours de ce que commandent le bon sens commun, la conscience sociale et l’empathie vis-à-vis des petits, se chargent à présent de récupérer manu militari auprès de ces derniers ! C’est que, par ailleurs, le souffle chaud du flatulent a changé de direction et se dirige à présent vers les thatchériens flamands !

Mais, à souffle chaud, souffle chaud et demi : les semaines et mois qui viennent seront l’occasion de démontrer que le mépris continu des pseudo-élites politiques de centre-droit à l’égard des couches populaires se traduit immanquablement de deux manières : soit la violence indistincte, soit la grève générale ! IL EST GRAND TEMPS QUE LES GRANDS PATRONS PRENNENT DANS LE FION A LEUR TOUR, car le destin d’un peuple n’est pas lié au destin des grandes entreprises : ils sont, au contraire, en contradiction flagrante ! En effet, les pseudo-réformes envisagées ne sont, en réalité, à l’heure du trentième anniversaire du chômage de masse, qu’une manière de soumettre, de tenter de tuer dans l’œuf la contestation naissante, légitime !

Certes, avec une opposition francophone inaudible, car prise en étau par des considérations de marketing politique à l’opposé de ses convictions profondes et dominée par un crétin gominé dont le second (et donc ultime) mandat de président est arrivé à échéance il y a plusieurs mois déjà, s’opposer à ce qui a été péniblement mis sur pied peut s’assimiler à du masochisme, car la première alternative qui vient à l’esprit serait sans nul doute pire. La tension, sur les plateaux de télé du nord du pays, était d’ailleurs perceptible, à deux doigts de l’admonestation même, lorsqu’un autre lion flamand, poussé dans le dos par sa base échaudée, est venu annoncer cette semaine une fronde sociale sans précédent depuis les mouvements populaires de naguère (mineurs, agriculteurs, dockers, étudiants, …), et donc de très chaudes semaines et mois en perspective. Mais faire fi de toute opposition de gauche, c’est aussi faire le jeu de la droite !

En tout état de cause, il s’agit, pour les éminences crânes d’œuf, de communiquer, comme, dans la marine, les vaisseaux de guerre envoient des leurres pour déstabiliser leurs assaillants. « Ayez confiance, c’est pour votre bien ! » Quinze milliards sans contrepartie, vous dit-on, trouducs !

La com permet de faire avaler les pires couleuvres, elle peut faire passer du bleu pour du rouge ! La com n’a aucune essence, elle est vide. Demandez donc à Séguéla, il vous le dira (en privé) : la com est l’illustration parfaite du postulat naturaliste sur lequel se fonde le système libéral-capitaliste pour clamer son apolitisme.

Zadig & Voltaire, de même que les godes et autres mises en bouche que l’on s’envoie à la gueule, ce ne sont pas que des messages subliminaux que les intéressés s’adressent par médias interposés, c’est le fruit d’une longue maturation dans l’intellect de VRP d’agences de relations publiques : « Vas-y, Claudie, t’es complètement nul et t’as rien à dire, mais c’est pas grave. C’est tellement gros qu’on parlera de toi, et n’est-ce pas là l’unique objectif ? »

Elle peut se faire violente aussi, la com, car tous les moyens sont bons. Que l’on se rappelle Sharon et ses provocations verbales et physiques répétées à l’endroit des Palestiniens juste avant les élections, sur les pas duquel s’engage à présent un crétin républicain amériki parmi les autres, qui, malgré son appartenance supposée au KKK, diabolise un peuple entier en le qualifiant d’essentiellement terroriste. Puisque les idées ont perdu et l’ego a triomphé, pourquoi se gêner ? Je dirais même mieux, tiens : ces sales Palestoches, il faudrait tous les enfermer dans des camps ! Ah, mais j’oubliais : c’est déjà, grosso modo, le cas…

Si on laisse de côté la com, de quoi s’aperçoit-on ? L’indigence intellectuelle et morale des pseudo-prétendants califes, dans la droite ligne du W, est telle que l’on ne peut s’empêcher de penser que le GOP pourrait laisser passer sa chance, cette fois, en présentant un clone de Bob Dole et en continuant d’utiliser Big O comme paravent pour sa politique conservatrice et sa diplomatie agressive, comme il le fait depuis plusieurs mois, pour le faire exploser en vol, d’une manière ou d’une autre. C’est tellement plus fun, et moins risqué !

