Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 4/ MIT ODER OHNE PNAC ?

« Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Il n’y a pas de juste milieu ! » Voilà, certes résumé en un postillon plus ou moins articulé, le principe de base de la doctrine américaine vis-à-vis de l’Etranger. Exprimée de manière tantôt agressive, tantôt plus subtile, se traduisant ici et là par des coups d’Etat avortés (la baie des Cochons, à Cuba, par exemple), d’autres extraordinairement réussis (la mise à mort d’Allende et son remplacement par le ch(il)ien aux lunettes noires et au masque de fer, par exemple), des attentats et / ou assassinats divers et variés (au Pakistan, en Iran, en Belgique, en des temps pas si lointains ?), une telle conception du monde ne trahit-elle pas le peu d’assurance, l’infantilité morale et intellectuelle de ceux qui s’en réclament ? Ne constitue-t-elle pas un patent aveu d’incapacité, pour la jeune nation que sont les Etats-Unis, en termes relatifs, et une certaine catégorie de ses dirigeants en particulier, que ceux-ci officient devant les caméras ou dans l’ombre, à dépasser l’Œdipe ? Mettez à la disposition d’un enfant malaimé un arsenal militaire et paramilitaire (de renseignement), entourez-le de vizirs fourbes et obscènes, et vous obtenez… Qu’obtenez-vous, au fait ?…

Qui de Gore ou de Bushito aurait mené la présidence américaine la plus gore ? On ne le saura jamais… Y avait-il un agenda invariable ou la tragédie de 2001 était-elle destinée à une présidence, à une administration, en particulier ? Bien avant l’interminable contestation du résultat du vote en Floride, un panel d’experts conservateurs attitrés ou revendiqués, une espèce de think tank d’un genre particulier, avait coutume de se réunir aux fins d’examiner l’état du monde et les moyens dont disposaient les Etats-Unis pour le faire leur plus encore.

Regroupant notamment D. Rumsfeld, qui deviendrait ministre de la Défense sous le premier mandat du fils à, avant d’être contraint à un piteux retrait, D. Cheney, l’homme aux mille visages, tel que le définissait, dans les années 1980 déjà, Gil Scott Heron dans sa chanson “The Revolution Will Not Be Televised“, l’homme d’Halliburton, le contractant paramilitaire qui, avec Blackwater (devenu Academi l’an dernier)  et quelques autres, s’est fait des couilles en or en Irak et en Afghanistan, accessoirement vice-président (ou devrait-on écrire président faisant fonction ?), P. Wolfowitz, qui ferait, après le Pentagone, un bref passage à la Banque mondiale, dont il dut démissionner pour cause de chaussettes trouées, et une flopée de joyeux drilles tous plus compétents et souriants les uns que les autres. « Aucune morale, rien que des intérêts, des partenaires stratégiques plutôt que des alliés pour atteindre des objectifs nationalistes, si nécessaire par la force », voilà comment pourrait se résumer la philosophie conservatrice américaine du siècle dernier, qui a malheureusement éclos au début du siècle présent…

En 2000, deux penseurs de la troupe publiaient en effet un livre-événement :

… un livre dont la quatrième de couverture est sans ambages quant à ses objectifs et à ceux qu’il assigne aux Etats-Unis. La presse européenne a, dans sa majorité, accueilli ces réflexions conservatrices d’outre-Atlantique avec, pour le moins, une certaine circonspection. En voici quelques extraits particulièrement révélateurs :

« […] Durant les années 1990 […], au lieu de saisir un moment unique, les Etats-Unis se sont laissés aller à un désarmement moral et stratégique […] menant à une situation d’incertitude et de danger. […] Plus inquiétant encore est le déclin continu de la capacité militaire américaine et le refus de développer des systèmes de défense avancés. […] Les auteurs […] conviennent qu’ il est temps de se réarmer moralement, intellectuellement, ainsi que militairement. [Ce livre] invite les Etats-Unis à redéfinir qui sont ses adversaires et ses partenaires stratégiques, et à utiliser la force pour faire avancer ses intérêts et ses principes à l’étranger. [En tant que tel, il s’agit] d’une alarme réveil pour une nation complaisante. »

S’agissait-il donc, pour les USA, de s’inventer de nouveaux ennemis ?