Dimanche dernier, en présence de ministres à la fois démissionnaires et fraichement émoulus (en vrac, un ex des Finances qui, selon de nombreuses enquêtes, a été, douze ans durant, un complice silencieux de la fraude fiscale à grande échelle des grandes entreprises (2), le futur président des socialistes belges francophones, une ministre de l’Intérieur couillue et à la dent dure), l’un des pilotes du tandem aux commandes de l’émission de débats politiques « Mise au Point » (RTBF) a entamé l’échange par une question originale, périlleuse même pour qui, comme le piteux président non élu du Directoire impérial européen, affirme établir entre politique et sentiments – politique et humanité, pourrait-on paraphraser – une cloison étanche : « sur le plan humain, qu’avez-vous retenu de ces 541 jours de crise ? »

On pouvait voir les éminences embarrassées. « Mais que me demande-t-il donc là », lisait-on sur les visages. « Chercherait-il, ce fourbe, à me déculotter en public, à me faire passer pour un sentimental face à mes nouveaux amis /adversaires / tontons flingueurs (3) ? » Peinant comme devant un exercice de dissertation particulièrement exigeant, tous ont répondu à côté de la plaque : « moi, ce que je retiens, c’est la découverte sincère d’une amitié naissante et à nulle autre pareille avec mon pote Leterme », moi ceci, moi cela… L’ego était de retour, sans doute même n’est-il jamais parti. Insistance du journaliste, reformulation… rien n’y fit : ce n’est que de la com, braves gens !

Et l’humilité, l’humilité face au peuple, à laquelle semblaient pourtant renvoyer les excuses de Di Rupo en amorce de son discours d’investiture, vous en faites quoi, Mesdames, Messieurs les Seigneurs ?…

___

(1)    Que l’on cherche à stimuler les PME, dont l’ancrage est local et donc bénéfique pour l’économie réelle et l’activité professionnelle, est très compréhensible. Que l’on se mette à plat ventre pour prendre le BEL 20 et autres NYSE dans le cul témoigne, en revanche d’une volonté politique à toute épreuve…

(2)    Selon ces enquêtes (de « Panorama », émission de la VRT, notamment), qui se basaient sur les témoignages concordants d’insiders au ministère des Finances, une grande entreprise court le risque monumental de se faire contrôler par le fisc tous les vingt-cinq ans, elle !

(3)    Biffer la mention inutile.

“I, Barack Hussein Obama, do solemnly swear that I will faithfully execute the Office of President of the United States […]”

Les anti-Américains rabiques seront immanquablement là pour rappeler le capitalisme destructeur, l’impérialisme guerrier, l’absence de séparation entre l’Eglise et l’Etat, bref toutes ces tares selon eux enfantées par nos cousins d’outre-atlantique. Prétendre, toutefois, que Toby Ziegler et Sam Seaborn n’ont pas réalisé, avec le discours que vient de prononcer devant le Congrès le 44e président des Etats-Unis, une véritable prouesse politique, ils ne le pourront pas !

Dans un pays dont la dette a, pour des raisons diverses (1), atteint des proportions tellement astronomiques que l’esprit humain peine à en imaginer l’ampleur (14 trillions de dollars !) et où le président en exercice a été franchement malmené lors des dernières élections législatives de mi-mandat, le taux de satisfaction de la population par rapport à l’action de ce dernier n’en continue pas moins de dépasser les 40 %, ce qui doit faire froncer quelques sourcils dans l’une ou l’autre chancellerie ou présidence européenne.