Poursuivons notre lecture :

« Les conservateurs américains purent toujours compter sur les Européens, en particulier les conservateurs européens, pour leur apporter un soutien intellectuel afin de résister aux schémas de l’internationalisme abstrait. Toutefois, la situation actuelle se caractérise par le fait que les Européens – en ce compris maints conservateurs – courtisent souvent, pour des raisons assez  compréhensibles, les idées internationalistes. Tandis que nos alliés reconnaissent qu’ils ont besoin du pouvoir militaire américain, ils se rendent compte également que ce dernier est tellement disproportionnel au leur (ou à celui de quelque nation que ce soit) qu’il ne peut être égalé. »

(pp. 36-37)

Ouvertement cynique et d’une infinie arrogance pour ces infimes parties restantes du monde qui ne sont pas états-uniennes, le bouquin – dont, cette fois, je dois l’avouer, je n’ai lu que les bonnes feuilles (ce qui est suffisant, en l’occurrence, pour s’imprimer de son atmosphère et de ses lignes directrices, ainsi que de l’influence qu’il a pu avoir sur l’élaboration de la politique qui serait menée sous Bushito Premier) – énonce en près de cinq cent pages l’état des Etats-Unis dans le monde des années 1990, sous une présidence Clinton que ses auteurs jugent calamiteuse, et les moyens dont dispose et que ne devrait hésiter à utiliser, selon eux, leur pays pour rester – ou redevenir – number one. Vous noterez au passage que, sous les effets conjugués des coups de boutoir de la crise financière et du délai de transfert et d’application des idées entre officines spécialisées des deux côtés de l’Atlantique, l’internationalisme des Européens, en particulier celui des conservateurs, s’est depuis lors mâtiné de l’une ou l’autre réserve…

Après un chapitre intitulé « Russie, le défi d’une puissance en déclin » (Eltsine venait de passer le relais), voici ce que l’on peut lire dans la boule de Kristol (l’un des auteurs) à propos de la Chine :

« Pendant la décennie écoulée, le débat relatif à la politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine s’est concentré en priorité non sur la menace stratégique que fait peser la Chine sur les Etats-Unis, mais sur la répression des droits humains fondamentaux, qui un l’un des principaux outils du régime de Pékin pour demeurer au pouvoir. […] L’argument de « l’inévitable évolution » – selon lequel le commerce et les investissements des Etats-Unis favoriseront la croissance économique, laquelle, en retour, forcera a minima le régime à assouplir sa répression et, en fin de compte, à ouvrir la voie à la démocratie – est de moins en mois crédible. Ceci pour de bonnes raisons : après plus de deux décennies de croissance économique rapide, la Chine régresse aujourd’hui, elle ne progresse pas, dans le domaine des droits humains et des libertés politiques.

Pourtant, si les Etats-Unis ne peuvent pas directement faire grand-chose pour remplacer la dictature par la démocratie en Chine, nous pouvons faire énormément de choses indirectement pour saper le régime dictatorial de Pékin, et pour faire avancer des intérêts économiques et militaires américains concrets. »

(p. 69-70)

Need we write more ? « Tizza me da masta of da wol ! »

Peut-être les adversaires résolus des Etats-Unis  – quelquefois essentiellement manichéens eux-aussi – devraient-ils, en vérité, remercier ce think tank ultraconservateur pour avoir, par le minimalisme et l’étroitesse d’esprit qui caractérise ses prises de position illustrées in vivo, fait en sorte que le XXIe siècle devienne en réalité un Non-(Exclusively) American Century

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– Site du PNAC (sur lequel sont disponibles les références de publications plus récentes) : http://www.newamericancentury.org/

– La traduction des extraits du livre repris sur ce blog est libre.

Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 3/ LA TROISIEME GUERRE MONDIALE, UN DETERMINISME INEVITABLE ?

Suite de notre série entamée par les posts du 21/05/12

La pente qui se dessine devant le monde industrialisé, depuis la crise de 2008, pourrait être bien plus abrupte que certains ne l’imaginent. D’abord sourd et latent, le profond malaise qui agite tant les consciences que les peuples d’Europe et des Etats-Unis, commence aujourd’hui à s’afficher à visage découvert. Mouvement Occupy, effondrement sporadique des bourses, ralentissement économique qui prend des allures de récession, violentes émeutes un peu partout : ces phénomènes pourraient refléter plus que des soubresauts. Ils pourraient, comme d’autres le suggèrent à présent ouvertement, être annonciateurs d’une nouvelle lame de fond. Or, en raison du progrès technique inouï engrangé depuis la deuxième guerre mondiale (1), dont le grand public ne soupçonne pas l’étendue, la destruction qu’une telle vague est susceptible de provoquer serait à nulle autre pareille dans l’histoire, pourtant très sanglante, de l’Humanité.

Une source à l’OTAN m’avait confié, à la veille de l’aventure afghane, que des organisations militaires surpuissantes telles que le Pentagone et l’OTAN avaient entre autres pour mission d’anticiper et d’échafauder tous types de scénarios possibles, y compris celui d’un affrontement thermonucléaire global. Un tel cynisme répond aux objectifs qui leur sont assignés par leur tutelle politique. Si, demain, un pays X faisait l’objet d’un attentat non conventionnel, l’on peut imaginer que la plus haute autorité dudit pays souhaite disposer le plus rapidement possible des outils qui lui permettent de cerner la problématique et d’effectuer en conséquence  les choix qu’elle estimera pertinents.

Ainsi, de plus en plus d’historiens affirment que l’invasion nazie de l’Europe aurait pu être contrée bien avant. Peu suspects de sympathies douteuses, ceux-ci affirment depuis quelque temps, preuves à l’appui, que les appareils politique et militaire anglo-saxons disposaient, dès 1942, de renseignements suffisants pour leur permettre de mesurer les conséquences de la décision funeste prise à Wannsee la même année (2).

Que nous apprend cette information quant aux motifs des alliés ? D’une part, il y a les explications officielles embarrassées, qui consistent en une réfutation de la moindre possibilité d’intervenir à ce moment-là : débarquer dans la hâte aurait pu avoir des conséquences ravageuses sur l’issue du conflit. Selon cette thèse, le 6 juin 1944 constituait la première fenêtre de tir crédible, la première option viable. D’autre part, il y a la ronde de spéculations – certains diraient le secret de Polichinelle – relative à la bienveillance tacite des Alliés quant à la part de la politique nazie qui consistait à contenir l’influence soviétique, une léthargie volontaire qui aurait justifié ultérieurement le soutien britannique inconditionnel à la réalisation du projet de Herzl. Tout cela est connu.

Ce qui a été moins examiné, en revanche, c’est à qui, si l’on ose écrire sans être irrespectueux, a profité le crime du côté anglo-saxon : ni aux classes laborieuses, ni à une classe moyenne embryonnaire. Par conséquent, pour dire les choses crûment, qui sont les représentants de l’élite anglo-saxonne qui se sont enrichis sur le dos des déportés ? Les grandes entreprises allemandes qui ont participé à l’effort de guerre, de Krupp à Siemens en passant par VW, sont loin d’être les seules à avoir conforté leur empire… Au-delà des cas de collaboration notoire de grandes entreprises avec l’envahisseur dans les pays occupés, un sujet explosif qui reste aujourd’hui encore largement tabou, car susceptible de révéler ici et là des fondations économiques pour le moins vacillantes auxquelles seuls quelques esprits ronchons trouveraient encore à redire, il s’agirait de veiller à ne pas oublier la dimension extraordinaire de la manne économique réservée de facto aux libérateurs par l’entremise des plans de reconstruction inévitables, qui prendraient le nom de plan Marshall… Voici un exemple typique des scénarios étudiés par les commandements militaires alliés, à la différence près que le délai pour les imaginer a, comme tout le reste, à travers la globalisation, connu une accélération fulgurante : il s’agit donc d’accepter (ou de s’indigner et de combattre fermement) le fait que nos destins massifiés soient déterminés, selon une logique doublement arithmétique (profit escompté et nombre de victimes supposées) par des maîtres qui n’ont à répondre qu’à d’autres maîtres…

Si les mécanismes économiques contemporains, dont l’absence de rationalité, et même de réflexion prospective, est autrement plus patente qu’en 1929, semblent comparables, à des échelles autrement plus imposantes, à ceux de la crise du second tiers du siècle dernier, il convient toutefois de se garder d’extrapoler de manière trop unidirectionnelle quant aux issues possibles du long tunnel que nous traversons.