Obama a entamé cette nuit (vers 3 heures GMT), dans l’enceinte du Congrès, son discours sur l’Etat de l’Union dans un contexte que l’on sait pourtant marqué par un affrontement vivace et frontal entre les partis démocrate et républicain, ce dernier étant poussé dans le dos par les fanatiques du Tea Party, un affrontement que seule la récente tentative d’assassinat de la députée démocrate d’Arizona Gabrielle Giffords, qui suivait la cérémonie depuis son lit d’hôpital, est parvenue à tempérer…

C’est en son honneur et pour calmer les ardeurs les plus folles que, faisant fi du protocole, les députés et sénateurs des deux partis ont décidé de prendre place côte à côte dans l’hémicycle, et qu’ils portaient tous un ruban noir et blanc à la boutonnière. Cette fois, c’est l’une ou l’autre force politique « belge », qui prétend, citant notamment Bill Clinton, s’inscrire dans la tradition libérale-démocrate mais fonde en réalité son programme sur des exigences que ne renierait pas le Grand Old Party (GOP), qui pourrait s’inspirer de la leçon… Après tout, « abyssus abyssum invocat »… Le président a donc, avant toute autre considération, rendu à Madame Giffords un vibrant hommage, en appelant parallèlement à surmonter les tensions partisanes dans l’intérêt du pays et du peuple, parce que “the challenges we face are bigger than party, bigger than politics.

Cette nécessité d’un sursaut démocratique qui transcende la particratie a émaillé le discours présidentiel, de même d’ailleurs que la prépondérance de la toile dans le monde contemporain : internet a, sans le moindre doute, été le mot le plus souvent prononcé dans le discours. C’est qu’Obama n’oublie pas qui l’a fait élire : il sait pertinemment que la génération YouTube a été décisive pour son élection, et qu’elle le sera de nouveau dans un peu moins de deux ans. Il s’est d’ailleurs, avant le State of the Union, adressé directement à la web génération en l’invitant à s’exprimer et à se faire entendre.

Le discours lui-même était le fruit d’un dosage très subtil entre priorités démocrates et dadas républicains : il fallait bien faire à ces derniers quelques concessions, telles qu’une plus grande modestie dans les dépenses gouvernementales (ce qui impliquera des arbitrages, y compris en matière de défense), une diminution de la pression fiscale pour les entreprises et une plus grande régulation de l’immigration illégale.

Mais ce qui est remarquable, c’est que le Président n’a lâché aucun centimètre de terrain sur les sujets pour lesquels il s’est le plus investi jusqu’à présent. Alors qu’il tournait le dos au nouveau Speaker de la Chambre des Représentants, le républicain John Boehner, à qui il a, en fin de discours, envoyé, mine de rien, une belle tomate pourrie à la figure, et qui ne pouvait qu’applaudir comme une potiche à nombre des propositions formulées par Obama, ce dernier a réaffirmé solennellement que s’il était ouvert à l’idée d’aménagements superficiels à sa réforme du système de santé (Health Care Bill) en vue d’en améliorer l’efficacité, il était hors de question qu’il en accepte le détricotage, et le tout avec un humour communicatif dont on a rarement vu un président des Etats-Unis faire usage dans une telle enceinte, à une telle occasion. Il n’a pas davantage manqué l’occasion de rappeler que, par les temps d’incertitude économique que nous traversons, il était inadmissible que les 2 % d’Américains les plus fortunés se voient accorder des ristournes d’impôt, et, inspiré sans doute par Buffett, Gates et consorts,  il a même exhorté les millionnaires à contribuer davantage à l’effort national… Allo, Funès ?

Son intervention était pourtant tout entière marquée par le souci de réorienter prioritairement l’action gouvernementale sur les besoins intérieurs. Ainsi, le chapitre qu’il a consacré, en fin de discours,  à la politique étrangère de son pays ressemblait davantage à une longue énumération de principe, qui s’assimilait parfois, d’ailleurs, à du wishful thinking (en ce qui concerne les progrès accomplis, selon lui, en Irak et en Afghanistan, par exemple), même s’il a salué la bravoure des soldats américains, en profitant, au passage, pour rappeler l’abrogation de la mesure « don’t ask, don’t tell » (qui interdisait aux soldats gays d’afficher leur préférence sexuelle), ainsi que la fierté du peuple tunisien, car « the U.S. stands with the people of Tunisia and supports the democratic aspirations of all people »… A bon entendeur : les Etats-Unis ne renoncent en rien à leur vocation messianique mondiale, littéralement inscrite dans leurs gènes historiques, mais celle-ci trouve désormais sa concrétisation par l’entremise d’une smart foreign policy, qu’on a vue à l’œuvre en Tunisie : “what sets us apart is not only our power, it’s the principles behind it »…