En effet, l’Europe d’aujourd’hui n’est pas Weimar : nous ne sortons pas d’une boucherie, et les capitaux et investissements qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau ont des origines très diverses : Chine, Russie (pour le gaz principalement), monarchies pétrolières, et Etats-Unis, bien sûr. Ces derniers ne représentent donc qu’une des quatre roues du carrosse du train de vie européen. L’Europe, pour l’heure largement leur vassale, sur les plans militaire et politique, n’est l’ennemie d’aucun de ces groupes, d’aucune de ces puissances, pas plus qu’elle ne l’est du Brésil ou de L’Inde, appelés, sans doute, à y jouer un rôle plus important ! Elle n’est un bloc monolithique ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, de sorte qu’elle ne représente pas pour celles-ci de danger significatif.

A vrai dire, les Etats-Unis sont dans une position bien plus délicate que le vieux continent. L’acceptation tacite du dollar comme monnaie de référence par le reste du monde, qui permet une inflation incontrôlée (c’est-à-dire la fabrication quasi infinie de monnaie) est, en effet, non une constante, mais une variable. Outre qu’elles permettent à quelques spéculateurs sans scrupules de se payer l’une ou l’autre île exotique sur le dos des peuples, les violentes offensives contre la zone euro ne traduisent-elles pas, de manière beaucoup plus structurelle et profonde, la volonté acharnée des Etats-Unis d’empêcher coûte que coûte que leur sacro-sainte monnaie, leur dieu à eux en quelque sorte, perde ce statut si envié, alors qu’ouvertement, des puissances mondiales de premier plan en appelaient, avant la crise, à son remplacement par l’euro, une monnaie aux fondamentaux (aujourd’hui encore) plus solides, en dépit de la cacophonie politique ?

Ecrivons-le tout net : sans ce statut de référent monétaire, les Etats-Unis, qui se dépatouillaient, en 2011, dans une dette publique littéralement astronomique (et croissante) de plus de 15 billions de dollars (3) (Vous suivez ?), un déficit budgétaire de 8,5 % de son produit intérieur brut (4) (bien au-delà des critères de Maastricht…) et un déficit de sa balance commerciale, en hausse de 12,6 % par rapport à l’année antérieure (5), les Etats-Unis, donc, sombrent immédiatement et irrémédiablement dans le chaos total. A plus ou moins court terme, malgré toutes les rodomontades de leurs représentants politiques et les violents affrontements qui continuent de les opposer à ce sujet, ce scénario-là est d’ailleurs inévitable, et il est très dubitable que les ex-maîtres du monde acceptent ce nouvel état de fait without a fight… Ce dont ils ne se rendent pas encore réellement compte, c’est qu’ils se trouvent coincés entre le marteau et l’enclume.

L’Europe ne pourra ôter ses billes de ce jeu de Cassandre et se construire enfin un destin propre qu’à deux conditions, impératives : il lui faudra tout d’abord tourner le dos à toute ambition impérialiste, donc refuser de singer la stratégie hégémonique qui a conduit les Etats-Unis où ils sont – voilà pour l’extérieur – et, que cela plaise ou non, s’inscrire pleinement dans la logique du cosmopolitisme assumé, dont elle deviendrait un nouveau creuset  – volet intérieur. Voilà, en réalité, les deux piliers fondamentaux de Lumières nouvelles !

Cette dernière condition sera, pour l’Europe, la garantie de son nouveau rôle de tête-de-pont occidentale entre les grandes puissances, mais aussi, ENFIN, entre le nord et le sud, tandis que la première devra l’amener à rompre avec toute logique va-t-en-guerre ou néo-missionnaire ! A cet égard, la montée en force du Tea Party et l’influence idéologique et financière malsaine de ce dernier auprès des parlementaires américains républicains, quoiqu’apparemment circonscrites, sont sources d’inquiétude…

Obama, lui, a bien compris, malgré les intenses pressions de lobbies pro-guerre divers et variés, qu’il n’était nullement dans l’intérêt de son pays d’ouvrir de nouvelles lignes de front : chat échaudé craint l’eau froide… En effet, les perspectives financières potentielles d’une nouvelle guerre de petite ou moyenne ampleur ne sont pas suffisantes que pour justifier, a fortiori sans certitude de victoire, et pire, avec le possible embrasement de toute une région instable et difficilement scénarisable (6), une telle odyssée. Quant à une nouvelle guerre mondiale, elle ne pourrait manquer d’amener à recourir à l’arme absolue, annihilant par le même coup toute possibilité de reconstruction et donc tout enrichissement éventuel. Par conséquent, seul un fou pourrait l’envisager sérieusement !

Sur le plan militaire, l’Union devra, quant à elle, s’essayer au casse-tête chinois, à savoir imposer son indépendance militaire, c’est-à-dire structurer son appareil de défense, en évitant, notamment par l’entremise de règles d’engagement claires et contraignantes (7) la constitution de ce qu’un Eisenhower inquiet a qualifié, au terme de son mandat, de « complexe militaro-industriel ».

Depuis que la Défense belge est gérée par l’ultra-catholique De Crem, unanimement reconnu désormais comme le toutou à sa mémère Clinton (après avoir été le puppet du républicain Robert Gates), c’est au contraire la stratégie américaine et atlantiste qui a été privilégiée, notamment à travers des trains de nominations dont la préférence linguistique très marquée n’a pas été la seule à provoquer des remous dans la hiérarchie militaire, allant jusqu’à des demandes publiques et répétées de démission de la part de son plus haut gradé, le général Delcour, enfin acceptée, fin mars dernier, par Monsieur « Le-dentifrice-est-sorti-du-tube » (8) … Il n’empêche : effectuez une courte balade dans les couloirs, à Evère, et vous entendrez les grondements d’insatisfaction de moins en moins discrets de nombre de gradés et de diplomates européens par rapport à l’oncle très envahissant… Pas étonnant, dès lors, que le même ministre de la Défense belge ait pu être tenté d’appeler à un contrôle renforcé de la blogosphère, qu’il juge dangereuse, un contrôle devenu réalité dans la foulée du vote, sous l’impulsion d’une ministre socialiste, du paquet de lois liberticides plus ou moins imposé à la Belgique en guise de transcription locale du “Patriot Act” !…

L’écrire relève de la lapalissade mais le déterminisme, si déterminisme il y a, ne verra sa concrétisation que si les rapports de force actuels ne parviennent à s’extraire de leur carcan habituel, c’est-à-dire celui de puissants intérêts financiers anglo-saxons.

Oui, l’Europe est l’avenir de l’occident, mais il lui faut, principalement parmi le personnel politique, des visionnaires téméraires à la hauteur des ambitions qu’elle n’a pas encore ! Plusieurs posts qui suivent  mettent cruellement en lumière ce déficit. Les hommes et femmes d’Etat européens de demain n’existent pas encore ; ils restent à inventer !

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(1)    ‘Seconde’ est, dans ce cas, l’expression consacrée, que j’ai choisi de remplacer par ‘deuxième’ dans la mesure où une troisième ne peut être exclue…

(2)    Lire, à ce sujet, Richard Breitman, “Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient“, Calmann-Lévy, Paris, 2005.

L’article suivant du monde fait état des principales controverses suscitées par (ou auxquelles s’intéresse) cet ouvrage : http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/article/2005/07/18/les-allies-savaient-ils_673523_641295.html

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/11/17/la-dette-publique-americaine-depasse-les-15-000-milliards-de-dollars_1604817_3222.html

(4)    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120510.AFP5819/etats-unis-excedent-budgetaire-en-avril-apres-trois-ans-et-demi-de-rouge.html

(5)    Source : http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2011/07/20110714172258×0.9815594.html#axzz1vexMuJ6w

(6)    Il suffit de considérer le couac monumental des scénarios de reconstruction en Irak.

(7)    Cela passe par une définition la moins ambiguë possible du type de théâtre de conflits dans lesquels elle estime avoir un rôle à jouer, des conséquences de toutes natures escomptées de telles interventions, et par la confection d’une laisse à étranglement pour le budget de la Défense.