Pour répondre aux défis économiques nouveaux posés par un monde en rapide mutation (2) et permettre de doubler le montant des exportations d’ici 2014, il a cité trois axes majeurs :

–          L’innovation, car « the future is ours to win. » Rappelant l’avance temporaire prise par les Soviétiques dans la conquête de l’espace lorsque ces derniers avaient lancé avec succès le satellite Sputnik, il a déclaré sans détour, faisant allusion, une fois encore, à internet et allant jusqu’à citer Google et Facebook : “this is our generation’s Sputnik Moment.”

Evoquant, en outre, le défi des énergies renouvelables et propres (auxquelles il inclut malheureusement le nucléaire et les biocarburants…), il a appelé à « se réinventer » et à « financer les projets Apollo de notre temps », déclarant la guerre à l’industrie pétrolière en annonçant la fin des subventions dont bénéficie celle-ci.

–          Le deuxième point phare était l’éducation : il serait heureux, a-t-il dit, que ne soient plus uniquement honorés les lauréats de telle ou telle compétition sportive nationale (le Superbowl en tête), mais aussi les inventeurs scientifiques. Il a annoncé aussi qu’il intensifierait l’effort visant à rendre les études universitaires accessibles au plus grand nombre, notamment par l’extension des crédits éducatifs, et – last but certainly not least – il a promis la création échelonnée de 100.000 nouveaux postes d’enseignants, concluant sa promesse par un vibrant appel aux indécis professionnels : « become a teacher, your country needs you ! » Ah, si seulement les autorités de certains pays qui nous sont proches avaient ne serait-ce que le dixième de sa classe, le centième de son inspiration !…

–          Enfin, il a mis l’accent sur la nécessité d’ambitieux projets d’infrastructure, tant réels que virtuels. En effet, le moment est venu, selon lui, de garantir à chaque Américain, où qu’il se trouve, un accès rapide et assuré à internet, mais aussi de construire des lignes de TGV destinées à interconnecter bien davantage les villes entre elles. Soit dit en passant, n’est-ce pas aussi une nécessité en Europe ? Combien d’emplois la construction de TGV transeuropéens permettrait-elle de créer ? Quel impact un tel projet n’aurait-il sur l’économie européenne ?…

Il est de bon ton, aujourd’hui, de jouer les chats échaudés par rapport aux ambitions gigantesques qu’avait suscitées le candidat Obama. Et les pisse-vinaigre de nous rappeler sa promesse (non tenue) de fermeture de Guantanamo, par exemple. Mais il s’agit là de faux procès : la bulle spéculative suscitée par un espoir de renouveau sans pareil après huit années de mandat Bush était devenue tellement irrationnelle que les médias avaient fait d’Obama un dieu avant même qu’il ne soit élu : les gens avaient besoin de croire ! Il serait digne de le reconnaître, aujourd’hui, tout comme il serait honnête d’admettre que les Etats-Unis n’ont plus connu depuis longtemps président libéral social plus sincère, plus frondeur, plus stratège et plus efficace qu’Obama, dont la liste des réalisations, quelques mois à peine après la mi-mandat, est impressionnante !

Ce n’est ni faire dans l’angélisme, ni succomber à une prétendue idolâtrie pro-américaine que de saluer un grand homme politique contemporain (Il y en a si peu, par les temps qui courent…) et de conclure, avec Barack Obama : « our destiny remains our choice » !…

___________

(1)    Efforts de guerre conjugués, sous l’administration précédente, dont les répercussions continuent de se faire sentir, mais aussi néo-keynésianisme revendiqué par l’actuel président jusqu’avant les dernières midterms

(2)    Il a souligné que la Chine détenait aujourd’hui la plus grande usine de production / transformation d’énergie solaire au monde, un fait qui devrait, ici aussi, faire réfléchir les Européens, tout occupés à examiner jusqu’à la dernière virgule du traité de Lisbonne, supposé transformer le vieux continent en économie la plus innovante et la plus compétitive au monde…

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