(8)    … en référence à l’une des nombreuses métaphores colorées utilisées (tout à fait sérieusement !) par le lascar. En l’occurrence, l’expression pouvait être traduite par : « la décision a été prise », ou encore  « le dossier est sur la table ».

Le nouvel impérialisme mondial américain – SLAVES NO MORE : 2/ les USA, une société fasciste ?

Ne nous méprenons pas : l’objet de notre critique dans cette série de posts que nous avons décidé de consacrer au néo-impérialisme américain, qui trouve sa genèse dans le présomptueux « Project for a New American Century (PNAC)», pondu par les Wolfowitz et autres Rumsfeld, de sinistre mémoire (1), peut être partagé par la majeure partie du peuple américain lui-même : comment expliquer, en effet, que des dizaines de milliards de dollars – la somme exacte est inconnue des intéressés eux-mêmes, comme nous le verrons ci-après – soient dépensées en services de renseignements de toutes sortes dont même ceux qui en ont la charge contestent l’efficacité, ceci alors que, comme vous le verrez dans le post du 19/05/12, plus particulièrement le reportage de la BBC intitulé « Poor America », de plus en plus de citoyens américains de la classe moyenne voient s’effondrer leur train de vie, certains étant même contraints de dormir sous les ponts.

La plupart des Européens ont grandi, depuis les eighties, sous une influence culturelle nord-américaine omniprésente et une soumission politique inconditionnelle à l’oncle d’outre-Atlantique. Rejeter cette influence en bloc est insensé car cela signifierait, pour eux, se défaire d’une partie d’eux-mêmes. Ce blog fourmille d’ailleurs de trailers de films hollywoodiens, et plus encore de musiques underground produites le plus souvent aux States. Que les ados du siècle dernier refusent de jeter le bébé avec l’eau du bain n’équivaut pas pour eux, contrairement à ce que nous entendons parfois, souscrire à la vassalité politique, qui ferait partie d’un package, dans la mesure où, à l’opposé de la soupe dégénérée servie aux ados du siècle actuel, une large majorité des œuvres du XXe contenaient en elles les germes de la contestation à l’égard du système américain lui-même ! Sans doute est-il là, le génie américain !… Que l’on songe, par exemple, aux textes rageurs de Zack de La Rocha, frontman de Rage Against the Machine, qui jamais, lors de ses concerts, ne manque une occasion d’égratigner la CIA, ou encore, plus largement, à la multitude d’Américains qui se sont ralliés au mouvement Occupy Wall Street !, parmi lesquels l’organisateur du très populaire festival de rock underground Lollapalooza, Perry Farrell, par ailleurs frontman de l’excellent Jane’s Addiction…

Notre propos n’est donc pas là : seuls ceux qui ne connaissent rien aux Etats-Unis critiquent ceux-ci en bloc, dévoilant ainsi leur méconnaissance du sujet. Les Etats-Unis ne sont pas un bloc ! Il n’y a pas que les fous furieux du Tea Party aux Etats-Unis ! Les Etats-Unis, malgré le phénoménal écart qui existe entre le peuple et ses élites, qui rend la prise de décision souvent encore plus opaque que chez nous et explique pour partie le taux d’abstention record lors de la plupart des élections, ainsi que la quasi-mainmise de lobbies affairistes sur le Congrès – comme c’est encore le cas en ce qui concerne les minables tentatives de repeal, c’est-à-dire de retrait, de la loi qu’Obama, lorsqu’il avait les coudées plus franches, avait courageusement fait voter pour permettre à tous, y compris aux plus démunis, l’accès aux soins de santé – sont indéniablement une belle et grande démocratie, en tout cas au sens inachevé et très, très perfectible où nous l’entendons aujourd’hui…

Stricto sensu, parler de fascisme américain, a fortiori de nouveau fascisme américain, n’a donc aucun sens, les USA n’ayant jamais jusqu’à présent, à l’exception peut-être de l’ère Bush Jr., traversé de période fasciste. Toutefois, ce sur quoi nous tentons dans cette série d’attirer l’attention, ce sont les dérives antidémocratiques que permet, voire favorise, précisément un tel libéralisme politique, dans lequel un chat ne retrouverait plus ses petits.

Soyons lucides : le président américain, et avec lui le Congrès, sont loin de contrôler tout. Certes, conformes à leur impérialisme prétendument émancipateur, en dépit de ce que l’on continue d’enseigner contre toute évidence à de nombreux petits élèves américains, et fidèles, en outre, à leur mentalité de pseudo-porte-étendard de la liberté mondiale, qui résultent bel et bien d’une direction et de choix politiques, les Etats-Unis sont tout sauf les enfants de chœur dont ils ne résistent pas de se parer, de temps à autre, des atours. Mais au-delà de cette arrogante tentation de faire tourner le monde à eux seuls, un danger – peut-être plus important encore – guette, un danger auquel le peuple américain lui-même est exposé en première ligne, et qui est consubstantiel au libéralisme politique du pays (2), à son anti-jacobinisme, à son anti-centralisation (laquelle se marque par le grand pouvoir, justifié historiquement, qui est dévolu aux Etats qui composent l’Union), c’est le morcellement du pouvoir, la possibilité pour l’un ou l’autre groupe donné, pour tel ou tel groupement phalangiste, pour d’obscurs adorateurs de divinités païennes ou ultra-chrétiennes par exemple, de contrecarrer, fût-ce, le cas échéant, sous couvert de l’alibi de la « plausible deniability » (3), l’autorité des pouvoirs constitués afin de mettre en œuvre un agenda politique et / ou financier qui leur est propre et ainsi, peut-être, poser les bases d’une société beaucoup moins libre qui pourrait, à terme, s’approcher du totalitarisme.

A cet égard, le document qui suit, un reportage de l’émission « Frontline », de la très professionnelle chaîne publique américaine PBS, est édifiant à plus d’un titre. Consacrée à l’entrelacs d’agences de renseignement qui ont poussé comme des champignons depuis les attentats de 2001, l’enquête révèle en effet, outre l’obsession du fichage qui caractérise désormais les USA (et pas eux uniquement !), une évolution des plus inquiétantes, une faille béante en fait, dans le réseau de protection national américain, à telle enseigne qu’elle pourrait, pour un esprit mal tourné, être à l’origine d’éventuelles vulnérabilités, de possibles attentats futurs sur le sol américain.

En guise d’illustration, voici quelques propos significatifs de hauts responsables américains du renseignement qui tous avouent très cyniquement être complètement dépassés par la machine mise en branle sous Bushito

L e documentaire est disponible en fin de post. Enjoy, if you can !

Michael Hayden, Ancien directeur de la NSA et de la CIA et Général 4 étoiles e.r . :

« Je ne pourrais raisonnablement prétendre savoir tout ce qui s’y passe. Je pense que quelqu’un a dit que seul Dieu connaissait tous les programmes spéciaux. Je pense que c’est vrai. Est-ce une bonne chose ? Probablement pas. Est-il possible de l’éviter ? Probablement pas.

[…]

J’ai été au service du gouvernement [américain] pendant quarante ans, principalement dans le renseignement. Jamais je ne vous affirmerais que j’en connaissais toutes les entités. » (4)

Thomas Kean, Président de la commission du Congrès américain consacrée aux attentats du 11/09/01

« Le Congrès n’assume pas sa tâche de supervision, et il admet lui-même ce dysfonctionnement. Dès lors, qui prend les décisions et où se prennent-elles ? Elles le sont dans les 17 différentes agences de renseignement, et personne n’en assure la coordination. Par conséquent, le gonflement des budgets est inévitable, au même titre que les redondances. » (4)

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(1) Souvenez-vous, il s’agit de ce sale personnage hautain, à l’appartenance au KKK (ou à ses succédanés) présumée, qui avait eu l’outrecuidance de s’adresser sur un ton menaçant au Parlement européen comme à une troupe de cirque, à l’aube de l’aventure irakienne… Le PNAC, quant à lui, visait tout aussi présomptueusement à assurer la domination séculaire des Etats-Unis sur le monde.

(2) Ce libéralisme est cependant battu en brèche par la constitution d’une administration du renseignement pléthorique : le reportage qui suit révèle en effet que 800.000 employés américains disposent d’une higher security clearance, c’est-à-dire d’un accès à des renseignements privilégiés.

(3) Souvent utilisée par les auteurs de scénarios hollywoodiens, cette ficelle permet à des groupes, militaires ou autres, de mener des actions spécifiques de manière covert, c’est-à-dire officieuse, parfois sans même que les élus en aient eu vent au préalable, donc sans même qu’ils n’aient eu à donner leur aval.

(4) Traduction libre

Pourquoi la crise financière est la résultante d’une offensive concertée de fonds spéculatifs ! Pourquoi la Commission et le Conseil européens sont un groupe de vendus ! … LA GUERRE FROIDE FINANCIERE POUR LES NULS…

A force d’entendre les télétubbies de l’économie nous expliquer en boucle que si l’Europe est aujourd’hui en crise, c’est qu’elle l’a bien cherché, le citoyen s’abstient de poser les bonnes questions, par exemple :

– Pourquoi la crise maintenant,  alors que le niveau des dettes nationales est pharaonique depuis des décennies ?

– Pourquoi autoriser des produits spéculatifs qui misent sur l’effondrement de valeurs ?

– Pourquoi obliger les Etats européens à emprunter à des banques privées ?

Certes, à certains égards, la gestion dépensière, les prébendes, l’absence de vision à long terme sont indiscutablement à imputer à un personnel politique qui prend aujourd’hui sa retraite. Regardez donc le gros Dehaene, ce provincial bouffi qui a monopolisé l’attention des médias flamands hier soir à l’occasion de l’annonce de la sortie de ses Mémoires.

Here’s the fit pag !

Regardez donc cet imposteur bouffi et fier, ce quasi-criminel en col blanc, qui, à travers le naufrage de Dexia, coûte désormais des milliards d’euros à la Belgique… alors que sont rabotées avec le sourire et “dans leur intérêt” les allocations de subsistance des chômeurs.

Shame on you, Socialist Traitor ! “Justice”, my ass !

Rappelez-vous les “grands travaux inutiles“, ces scandales publics (tronçons d’autoroutes entamés mais jamais finis, ponts gigantesques au milieu de champs, etc.) dévoilés naguère par Jean-Claude Defossé. Oui, le personnel politique a une responsabilité éclatante dans la pseudo-faillite des Etats. Mais ils ne sont que l’iceberg qui cache la forêt !

La stratégie est bien huilée :

1/ Contraindre les Etats à investir massivement des fonds publics dans des entreprises privées (banques déficitaires, entreprises qui menacent de délocaliser leurs activités, réduction massive de charges patronales);

15 milliards d’euros de réductions de charges patronales en Belgique sous Verhofstadt,

aujourd’hui à la tête du groupe libéral-démocrate du Parlement européen

2/ Une fois vidées les mannes du trésor public, entreprendre des coupes drastiques dans la sécurité sociale, de sorte qu’une fois encore, le privé récupère la mise (en termes de pension complémentaire, d’assurance hospitalisation, et autres). Seule compte l’économie virtuelle ! L’éducation, la santé et la culture, qui répondent à des besoins républicains réels, sont relégués à l’arrière-plan. A cet égard, l’évolution du salaire d’un professeur d’école au fil du XXe siècle est révélatrice : le temps est aux managers de ceci et de cela…

3/ Réduire les Etats à néant pour assurer le grand soir matérialiste, capitaliste et totalisant.

C’est, en effet, l’incompétence, le suivisme et le pervers petit parcours initiatique des ces Messieurs-Dames de la politique, qui les forcent à caresser leur ego, à faire la courbette et à évacuer toute notion de solidarité, qui rendent une telle stratégie possible !

Ceux qui ont pris l’habitude et la peine de nous lire au cours des derniers mois ou dernières années savent que si nous nous efforçons de demeurer rationnels, nous ne mâchons pas nos mots pour autant. Ce qui précède pourrait donc vous inciter à refermer ce blog illico. N’en faites rien ! Ecoutez plutôt l’édifiante analyse de la crise financière qu’effectuent ci-après Madame Myret ZAKI, Journaliste économique suisse romande, et Monsieur Etienne CHOUARD, Enseignant français d’Economie et de Droit. Et vous comprendrez pourquoi, plus que jamais, la Révolution démocratique est vitale !

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